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Dieudonné Bolengetenge toujours préoccupé par le désenclavement d’Isangi

Elu du territoire d’Isangi, dans la province de la Tshopo, Dieudonné Bolengetenge place sa base au centre de son action. Mieux encore, il déclare travailler pour l’intérêt de la population et non pour l’intérêt égoïste. Dans un entretien à chaud accordé à «AfricaNews», cet élu national a montré comment il se bat pour le développement de son fief électoral. Son combat permanent reste le désenclavement d’Isangi où il a employé 290 cantonniers pour entretenir manuellement 187 Km des routes. Entretien.

Quel est état actuel de votre circonscription électorale?

Premièrement, c’est l’enclavement qui pose problème pour le déplacement des personnes et l’évacuation de leurs productions. La route est impraticable surtout qu’il y a plusieurs ponts et ruisseaux. Sans le fleuve Congo et la rivière Lomami, Isangi serait totalement enclavé. Le déplacement se fait souvent à pieds, vélo ou à moto. C’est une région où il y avait des sociétés de fabrication de matelas, des usines de cacao et du café qui aidaient la population à avoir un salaire. Mais ces sociétés ont fait faillite alors que la population vit de l’agriculture. A Isangi, les conditions de vie de la population sont médiocres.

Quelles sont les difficultés que vous présente très souvent votre base d’Isangi?

La première difficulté la plus visible, c’est le manque de routes praticables. La population n’a plus moyen de réaliser de grandes activités économiques. Quand bien même elle le fait, les gens ne viennent pas acheter les produits compte tenu du mauvais état de la route. La population n’a pas une activité économique pouvant lui procurer un salaire. Les gens vivent dans des conditions précaires, dans la pauvreté. En fait, toute la population s’adresse à la personne qu’elle croit pouvoir résoudre ses problèmes. Au même moment que nous résolvons le problème des routes, nous achetons des médicaments à mettre dans des hôpitaux, des tôles pour installer dans des écoles et répondre au besoin des élèves en situation difficile en termes des frais scolaires ou académiques, des frais pour saisir des rapports de stage ou des travaux de fin de cycle. Toutes ces personnes ne connaissent que le député. Voilà des problèmes que nous rencontrons dans nos circonscriptions électorales.

Combien temps passez-vous exactement dans votre fief électoral?  

Normalement nous avons l’obligation de faire un mois dans la circonscription pour rendre compte du travail réalisé au cours d’une session à l’Assemblée nationale, faire un état des lieux et relever les difficultés majeures que nous trouvons dans la circonscription. Mais, c’est très rare qu’on fasse un mois parce qu’il est très difficile de tenir du matin au soir pour répondre aux besoins sociaux de la population. En réalité, la population n’exagère pas, mais elle vient poser le problème sur les choses qu’elle manque. Comme, les gens sont nombreux c’est pourquoi, cela parait compliquer.

Depuis que vous bénéficiez de la confiance de vos électeurs, qu’avez-vous déjà fait à Isangi?

Il est vraiment difficile pour moi de lister toutes les actions que j’ai déjà posées pour l’intérêt de la population de ma circonscription. Mais de manière ramassée, je vous cite quelques-unes. J’ai installé deux radios communautaires pour permettre à la population d’être informée sur la situation du pays. J’ai donné des matelas médicaux à 6 hôpitaux et reconstruit le Collège Jean XXIII situé à Yangambi, la plus grande école de la Tshopo qui était incendiée et abandonnée depuis plus de 30 ans. J’ai donné des tôles pour les écoles de 53 groupements du territoire d’Isangi, des motos aux agents pastoraux que sont les abbés, pasteurs, directeurs de sièges, des machines à écrire dans 3 écoles de la section commerciale. J’ai aussi contribué à la construction des églises, à la distribution des équipements sportifs dans 170 villages, et construit un bâtiment qui sert aujourd’hui de siège de la direction éducationnelle Tshopo 2. Il faut savoir que je prends la charge d’impression des rapports de stages et de travaux de fin de cycle ou d’études des étudiants qui viennent frapper à ma porte….

2023, c’est demain. Allez-vous encore postuler?

Je ne sais pas encore. Mais, j’envoie toujours des équipes pour sonder avant de postuler. Si les gens sont favorables pour me renouveler leur confiance, je pourrai toujours postuler. Je sais seulement que la population d’Isangi ne cesse de m’envoyer de messages en disant «Le seul mal que je pourrai leur faire, c’est de ne pas déposer ma candidature. La population estime que même si je ne battais pas campagne, elle votera pour moi en reconnaissance de tous les actes de développement que j’ai posés dans mon territoire».

Marinette BOTORO

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