
L’annonce tonitruante du groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda, a créé une onde de choc sur le terrain à Uvira, une ville à valeur stratégique et un point chaud des tensions régionales. Ce retrait, réclamé par l’administration Trump après une prise de position virulente, soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Après leur entrée inattendue à Uvira en pleine effervescence diplomatique, les rebelles affirment vouloir jouer la carte de la confiance.
Pour Corneille Nangaa, leader de l’AFC/M23, ce départ serait une «mesure unilatérale de construction de confiance» visant à donner au processus de paix de Doha toutes les chances de succès. Mais les signaux contradictoires sur le terrain ne laissent pas de place à l’optimisme. En effet, selon plusieurs médias, des mouvements de troupes renforcées de l’AFC/M23 ont été signalés vers le territoire de Lubero, dans le Nord-Kivu, tandis que des conditions spécifiques entourent ce retrait.
Le M23 exige des garanties de sécurité incluant la démilitarisation d’Uvira, la protection des civils, et le déploiement d’une force neutre pour maintenir le cessez-le-feu. Toutefois, la mise en place d’une telle force pourrait prendre des mois, laissant la porte ouverte à toutes les spéculations et à une escalade des hostilités.
Le spectre d’une offensive des Forces armées de la République Démocratique du Congo -FARDC- plane également sur cette situation délicate. Le général Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, a fermement déclaré à Reuters leur intention de reprendre le contrôle d’Uvira, qualifiée de «ville de la République Démocratique du Congo». Pendant ce temps, les images des manifestations locales contre le retrait de l’AFC/M23 de la deuxième ville du Sud-Kivu ont inondé les réseaux sociaux, ajoutant à la cacophonie ambiante.
La polémique s’intensifie avec le Rwanda qui, tout en niant son soutien au M23, se retrouve une fois de plus sous le feu des projecteurs. Les accusations de commandement et de contrôle sur les rebelles de l’AFC/M23, rapportées par un groupe d’experts de l’ONU, jettent une ombre sur la légitimité de l’initiative de paix. Ainsi, de l’avis d’un diplomate occidental en poste à Kinshasa, «le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira n’est pas qu’une simple opération militaire. C’est un véritable jeu d’échecs géopolitique où chaque mouvement pourrait provoquer un effet domino. La prudence est donc conseillée à la République Démocratique du Congo». Le suspense est à son comble et les observateurs retiennent leur souffle, attendant de voir si ce retrait est le début d’une désescalade ou une manœuvre astucieuse en pleine tourmente.
KISUNGU KAS