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Omission coupable: Daniel Mbayi ne dit rien sur les accusations se rapportant à ses activités de chef milicien

Le député provincial Daniel Mbayi s’alarme pour n’avoir pas été approché en vue de lui accorder l’opportunité de donner sa version. Une propension à verser dans la désinformation, une étrange manière de refuser que les colonnes du journal ont servi à relayer une mise au point de l’avocat-conseil du gouverneur du Kasaï Central, en réaction à des précédentes déclarations du député à l’Agence France Presse -AFP. Rien d’autre.
À bien lire la réponse creuse de l’élu, il transparaît de l’acharnement contre le gouverneur. Mbayi parle de la mauvaise gestion administrative du dossier Kamuina Nsapu mais ne démontre pas par «A+B» en quoi consiste cette défaillance du gouverneur.
Les lecteurs apprécieront sans nul doute le fait qu’un député ignore qu’en vertu de la séparation des pouvoirs, un gouverneur de province ne peut pas être associé à la signature d’un mandat de perquisition, qui est un acte judiciaire et ne saurait constituer un acte administratif de la compétence du gouverneur.
Mbayi a tout faux. La correspondance transmise au journal aurait dû être une belle occasion de répondre aux griefs se rapportant à ses activités de chef milicien à Nganza, avec ambition cachée de devenir gouverneur ou speaker de l’Assemblée provinciale. Rien de tel alors que l’adage selon lequel «Qui ne dit mot consent» s’en trouve renforcé. Une omission qui dit en long. Une omission coupable.
La réaction de ce cadre dont l’appartenance au PPRD est mise en doute par certains de ses camarades est une riposte aussi ridicule que provocatrice, celle d’un homme qui semble ignorer que créer une milice est une atteinte à la sûreté de l’Etat, que le fait d’y enrôler des mineurs constitue un crime punissable en droit congolais et en droit international.
Certes, Mbayi ne se trompe pas quand il affirme que «se rendre chez Kamuina Nsapu ne peut pas constituer une faute». Cependant, il y a bien eu une faute quand le député a détourné l’objet de la mission du Conseil provincial de sécurité, en demandant, à en croire le même staff évoqué, à Kamuina Nsapu dans ces termes: «Continuez, chef, vous avez notre soutien». Ces mêmes sources assurent également que le staff du chef témoigne contre Mbayi et se dit encore prêt à le faire devant n’importe quelle juridiction au nom de la vérité.
La faute de Mbayi c’est aussi le fait d’avoir adhéré au mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu après avoir reçu un baptême. Sa faute c’est surtout le fait d’entretenir une milice au Kasaï Central.
À propos de la presse qui l’aurait accompagné dans ses missions au groupement Kamuina Nsapui, le député est mis au défi de prouver que cette équipe a fait partie de la mission officielle lui assignée par le Conseil provincial de sécurité, l’ordre de mission devant faire foi.
AfricaNews
DROIT DE RéPONSE
Droit de réponse de l’Honorable Daniel Mbayi Bakatuyila, député provincial du Kasaï-Central
Monsieur le Directeur,
J’ai lu non sans surprise ni étonnement l’article sournois publié dans votre édition série II n°1362 du mercredi 29 au jeudi 30 mars 2017 sous la plume de maître Mpoyi Muadia Nvita, Muena Kasaï, avocat conseil du gouverneur Alex Kande, titré: «Daniel Mbayi, un député provincial entretien une milice à Kananga».
De prime à bord, je tiens à faire remarquer que votre journal qui jouit d’une grande audience auprès de la population aurait pu recueillir un 2ème son de cloche de ma part pour préserver sa crédibilité et la confiance que ses nombreux lecteurs ne cessent de lui témoigner.
En effet, vous constaterez que cette démarche au travers de l’article publié à l’initiative de Monsieur Alex Kande, gouverneur du Kasaï-Central, au moment où le monde entier déplore les tueries au Kasaï sous le phénomène Kamuina Nsapu vise à partager les responsabilités qui incombent à Monsieur Kande, auteur incontournable de ce drame.
La question que je me pose est de savoir si j’étais associé à l’initiative de la perquisition de la maison du chef Kamuina Nsapu, le 03 avril 2016, pour être incriminé aujourd’hui, car c’est la genèse du problème. -cfr support audiovisuel disponible dans lequel le chef Kamuina Nsapu dénonce les tentatives de viol de sa femme et désacralisation des oripeaux du pouvoir.
Mais ma seule faute est d’avoir usé de mon courage en bravant les risques qui jalonnaient le chemin qui mène vers le groupement du chef Kamuina jusqu’à le rencontrer à quatre reprises au nom de la paix.
Outre la presse qui m’accompagnait à chaque descente auprès du chef Kamuina, le ministre provincial de l’Intérieur, Monsieur Tshibuyi Kayembe, qui a fait partie de cette mission de paix, a participé aux échanges, étant donné que nos audiences avec le chef Kamuina Nsapu étaient publiques, le chef était toujours entouré de son staff, et à la fin de chaque rencontre, un résumé était adressé à la population en attente.
Tout en vous dispensant de tous les détails, je demande au gouverneur Kande de réunir son courage de deux mains pour dire la vérité sur l’échec de son administration dans la gestion du dossier Kamuina Nsapu que de jouer à la victime en voulant faire porter le chapeau aux autres pour partager son échec.
Fait à Kinshasa, le 01 avril 2017
Honorable Daniel MBAYI
Député provincial

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