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UNPC : Kamanda wa Kamanda élu président

C’est le bout du tunnel à l’Union nationale pour la presse du Congo -UNPC- qui tient ses textes révisés et son nouveau comité directeur, à l’issue du 10ème congrès tenu à Kinshasa du 17 au 19 septembre. Dans la nuit du deuxième au troisième jour des travaux, les congressistes ont été appelés aux urnes pour élire le nouveau comité directeur. Baudouin-Grâce Kamanda wa Kamanda Muzembe, un ancien de RFI, a été porté à la tête de cette unique corporation des journalistes en RD-Congo.

Le vétéran et expérimenté journaliste, qui a su traverser les générations, l’a emporté devant l’intérimaire sortant, Modeste Shabani. Pour obtenir le suffrage de ses pairs, le candidat Kamanda promettait «d’œuvrer en faveur de l’unité, de la cohésion et de la solidarité pour tourner définitivement la page sombre de la série d’histoires de division et de querelles» qui ont fragilisé la corporation des journalistes ces dernières années. Son cheval de bataille: promouvoir un «journalisme de qualité, au service du peuple et pour le peuple».

Pour ce faire, il compte réhabiliter le journaliste dans son rôle. «Nous veillerons à ce que les institutions publiques et privées ainsi que les différents partenaires accordent chaque fois une attention particulière aux détenteurs de la carte de presse en quête d’information ou dans l’exercice de sa profession», a-t-il promis.

Kamanda entend obtenir «le concours de tous», à commencer par son comité directeur dans lequel se retrouve Cyrille Kileba. Un temps annoncé candidat président, ce vieux routier de la presse comme son compair a revu ses ambitions à la baisse pour se ranger derrière la candidature de Kamanda dont il est vite devenu colistier. Désormais 1er vice-président de l’UNPC, Cyrille Kileba devrait être l’allié de taille du président dans la lutte pour la «salubrité médiatique», l’assainissement et la régulation d’une profession qui n’a que trop souffert des intrusions des «moutons noirs».

Une thérapie choc!

Le tandem Kamanda-Kileba n’avance pas sans repères. Ensemble, ils ont en amont mené une analyse descriptive pour identifier les maux qui rongent la profession de journaliste en RD-Congo. Parmi ces tares figurent entre autres les «conflits persistants entre membres des structures et organes de l’UNPC causés par l’absence de cohésion des textes régissant notre structure» ou encore «l’absence d’un cadre de collaboration entre l’UNPC et l’Etat pour garantir l’aide à la presse et la sécurité fonctionnelle des professionnels des médias».

Le nouveau comité directeur devrait également s’employer à redorer le blason de l’Union vis-à-vis des partenaires. En tant que syndicat, il est également attendu sur le terrain de la défense des droits des journalistes qui, pour la plupart, travaillent aujourd’hui sans sécurité contractuelle ni sociale et souffrent d’un «manque de considération» devant les instances judiciaires et même dans l’octroi des visas dans les ambassades.

La thérapie proposée pour rendre au journaliste RD-congolais sa superbe est tout autant réfléchie. Elle commence par la «promotion des textes» validés par ce 10ème congrès. Le comité Kamanda espère en faire une «boussole pour tous». Le néo-président de l’UNPC a promis de s’employer personnellement pour «faire éviter les arrestations arbitraires et intempestives des journalistes pour les faits de leur profession». Prochaine étape, l’adoption de la Loi portant statut du journaliste. Là encore, Kamanda entend s’impliquer pour faire avancer une machine qui a déjà démarré. Ce journaliste avec statut particulier va par la suite bénéficier des «formations continues». Passé par Africa n°1 et RFI notamment, Kamanda s’est également engagé à «faire bénéficier progressivement les radios et les télévisions -RD-congolaises- de ces standards et cette rigueur professionnelle dans le traitement de l’information».

Muyaya, l’autre vainqueur

En plus de Kamanda et Kileba, plusieurs autres têtes ont été élues au Comité directeur de l’UNPC dont 3 femmes: Marianne Mujing Yav au poste de 2ème vice-présidente, Rachel Kitsita au poste de Trésorière et Serginho Rehema au poste de conseillère. Jasbey Zegbia a lui été reconduit secrétaire général. Octave Mukendi, Siméon Isako, Théodore Lumu, Dorine Nyembo, Sylvain Mukendi ou encore Dominique Prevoste Mulamba ont été élus dans différentes commissions permanentes: Carte professionnelle, Discipline et Formation.

Voulu comme un rendez-vous de la «refondation» et de la «renaissance» de la presse, le 10ème Congrès de l’UNPC est également la victoire d’un homme, Patrick Muyaya, le ministre de la Communication et médias, lui-même issu de la corporation, qui a remué ciel et terre pour trouver le financement nécessaire à la tenue de ces assises qui marquent «une nouvelle page de l’histoire» de la profession de journaliste. A la tête de ce ministère depuis 2021, Muyaya aura marqué son temps avec la nouvelle Loi sur la presse, le Congrès de l’UNPC et prochaine la Loi portant statut du journaliste.

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