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Une motion de Babala contre Matata

Le député MLC peaufine une action de défiance contre le Premier ministre, affirment ses proches qui se gardent bien d’en dévoiler les principales articulations

Fini le stress pour Fidèle Babala Wandu, le député MLC et point focal en RD-Congo de Jean-Pierre Bemba accusé avec trois autres bembistes de subornation des témoins dans l’affaire Bemba vs le Procureur de la CPI dont la liberté provisoire a été confirmée par la Chambre de première instance VII de la Cour pénale internationale le 17 août. Il attend désormais la rentrée de septembre pour faire valoir ses reflexes d’opposant et de sniper. Première cible: le Premier ministre Matata, qu’il  vise via une motion en gestation.
 
Des proches de Fidèle Babala affirment que le député MLC se consacre à la rédaction de son texte depuis quelques jours et attend septembre pour initier la collecte des signatures requises pour ce type de contrôle parlementaire. Ils se montrent discrets quant aux articulations de cette motion et au choix des cosignataires même si une telle démarche, on le sait, aurait un fort retentissement dans les rangs de l’Opposition. «Nous étudions toutes les voies possibles en tirant les leçons des motions avortées ou étouffées par la Majorité avec la série de retraits signatures», laisse entendre un cadre du MLC se vantant d’être proche du dossier.
Babala a déjà  tenté de faire vaciller des membres du gouvernement en vain. En mars 2013, il a essayé d’en découdre avec la ministre du Portefeuille Louise Munga. Babala, accusé d’avoir tenté de monnayer sa motion, a balayé l’accusation affirmant, au contraire, avoir été approché par un cadre de la Majorité originaire du Maniema, à la faveur d’une émission avec Marie Ange Mushobekwa, alors journaliste à Antenne A. La motion contre Munga n’a jamais été examinée en dépit des menaces de Babala contenues dans une lettre adressée au speaker de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, le 10 juin 2013. «Si ces motions –NDLR: l’autre initiée par Germain Kambinga visait le ministre des Mines Kabwelulu– ne sont pas examinées à la prochaine session, il faudra tirer toutes les conséquences, comme quoi que le pouvoir ne veut pas que les Congolais sachent ce qui se passe dans les mines et le portefeuille de l’Etat», se plaignait-il. Des menaces jamais exécutées, la CPI ayant Babala pour subornation des témoins dans l’affaire entre son Procureur et Jean Pierre Bemba.
Babala s’était déjà signalé en 2010 quand il avait déclaré la guerre à l’ancienne ministre du Portefeuille Jeanine Mabunda. «L’absence de performances du secteur du portefeuille de l’Etat relève-t-elle d’une absence de vision cohérente d’actions à mener pour rentabiliser le patrimoine de l’Etat investi dans les entreprises publiques? Est-ce le résultat d’une gestion opaque des actions immobilières de l’Etat?  Est-ce dû au contraire à un trafic d’influence ou, plutôt, à la pratique prononcée de favoritisme et de népotisme (…) au détriment des intérêts bien compris de la République?».Autant de questions et bien d’autres griefs portés à charge de Mabunda, qui avait pu se tirer d’affaires, aidée par la cohésion alors intacte de la Majorité présidentielle.
Le contexte a changé et la Majorité présente des fissures -le ministre des Transports a été mangé même par des députés MP en colère- susceptibles de s’avérer des véritables brèches pour Babala. Pourvu que ses sociétaires se ressaisissent à temps, avant la rentrée. La pression est réelle. La menace aussi.

 

AKM

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