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Stylé, réaliste, Olenghankoy est de retour, métamorphosé!

Joseph Olengakoy
«Elégance. Pas d’injures. Non à l’extrémisme». Le trident de la nouvelle démarche politique de Joseph Olenghankoy vient d’être dévoilé. Mode safari, coupe de cheveux toujours afro, l’enfant terrible de l’opposition RD-congolaise s’est, pourtant et de manière très visible, bonifié avec le temps. On le surprend désormais en train de prêcher l’apaisement, l’écoute à la fois du pays profond et de toutes les forces politiques et sociales qui y évoluent.
Cela s’appelle consensus et le patron des Fonus, sans renier le sens d’un combat qu’il a porté à bout de bras à travers opérations ville morte et marches de protestation, assume, en insistant sur un nouveau type de mobilisation, cette fois tournée vers  la recherche du consensus, la consolidation de la démocratie et le développement. Dimanche, avenue de l’Enseignement, commune de Kasavubu, au siège des Forces Nouvelles pour l’Union et la Solidarité, les rideaux se sont ainsi levés sur une nouvelle plateforme politique de l’opposition, dont le nom -Debout Congolais- sonne à la fois comme un mot d’ordre de mobilisation et un programme d’action.
Du Olenghankoy pur, dans la lettre comme dans l’esprit. L’esprit d’un combat qui se poursuit sans relâche afin que le RD-Congolais puisse bénéficier du fruit d’immenses sacrifices consentis contre la dictature et les injustices. La lettre d’un discours dont les racines plongent, comme toujours, dans les revendications des forces politiques et sociales, mais aussi de ces masses populaires  toujours à l’écoute d’une icône qui n’a jamais marchandé son engagement.
Du très beau monde
Le temple des Fonus subitement étroit pouvait manquer d’espace et commencer à renvoyer des foules accourues pour écouter Olenghankoy proclamer l’acte de naissance de «Debout Congolais». Ce qui a fait dire à un observateur qu’au moment où la République Démocratique du Congo s’apprête à négocier un virage délicat, cette plateforme devait être créée pour faire entendre le son de la vraie base, sortir de la logique confiscationniste dans laquelle certains acteurs veulent enfermer la scène politique RD-congolaise.
Pour le même observateur, il était devenu  important d’identifier les acteurs, de mettre les noms sur les visages, de dénoncer le théâtre  des  ombres de ceux qui, depuis la Deuxième République, n’ont aucune perspective à offrir au peuple RD-congolais à part la soif du pouvoir et des privilèges que ce dernier offre. On peut ne pas aimer, pour «Debout Congolais», le message se veut sans équivoque: pas question de laisser l’imposture gagner à tous les coups. Un mot d’ordre et un discours qui ont séduit.
Pour preuve, ces grandes figures de l’opposition historique qui, se sentant soudain orphelines d’un père passé au mode silencieux, ont choisi de se reporter sur «le fils», estimant que sans renier le fondement historique d’une lutte qui a été de tous les sacrifices, il y a tout de même lieu de renoncer à l’affrontement brutal au profit d’un débat constructif, d’évaluer les gains engrangés en présentant au peuple, courageusement,  des résultats concrets en termes d’exercice du pouvoir, sans avoir à passer par la case humiliante du débauchage ou du reniement, de mettre en place des passerelles et de lancer des signaux d’apaisement en direction de l’ensemble de l’espace politique RD-congolais.
Sans conteste, c’était la profession de foi, parmi tant d’autres, de la dame de fer Inabanza Ngalula, alias Maingalu, cette égérie de la lutte contre la dictature qu’on ne présente plus. Le cas, aussi, de Paul Kapita Shabangi, l’un des 13 parlementaires qui ont fait vaciller la dictature du parti-état au début des années 80 grâce à leur lettre ouverte. Pour ne citer que ceux-là.
Nouvelle voie, nouvelle méthode
En réalité, les chiffres vont au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer à ce stade. Selon des sources concordantes, plus de 86 partis politiques ont répondu présent dimanche 24 août à l’appel de Joseph Olenghankoy. Ce dernier, qui a certes savouré son triomphe, veut toutefois rester modeste dans son nouveau costume d’ «Autorité morale» de «Debout Congolais».
«Ce ne sont pas les titres qui m’intéressent. Ceux qui ont suivi le parcours de ma lutte depuis les années Mobutu savent que c’est le leader qui doit, le premier, être au front. C’est avec cette philosophie de l’action permanente, du courage et de l’engagement que nous avons affronté la dictature à travers les opérations ville morte, les marches de protestation avant de forcer Mobutu à fuir Kinshasa et à prendre le chemin de l’exil dans son propre pays», explique Olenghankoy Mukundji.
Avant de préciser: «On ne peut pas dire que rien n’a changé depuis. En dépit des irrégularités électorales que nous continuons de déplorer, la démocratie est en train de s’installer. Il nous faut la consolider chaque jour et ce n’est pas dans l’affrontement et l’injure que nous y parviendrons. Ce n’est pas dans le refus systématique de ce que les autres proposent que nous avancerons,  sans contre-proposition dans le cadre d’un dialogue permanent».
Pour le patron des FONUS, «entre hier et aujourd’hui, les objectifs et l’engagement restent les mêmes, ce qui change c’est la méthode». «Nous avons perdu beaucoup de temps en jetant des pans entiers de notre peuple les uns contre les autres, en cultivant la haine, en prônant l’affrontement. Nous prendrons notre part au débat, avec élégance, sans injures et en disant non à l’extrémisme. Dans ce cadre, nous restons ouverts. Nous proposerons nos idées et nos solutions. Nous tendrons la main et nous resterons à l’écoute des autres grâce à des passerelles que nous allons jeter entre différentes forces politiques.
En revanche, nous nous opposerons toujours au coup d’Etat permanent orchestré par ceux qui, par malice, s’accrochent au pouvoir sous tous les régimes depuis la Deuxième République et n’ont comme seul objectif que d’écarter les autres en développant  des théories comme celle de la troisième voie, alors qu’ils n’ont aucune fraction de notre peuple derrière eux. Nous n’allons pas les laisser continuer à faire croire au pouvoir que c’est eux et eux seuls qui détiennent l’expertise. L’exercice que nous proposons est simple : il suffira de regarder dans notre passé récent pour se rendre compte que pendant que nous étions engagés dans la lutte contre la dictature, eux mangeaient toujours à la table de Mobutu».
John TABALA

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