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Soupçon d’opacité à la CENI: Omba exige d’auditer Nangaa

A la Centrale électorale, un membre de la plénière réclame une évaluation de la gestion des activités électorales en cours. Gustave Omba Bindimono estime que le Bureau n’opère pas dans une ambiance de transparence, surtout pour le budget des opérations
Il y a une grande nécessité de faire une évaluation à mi-parcours dans le travail abattu par la centrale électorale. Une réclamation faite par un membre de la plénière. Par deux fois, Gustave Omba Bindimono a écrit officiellement au Président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- Corneille Nangaa pour lui faire part non seulement des inquiétudes des membres de la plénière mais aussi exiger une évaluation, un audit. L’auteur de ces correspondances n’y va pas par le dos de la cuillère, il charge le Bureau de ne pas opérer dans une ambiance de transparence, surtout pour le budget des opérations et de réaliser certaines missions sans en informer au préalable la Plénière de la CENI. «Pour votre information, nous avons été surpris de constater qu’une mise en place a été faite dans les provinces du Nord Ubangi et Sud-Kivu sans en informer la Plénière pourtant organe principal jouant le rôle que chacun de nous n’ignore. Cette situation démontre de la légèreté avec laquelle le Bureau prend certaines décisions», regrette Gustave Omba.

Le Bureau de la CENI chapeauté par Corneille Nangaa et les membres de la Plénière de cette institution d’appui à la démocratie travaillent dans un climat délétère. Cette situation risque de compromettre le bon déroulement des activités de la Centrale électorale. Puisqu’un adage dit que «mieux vaut prévenir que guérir», un membre de la Plénière a pris le courage de saisir officiellement le président Nangaa à qui il a adressé deux correspondances, l’une datée de février 2017 et l’autre d’août 2016.
Ces lettres sont révélatrices d’un grand malaise qui pèse sur l’institution et qui appelle à une réponse rapide si l’on veut réellement offrir au peuple RD-congolais des élections tant attendues. A en croire Omba, c’est le monitoring fait sur le terrain qui l’atteste.
«Faisant suite aux informations en provenance de plusieurs sources sur l’opération d’identification et d’enrôlement, obtenues de notre monitoring, il me parait plus qu’indispensable que nous tenions en urgence une plénière au cours de laquelle nous aurons à échanger sur les multiples informations du terrain; ainsi que les préoccupations qui y sortiront vont permettre de donner une nouvelle directive pour le reste de temps de l’opération en cours», peut-on lire dans la correspondance datée du 07 février 2017.
Gustave Omba motive son courrier en précisant qu’avant de procéder au lancement de l’opération dans les prochaines aires, il est indispensable de tenir d’abord une plénière d’évaluation à mis parcours. Elle aura pour objet d’élucider l’origine de multiples faiblesses qui sont rencontrées sur terrain. Selon cette correspondance, ce sont le secrétaire exécutif et les membres déployés en mission sur terrain qui pourront éclairer la Plénière.
Sans ambages, Omba donne déjà à son niveau ce qu’il croit être les causes des faiblesses des opérations en cours. «L’opération en cours d’exécution connait des problèmes dont ses origines semblent être d’ordre de planification et de moyen financier. C’est pour cela que nous voudrions savoir si le budget relatif à la mise en œuvre de l’opération AO1 et AO2 n’est pas suffisant», écrit-il. C’est à ce niveau que pèse les soupçons d’opacité car Omba note que cette problématique est posée du fait qu’au niveau de la plénière, la question de ce budget et de son affectation n’a jamais été discutée.
Dans cette perspective, Omba souligne que face aux réalités vécues sur le terrain, durant l’opération de l’AO1 et AO2, il y a lieu que les opérations futures puissent connaitre une bonne planification. «Celle-ci partira de l’adoption d’un budget y afférent; d’une planification opérationnelle réaliste et d’une bonne affectation du budget pour les différentes étapes des opérations. Ceci va faire valoir de la transparence», estime-t-il.
Dans une précédente lettre datée du 29 août 2016, Gustave Omba avait déjà écrit au Président du Bureau de la CENI pour lui exprimer son indignation face à la gestion de l’institution.
«Dans mes précédentes lettres, j’ai fustigé une série d’attitudes qui ne favorisent pas un bon climat de travail dans notre institution. Ces précitées m’avaient poussé à solliciter son inscription à l’ordre du jour de nos plénières en vue de trouver des solutions à certaines préoccupations relatives à la gestion de notre institution», avait-il proposé.
Puis: «Lors de notre dernière évaluation qui d’ailleurs a été partielle, nous avons constaté une grande faiblesse due au dysfonctionnement lié à l’absence de gestion orthodoxe des attributions des uns et des autres. Cette situation devrait être traité en plénière pour des raisons d’ordre discrétionnaire».
Puis encore: «Pour votre information, nous avons été surpris de constater qu’une mise en place a été faite dans les provinces du Nord Ubangi et Sud-Kivu sans en informer la Plénière pourtant organe principale jouant le rôle que chacun de nous n’ignore. Cette situation démontre de la légèreté avec laquelle le Bureau prend certaines décisions». Autant des remarques qui frisent l’opacité dans la gestion de la CENI.
Octave MUKENDI
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