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Séquences des élections: la Résolution 2098 a tout prévu, selon Sakombi

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«Il y a un fixisme politicien sur la Résolution 2277, oubliant la 2098, pourtant Résolution mère qui a institué le dialogue politique national, renforcé le mandat de la MONUSCO à travers la Brigade d’intervention dont les efforts n’ont pas été moindres dans la défaite du M23», fixe Michael Sakombi, secrétaire Général du Parti pour l’action -P.A- et cadre de Kabila désir
Depuis lundi midi, l’Opposition politique ayant accepté de participer au dialogue avec en tête Vital Kamerhe, président de l’UNC, a claqué la porte des pourparlers, dénonçant la mauvaise foi de la Majorité présidentielle qu’elle accuse de bloquer la machine en refusant toute concession en vue d’un atterrissage heureux de ce forum.
Elysée Dimandja, co-modératrice de la sous-commission élections, s’exprimant au nom de sa sensibilité politique, affirme que sa famille politique a fait une grande concession en acceptant notamment la refonte totale du fichier électoral et exige que la MP fasse pareil en acceptant que les prochaines élections commencent par la présidentielle et les législatives nationales.
Cependant, à la Majorité présidentielle, on estime que la question des séquences des élections a été déjà résolue par la Résolution 2098 et que la refonte du fichier est une évidence technique et non une concession comme le prétend l’Opposition. Décryptage avec Michael Sakombi!
Récemment commissaire spécial à la Mongala, Secrétaire général du Parti pour l’action -P.A-, deux fois directeur de cabinet au ministère des Relations avec le Parlement…délégué au dialogue pour la composante jeunes de la Majorité présidentielle, Michael Sakombi compte parmi ces jeunots qui montent et suscitent l’espoir du renouvellement de la classe politique aujourd’hui prôné par le Président de la République.
Modeste, Sakombi veut rester sur les principes. «La séquence des élections ne devrait même pas poser problème parce que cette question est réglée par la Résolution 2098 en son point 14b qui recommande: promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation et encourager l’organisation d’élections provinciales et locales crédibles et transparentes», confie Sakombi, dans un entretien accordé à AfricaNews, rappelant que les dernières élections locales en RD-Congo ont eu lieu depuis 1959, à l’époque du Congo Belge.
Plus encore, l’ex commissaire spécial de la Mongala balaie d’un revers de la main l’argument avancé par l’Opposition, qui fait croire que la crise actuelle est provoquée par la non tenue de l’élection présidentielle et des législatives nationales dans les délais constitutionnels.


«Cette prétendue crise de légitimité n’existe pas. Cette question est réglée par l’article 70 alinéa 2 de notre Constitution qui a été bien interprétée par la Cour constitutionnelle», assène Sakombi avant d’ajouter: «les gouverneurs des provinces en place depuis 2007 continuent à gérer au quotidien et à prendre des décisions sans que cela ne dérange personne. Il en est aussi le cas avec les sénateurs qui continuent à légiférer sans que personne ne se scandalise». Loin de toute considération politique, il faut appliquer l’équité qui est pourtant très réclamée par les Opposants au dialogue.
Et sur cette question, la position de Kabila désir et du P.A est claire comme l’eau de roche: «entre 2006 et 2011, le Président de la République et les députés se sont présentés deux fois devant les électeurs. On veut les renvoyer encore devant les électeurs alors que les sénateurs, les députés provinciaux et les gouverneurs n’y ont été qu’une seule fois…». Pas seulement question d’équité, le bon sens même l’oblige, soutenait Tryphon Kin-kiey, président de Kabila désir et ministre des Relations avec le parlement, au cours d’une émission diffusée mardi soir à Kinshasa.


Pour le SG Sakombi, il n’y a matière à polémique. L’Opposition doit revenir au bon sens. L’Accord-cadre d’Addis-Abeba recommande au gouvernement la matérialisation de la décentralisation qui passe par l’organisation des élections pour «s’attaquer aux causes profondes de la crise de légitimité que connait notre pays».
Cette position a été déjà défendue il y a peu par Vital Kamerhe et son parti l’UNC, lors de son appel au dialogue le 26 février 2013 à Notre Dame de Fatima. Aujourd’hui, la motivation n’est peut-être plus la même qu’en 2013. Sinon, rien n’explique la duplicité.

Henry MBUYI

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