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RDC: La sauce de la Première ministre pour respecter la représentativité nationale

Le bloc Est comprenant le Grand Katanga, le Grand Kivu et la Grande Orientale dispose de 22 places au gouvernement alors que le bloc Ouest -Grand Équateur, Grand Bandundu et Kongo Central- en compte 19 contre 13 pour le Centre du pays. Les femmes représentent plus de 30% de l’équipe alors que les jeunes sont suffisamment alignés…

Dans un sous-continent de plus de 100 millions d’habitants, répartis en 450 tribus, habitant 145 territoires et parlant plus de 250 dialectes sur un espace de 2.345.409km2, découpé administrativement en 26 provinces et représentant 4 zones linguistiques, la quête de l’unité, de cohésion nationale et de représentativité est une tâche difficile mais pas impossible à réaliser. A ce périlleux exercice, la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, s’y est attelée avec un brin de réussite, concoctant un gouvernement relativement représentatif à la fois de l’essentiel de provinces du pays, des jeunes et des femmes. Tous les espaces géographiques et zones linguistiques sont servis, au point de faire causer l’opinion.

«L’équilibre géopolitique est globalement respecté avec la présence de différentes zones linguistiques dans cette équipe gouvernementale, ce qui représente une réponse aussi bien à l’exigence constitutionnelle qu’au souhait exprimé par plusieurs regroupements politiques ainsi que des organisations de la société civile lors des consultations menées par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, en avril dernier», commente l’analyste politique Ardent Kabambi dans sa dernière tribune.

Toutefois, la perfection, malgré les bonnes intentions de Suminwa, n’a pas été atteinte avec l’absence «décriée» de la province du Maniema. Une plainte aux antipodes de celle de la province du Kasaï qui crie à une sous-représentation avec seulement un seul poste, «faible», comparé aux six réservés au Kasaï Oriental et aux cinq de la Mongala.

N’en déplaise aux détracteurs et pessimistres, commente-t-on, dans les rangs de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, la première ministre a fait preuve «d’ingéniosité», en se démenant pour respecter la représentativité nationale. Pris en termes des zones géographiques, le gouvernement Suminwa apparait comme un tout équilibré. Avec 13 délégués -6 du Kasaï Oriental, 3 du Kasaï Central, 2 du Sankuru, 1 de la Lomami et 1 du Kasaï-, le Grand Kasaï arrive en tête. Le Grand Équateur suit en deuxième position avec 11 représentants, 8 pour le grand Kivu et le Grande Orientale, 6 pour le Grand Katanga, 5 pour le Grand Bandundu et 3 pour le Kongo Central.

Pour plusieurs analystes, cette répartition est logique, vu les résultats des législatives nationales du 20 décembre 2023, consacrant la suprématie du parti présidentiel dans le Grand Kasaï notamment. Ces observateurs rappellent aussi qu’aucune disposition de la constitution n’oblige la représentation de toutes les 450 tribus au gouvernement.

«Toutefois, la première ministre a fait un effort pour servir toutes les zones linguistiques ou tous les espaces géopolitiques», expliquent-ils. Cet argument permet de voir d’un autre œil l’absence de la province du Maniema qui peut toujours se rattraper dans d’autres institutions ou dans les prochaines mises en place au sein des entreprises publiques. Ces mêmes observateurs trouvent également une explication au faible total réservé au Grand Katanga, un espace qui a vu l’Opposition remporter beaucoup de sièges.

Femmes et jeunes, l’autre succès!

Statistiques faites, le bloc Est comprenant le Grand Kivu, le Grand Katanga et la Grande Orientale dispose de 22 places au gouvernement alors que le bloc Ouest -Grand Bandundu, Grand Équateur et Kongo Central- compte 19. Les 13 autres proviennent naturellement du Centre du pays.

Le gouvernement Suminwa a également le mérite d’avoir réussi le pari de franchir, pour la première fois, le palier de 30% de représentation des femmes. Elles sont au total 17 sur les 54 membres, soit plus de 31,58%. Parmi elles, quatre ministres d’État -40%: Thérèse Kayikwamba des Affaires étrangères, Raissa Malu Dinanga de l’Éducation nationale, Ève Bazaiba Masudi de l’Environnement et Acacia Bandubola des Affaires foncières.

Le gouvernement accorde en outre une ouverture à l’opposition avec la présence de Constant Mutamba, nommé ministre d’État en charge de la Justice et Garde des sceaux. La nomination de ce gouvernement marque également un pas de plus dans le combat pour le renouvellement de la classe politique avec un joli clin d’œil à la jeunesse qui s’offre un ministère d’État, celui de la Justice. Plusieurs membres de l’équipe Suminwa ont la quarantaine et même la trentaine: Patrick Muyaya, O’neige Nsele, Acacia Bandubola, Constant Mutamba vont siéger au Conseil des ministres aux côtes de Noëlla Ayenganagato, la plus jeune de la team, nommée du reste au ministère de la Jeunesse.

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