
Salomon Kalonda Della est bien parti pour siéger au Bureau du Sénat. Réunis ce mardi 30 juillet autour de Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République, les trois sénateurs de ce parti politique première force de l’Opposition ont jeté leur dévolu sur le conseiller spécial du chairman de leur formation politique. Plus qu’un consensus, le choix de Kalonda aura été un plébiscite, tellement l’homme est adoubé par ses compairs. En attendant la publication de la clé de répartition des postes au bureau du Sénat, l’élu des élus du Haut-Katanga se trace une voie royale pour être la voix de l’Opposition au sein de l’organe décisionnel de la Chambre haute du parlement.
Au parti de Moïse Katumbi, les voix se sont levées pour saluer la beauté de la démocratie et la discipline après le choix de Kalonda, qui avait également les faveurs de toutes les branches du parti. Heureux d’avoir obtenu le suffrage de ses collègues du parti, Salomon les a remerciés «très chaleureusement» pour «leur franc soutien». De Salomon Kalonda, les éloges ne tarissent pas dans le gotha politique. «C’est un homme de nature discrète, très travailleur et organisé, dont la loyauté envers son mentor, Moïse Katumbi, n’a jamais été prise en défaut. Il a acquis ces derniers temps de l’épaisseur politique et une stature nationale», témoigne un analyste politique. Un sénateur interrogé a préféré mettre plutôt en avant la «forte conviction» et le «sens du dialogue» de Kalonda «qui sait faire avancer les dossiers quand les avis divergent». De l’avis d’un sénateur originaire de l’Est du pays dont des pans entiers sont ravagés par la guerre, la présence d’Ensemble dans les institutions devrait permettre d’«encourager les opposants à mener un combat constructif dans les institutions et pas ailleurs».
Dans l’opinion, la potentielle présence de Kalonda au bureau du Sénat réjouit. Pour beaucoup de sénateurs, il ne fallait pas seulement que l’opposition soit représentée au bureau définitif du Sénat, il fallait surtout une «personnalité valable». Modeste Bahati, ancien président de cette chambre législative s’est d’ailleurs prononcé il y a peu sur le sujet de la représentativité de l’Opposition afin de «faire gagner la démocratie». L’ancien speaker avait alors évoqué «la beauté de la démocratie» exige que l’opposition soit représentée dans l’organe exécutif de la Chambre haute du parlement pour la «crédibilité collective» de l’institution.
Meilleur élu aux provinciales de décembre 2023 dans son Maniema natal alors qu’il était écroué à la Prison de Ndolo, Salomon Kalonda aura réussi la prouesse de se faire élire quelques mois plus tard, en avril, sénateur dans le Haut-Katanga, loin de ses bases naturelles, probablement en récompense de ses services rendus au grand Katanga où il a passé plus de 20 ans de sa vie professionnelle. Là-bas, «SKDella» comme on le surnomme, y est connu en tant qu’homme politique, mais aussi opérateur économique et dirigeant sportif.
«Peu sont les politiques qui ont bénéficié aussi clairement de l’onction populaire et qui ont réussi la performance de se faire élire dans deux provinces différentes. De ce dernier point de vue, dans le Sénat actuel, seuls Kalonda et Munkamba, originaire du Kasaï et sénateur de l’Équateur, peuvent se targuer d’un tel exploit», explique un professeur en science politique de l’UNIKIN.
Selon le calendrier réaménagé, l’élection du bureau définitif du Sénat est prévu le jeudi 01 août. Bien avant, les sénateurs devront déterminer la clé de répartition des sept postes du bureau entre la majorité et l’opposition. Salomon Kalonda, lui, est en passe de connaitre, tel un Phoenix, une belle renaissance alors qu’il s’est récemment défait de ses ennuis judiciaires suite à une dessaisine de la Cour militaire de Kinshasa, incompétente pour le juger. Devant cette juridiction, le bras droit de Katumbi était poursuivi dans ce que ses avocats ont qualifié de «procès de la honte» aux motivations «purement politiques» pour des faits de trahison.
Désormais, la prochaine étape dans la marche vers le bureau pour Salomon Kalonda est de connaitre le poste qui reviendra à l’Opposition. A ce sujet, lui-même avait déjà prévenu lors de son identification au Sénat que l’opposition ne devrait pas «être cantonnée à un rôle de faire-valoir».
