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RDC : Ruberwa a menti aux députés nationaux, le ministre provincial de l’Intérieur du Sud-Kivu monte au créneau

«Alors que nous étions à table la nuit de notre arrivée à Minembwe, le 27 septembre 2020, il -Ruberwa- a demandé au gouverneur de province de procéder à l’installation du bourgmestre de cette commune rurale. C’était en présence du ministre de la Défense nationale. Le gouverneur de province a objecté poliment en relevant le caractère superflu de cette installation…», a précisé le ministre de l’Intérieur du Sud-Kivu dans un communiqué après le passage du ministre d’Etat à l’Assemblée nationale 

Il n’a pas digéré les propos truffés de contre-vérités que le ministre d’Etat en charge de la Décentralisation et Réformes institutionnelles, Azarias Ruberwa, a tenu lundi 19 octobre devant les députés nationaux sur l’installation des animateurs de la commune rurale de Minembwe. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu, cité par Ruberwa comme auteur de cette installation, a réagi via un communiqué, rejetant en bloc toutes les allégations portées à sa charge par le ministre d’État en charge de la Décentralisation.

Dans ledit communiqué publié lundi 19 octobre courant, le ministre provincial de l’Intérieur du Sud-Kivu, Lwabanji Lwasingabo, a éclairé l’opinion tant nationale qu’internationale sur le mensonge servi à la représentation nationale par Azarias Ruberwa quant à la création et installation des animateurs de la commune de Minembwe. Pendant que Ruberwa a crié haut et fort devant les députés nationaux, affirmant qu’il n’était impliqué ni de près ni de loin dans cette affaire, évoquant la coïncidence d’agenda lors de son passage à Minembwe, le ministre provincial Lwabanji Lwasingabo, cité par le même Azarias Ruberwa comme ayant installé le bourgmestre de Minembwe, se dédouane et charge ce dernier.

Selon lui, c’est le ministre d’Etat de la Décentralisation et Réformes institutionnelles, Azarias Ruberwa Manywa, qui est le commanditaire de cette affaire. «… alors que nous étions à table la nuit de notre arrivée à Minembwe, le 27 septembre 2020, il a demandé au gouverneur de province de procéder à l’installation du bourgmestre de cette commune rurale. C’était en présence du ministre de la Défense nationale. Le gouverneur de province a objecté poliment en relevant le caractère superflu de cette installation étant donné que le bourgmestre était déjà en fonction depuis février 2019», a révélé Lwabanji Lwasingabo, dans son communiqué. Puis: «le gouvernement provincial que dirige le gouverneur Théo Ngwabidje n’a été investi que le 10 juin 2019 pendant que le bourgmestre de la commune rurale de Minembwe était déjà en fonction».

Puis encore: «cette activité ne figurait pas sur son agenda au départ de Bukavu. Le ministre d’État est revenu à la charge le lendemain matin tout comme la communauté Banyamulenge au cours de l’entretien que cette dernière a eu avec le ministre de la Défense nationale».

A en croire Lwabanji Lwasingabo, le PV d’installation de ces animateurs a été élaboré et signé, le lendemain séance tenante dans la salle communale à Minembwe. «Le document en question n’avait pas de cachet et que j’avais chargé le bourgmestre de faire saisir le texte du PV. C’est au retour de Minembwe que le PV est ressaisi sur papier avec en-tête de la province et cacheté. L

a tendance pour le ministre d’État à vouloir se défausser sur le gouvernement provincial du Sud-Kivu est une façon pour lui de refuser d’assumer ses responsabilités devant Dieu et devant la nation représentée par ses élus réunis en plénière le lundi 19 octobre à Kinshasa», a-t-il expliqué.

A la lecture de ce communiqué, le gouvernement provincial a non seulement crucifié Azarias Ruberwa, mais aussi dénoncé le fonctionnement illégal de la commune rurale de Minembwe dont les animateurs étaient déjà en fonction depuis février 2019 à l’insu des autorités compétentes. La question est de savoir quelle valeur juridique ou civile ont tous les actes civils signés par les autorités de Minembwe dans la clandestinité? Minembwe serait-il un État dans un État? «L’acte frise l’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État», a indiqué un juriste, évoquant le cas du Kosovo.

Selon ce juriste, le cas Minembwe devient complexe et au vu des contrevérités servies aux élus nationaux, Azarias Ruberwa devrait démissionner afin d’être déféré devant les juridictions compétentes. Le ministre d’État Azarias Ruberwa était le lundi 19 octobre devant l’Assemblée nationale pour répondre à la question orale du député Muhindo Nzangi et éclairer surtout l’opinion sur la création et l’installation des animateurs de la commune rurale de Minembwe.

Après avoir nié toute implication dans cette affaire, le débat houleux  s’en est suivi et il a sollicité 48 pour venir répondre aux préoccupations des députés. Avec les révélations troublantes faites par le gouvernement provincial du Sud-Kivu, pointant du doigt Azarias Ruberwa, l’homme est cloué au pilori. 

Octave MUKENDI


Communiqué de presse

Le ministre provincial de l’Intérieur de la province du Sud-Kivu tient à fixer l’opinion sur les contre-vérités servies aux députés nationaux par le ministre d’Etat ministre de la Décentralisation lors de la plénière de ce lundi 19 octobre à Kinshasa au sujet de la question relative à l’installation du bourgmestre de la commune rurale de Minembwe.

1. C’est le ministre d’Etat, ministre de la Décentralisation, Azarias Ruberwa Manywa qui a, alors que nous étions à table la nuit de notre arrivée à Minembwe le 27 septembre 2020, demandé au gouverneur de province de procéder à l’installation du bourgmestre de cette commune rurale. C’était en présence du ministre de la Défense nationale. Le gouverneur de province a objecté poliment en relevant le caractère superflu de cette installation étant donné que le bourgmestre était déjà en fonction depuis février 2019. Le gouvernement provincial que dirige le gouverneur Théo Ngwabidje n’a été investi que le 10 juin 2019. Qui plus est, cette activité ne figurait pas sur son agenda au départ de Bukavu. Le ministre d’Etat est revenu à la charge le lendemain matin tout comme la communauté Banyamulenge au cours de l’entretien que cette dernière a eu avec le ministre de la Défense nationale.

2. Le PV d’installation a été élaboré et signé, le lendemain séance tenante dans la salle communale à Minembwe. Le document en question n’avait pas de cachet et que j’avais chargé le bourgmestre de faire saisir le texte du PV. C’est au retour de Minembwe que le PV est ressaisi sur papier avec en-tête de la province et cacheté.

3. La tendance pour le ministre d’État à vouloir se défausser sur le gouvernement provincial du Sud-Kivu est une façon pour lui de refuser d’assumer ses responsabilités devant Dieu et devant la nation représentée par ses élus réunis en plénière ce lundi, 19 octobre à Kinshasa.

Fait à Mwenga, le 19 octobre 2020

LWABANJI Lwasingabo

Ministre provincial

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