
Le compte à rebours est lancé. Le 30 juin, le Président Félix Tshisekedi donnera le coup d’envoi de «Debout Jeunes Congolais», son programme présidentiel pour l’emploi. Vendredi 19 juin, à la Primature, Judith Suminwa Tuluka a verrouillé les derniers détails. Autour de la Première ministre: sept ministres, le VPM du Budget, des experts de la Présidence et les agences d’exécution. L’enjeu est massif: 65% des Congolais ont moins de 35 ans. Sans emploi pour eux, pas de «quinquennat social».
1,3 milliard de dollars, moitié État, moitié partenaires
1,3 milliard de dollars. C’est l’enveloppe globale du programme, a confirmé Justin Kalumba, ministre de l’Entrepreneuriat et des PME. Montage financier: 50% budget national, 50% partenaires au développement et organismes publics. Pour 2026, la part État est déjà sanctuarisée: 110 millions de dollars inscrits au collectif budgétaire du second semestre. «Debout Jeunes Congolais» devient ainsi la traduction concrète du premier pilier du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028: créer des emplois, protéger le pouvoir d’achat. «Pour créer des emplois, il faut des entreprises. Pour avoir des entreprises compétitives, il faut une main-d’œuvre qualifiée répondant aux besoins réels du marché», résume Justin Kalumba.
Trois leviers, un seul but: l’employabilité
Le programme tient sur trois pieds. Premier levier: la formation professionnelle. Aligner les compétences sur la demande. Fini les diplômés sans débouchés. Deuxième levier: l’emploi et l’égalité des chances. Casser les réseaux, ouvrir les portes. Troisième levier: l’entrepreneuriat. Financer, encadrer, faire grandir les PME tenues par les jeunes.Pour éviter le saupoudrage, Kinshasa promet un dispositif de suivi. Objectif: compter les emplois créés, les entreprises lancées, les jeunes formés. Redevabilité oblige. Côté financement, le Gouvernement active des mécanismes de garantie et des instruments innovants pour débloquer le crédit. Les banques hésitent devant un jeune sans collatéral? L’État se porte garant.
Méritocratie et couverture nationale
Judith Suminwa a mis ses ministres en garde: pas de géographie politicienne. «Une couverture équilibrée du territoire», a-t-elle martelé. Les réalités urbaines de Kinshasa, Goma ou Lubumbashi n’éclipseront pas les besoins ruraux de Gungu, Kandjaji ou Vanga. Autre ligne rouge: la méritocratie. La sélection passera par les meilleurs projets et plans d’affaires. Pas de quota régional, pas de parrain politique. L’égalité des chances, version Suminwa, passe par le concours. Les structures de mise en œuvre devront trier, noter, classer.
La genèse: une table ronde en novembre 2025
«Debout Jeunes Congolais» n’est pas né dans un bureau. Le programme prolonge les recommandations de la Table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, convoquée en novembre 2025 par Félix Tshisekedi. Dix-huit mois plus tard, l’exécutif passe à l’échelle. Autour de la table vendredi: le VPM, ministre du Budget; le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement ; la ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté ; le ministre de la Formation professionnelle ; la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire ; le ministre de l’Économie numérique ; la ministre de la Jeunesse. Signe que l’emploi des jeunes n’est plus un dossier sectoriel. C’est une affaire de Gouvernement.
L’urgence démographique comme levier
65% de la population a moins de 35 ans. Bombe à retardement ou dividende démographique? Pour Suminwa, la réponse tient dans l’exécution. «Debout Jeunes Congolais» doit transformer le poids démographique en moteur de croissance. Rendez-vous le 30 juin pour le lancement. Après les discours, les jeunes attendront trois choses: des formations qui débouchent, des crédits qui arrivent, des emplois qui durent. Le programme présidentiel sera jugé à l’aune des contrats signés, pas des réunions tenues.