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RDC: Sakombi et le CAMI posent les bases d’un deal énergétique

Une réunion discrète mais hautement stratégique s’est tenue ce mardi 3 novembre à Kinshasa. Au siège du Cadastre Minier, le ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a retrouvé le directeur général du CAMI, Popol Mabolia Yenga. Autour de la table: leurs états-majors techniques. À l’ordre du jour: un dossier sensible hérité de la 77e réunion du Conseil des ministres du 6 février 2026 sur la superposition des cartes énergétique et minière de la République Démocratique du Congo. L’idée est simple sur le papier, vertigineuse sur le terrain. Le pays possède 70% des réserves mondiales de cobalt, un potentiel hydroélectrique de 100 000 MW, mais seulement 1% exploité. Pourquoi ne pas faire coïncider les deux cartes?

Le nexus comme doctrine

Pendant plus de deux heures, les deux hommes ont planché sur deux chantiers. Le premier vise à orienter les barrages vers les mines. Plus question de construire des centrales au hasard. L’objectif est d’adosser le futur programme hydroélectrique aux besoins colossaux du Lualaba et du Haut-Katanga, où les miniers tournent encore au diesel à 0,40 dollar le kWh. Le deuxième objectif consiste à financer  l’électricité avec des mines. C’est le point le plus innovant. À l’étude: la possibilité d’adosser la construction d’ouvrages énergétiques à des contreparties en droits miniers, dans le respect du Code minier. En clair, un troc moderne: de l’électricité contre des titres. Une mécanique qui n’est pas sans rappeler le modèle SICOMINES, mais cette fois appliquée à l’énergie.

La vision Tshisekedi

Derrière cette rencontre, une impulsion: celle du président Félix Tshiseked. Dans le cadre du Compact Énergétique National -qui vise 30% d’accès à l’électricité d’ici 2030- le chef de l’État a fait du lien entre mines et énergie un axe de souveraineté industrielle. Le message est clair: les revenus du sous-sol doivent financer l’électrification du pays. Reste à transformer l’essai. Car si la superposition des cartes est techniquement prête, le montage juridique et financier -impliquant ARE, ANSER et le Ministère des Mines- s’annonce complexe.

Sakombi et Mabolia ont convenu de mettre en place une commission technique mixte. Prochaine étape: un rapport conjoint attendu avant la fin de l’année. À Kinshasa, le nexus électricité-mines est officiellement en marche.

YA KAKESA

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