
C’est un Patrick Muyaya en mode élu de terrain qui a sillonné ses fiefs de Bandalungwa et de la Funa, samedi 12 septembre. Avant d’être ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, l’homme porte encore le double brassard de député provincial de Bandalungwa et de député national élu de la Funa, l’une des quatre circonscriptions de la ville-province de Kinshasa. Il a troqué le costume ministériel pour celui du notable local, flanqué de ses lieutenants, le député national Éric Tshikuma et le provincial Jared Phanzu. Mission: inspecter les chantiers, écouter les doléances et raviver le lien avec les bases qui ont fait et continuent de faire sa force. Une tournée estampillée «Les Amis de Patrick Muyaya».
Bandalungwa: le fief sous surveillance
Première escale hautement symbolique: Bandalungwa. Son Bandal. Sur le terrain «Allemagne», temple du foot de quartier en pleine réhabilitation mais dont les travaux patinent, Muyaya enfile la tunique de facilitateur. Il interpelle les ingénieurs, promet de taper du poing sur la table auprès de l’entreprise. Le cortège met ensuite le cap sur les avenues Kasa-Vubu, Bula, Kimbondo, puis les terrains Municipal et Saint-Cassien. Avec les équipes de l’OVD, on ausculte les caniveaux à ciel ouvert et les chaussées défoncées. La méthode Muyaya? Le diagnostic avant l’action. «Il faut d’abord identifier les véritables besoins avant d’agir. Agir dans la précipitation risque de ne pas résoudre les problèmes de fond», lâche-t-il. L’expérience d’un élu qui sait qu’une promesse non tenue se paie cash dans les urnes.
Bumbu: le ras-le-bol de l’insalubrité
À Bumbu, le décor change. Plus brut. Sur l’avenue Mafuta, la rivière Basoko n’est plus qu’un égout à ciel ouvert, étranglée par les immondices. Curer ne suffira pas, il faut canaliser, et surtout, changer les comportements.Le coup de gueule du jour vient de l’avenue Kibunda. Femmes et notables sortent de leurs parcelles pour dénoncer un non-sens: un caniveau construit par une entreprise chinoise, mais sans le moindre passage piéton ou carrossable. Résultat: une avenue coupée en deux, impraticable, qui se transforme en lac à la moindre pluie, avec son lot de maladies des mains sales. Le bourgmestre adjoint, Franck Tshimuanga, plaide ne pas être resté les bras croisés: la province a été alertée, les financements se font attendre.
Même son de cloche avenue Panzi, à la frontière avec Ngiri-Ngiri. À huit jours du retour des pluies annoncé par METTELSAT pour le 20 septembre, c’est une course contre la montre qui est lancée.
Makala: la vitrine du travail accompli
La tournée s’achève à Makala, et l’atmosphère s’allège. Ici, l’avenue Kwilu est l’exemple qui rassure. Réhabilitée, éclairée, de Kikwit à Université jusqu’au rond-point Ngaba, elle a désenclavé des quartiers entiers et relancé le petit commerce. La preuve que quand ça veut, ça peut. Pour le bourgmestre Kafelio Ngudia Kabongo, la présence de Muyaya n’est pas anodine: «Il fait partie des rares élus de la Funa qui se sont impliqués à nos côtés dans la gouvernance sécuritaire participative quand notre commune traversait des moments difficiles». Un satisfecit de poids pour cette commune longtemps étiquetée capitale des Kuluna, qui voit aujourd’hui la criminalité reculer.
Une opération politique bien huilée
À la veille de la rentrée parlementaire, la séquence est tout sauf une simple balade. C’est une démonstration. «Cette tournée est une première étape. Nous avons parcouru Bandalungwa, Ngiri-Ngiri, Bumbu et Makala pour faire le point», explique Muyaya. «Il ne s’agit pas seulement de voir ce qui a été réalisé, mais de discuter avec les autorités locales pour voir où le Gouvernement peut apporter son appui». Le message est double: appel à la responsabilité citoyenne -«nous devons tous devenir des acteurs de la salubrité»- et rappel de son double ancrage. Un pied au Conseil des ministres, l’autre dans la boue de Bandalungwa et dans la poussière de la Funa. Une façon de dire que si beaucoup coupent le cordon une fois nommés, lui, le maintient serré.

Prochaines étapes: Kasa-Vubu et Kalamu, avec dans le viseur Yolo-Nord et Sud, Kimbangu, Kauka, Matonge, ex-20 mai et camp Christ-Roi. L’explication de l’honorable Éric Tshikuma: «Ce samedi 12 septembre 2026, avec une détermination renouvelée, nous avons entamé la première étape de notre tournée de suivi et d’évaluation des actions gouvernementales dans les communes de la Funa. En tant qu’élus, nous avons saisi cette opportunité pour permettre à l’un de nôtres, le ministre Patrick Muyaya, de constater directement les réalités du terrain. De Bandalungwa à Makala, en passant par Ngiri-Ngiri et Bumbu, nous avons pu identifier à la fois les progrès réalisés et les défis persistants. Notre objectif est impératif: formuler des recommandations concrètes pour accélérer la concrétisation des projets. Nous intensifierons sans relâche notre plaidoyer auprès des instances décisionnelles afin d’apporter des solutions tangibles et durables à nos compatriotes de la Funa. Pour l’honorable Jared Phanzu et moi, l’objectif est une avancée résolue: faire progresser l’agenda des priorités de Bandalungwa et de la Funa, dans la vision du Chef de l’État».




