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RDC: l’UDPS tentée par le passage en force, le danger du logiciel Kabila

«Opposition ya pete». L’opposition de rien. De faible. Le mépris est assumé, répété, brandi par l’UDPS au pouvoir. Fort de ce diagnostic, le parti présidentiel teste le terrain: référendum, retouche sinon changement de la Constitution, troisième mandat pour Félix Tshisekedi. Le passage en force se dessine. Sauf que la République Démocratique du Congo a déjà vu ce film. Et l’épisode 2015 s’est mal fini pour ceux qui sous-estimaient la rue.

2015, le puissant PPRD contré par une Opposition «pete»

Il y a dix ans, le puissant PPRD de Joseph Kabila affichait la même assurance. L’UDPS d’Étienne Tshisekedi discutait avec lui en coulisses. Le reste? Divisé, impuissant sur papier. Kabila dégaine alors sa carte: lier la loi électorale au recensement de l’ONIP. Objectif clair: faire glisser le calendrier, repousser 2016, gagner du temps. Le 19 janvier 2015, la réalité rattrape la majorité.

Sans l’UDPS, Samy Badibanga, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, José Makila, Franc Diongo et Jean-Claude Vuemba lancent la fronde. Kinshasa s’arrête. Goma, Bukavu, Lubumbashi suivent. Pendant des jours, la rue bloque tout. Le «glissement» déraille. Le pouvoir croyait l’opposition «pete». Il découvre qu’un peuple à bout n’a pas besoin de leader pour mordre.

2026: volonté assumée de rejouer le logiciel Kabila

Les sièges ont changé depuis, pas le logiciel. Hier dans l’opposition, l’UDPS tient aujourd’hui les manettes. Et reprend la méthode: minimiser l’adversaire, tâter le terrain, forcer la serrure constitutionnelle.La manœuvre est identique.

Changer les règles pour rester. En 2015, il fallait un recensement interminable pour geler 2016. En 2026, il faut un référendum populaire pour déverrouiller 2028, malgré la guerre, malgré l’article 219 de la Constitution. La fin de l’histoire, on la connaît. Kabila a été forcé de négocier. Deux fois. Il a aussi cédé la Primature. Deux fois. Il s’est bricolé un glissement de deux ans avant de sortir.

La rue ne porte pas de carte de parti

L’erreur de l’UDPS, c’est de confondre opposition et états-majors. En janvier 2015, ce sont les mouvements citoyens, la société civile, la jeunesse qui ont plié le pouvoir. Les politiques ont suivi. Aujourd’hui, malgré les avancées évoquées par le Président lors de sa dernière conférence de presse, le pays a encore faim. 26,6 millions de Congolais sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, selon le Programme alimentaire mondial en janvier 2026. Les grandes villes suffoquent sous l’insécurité, caractérisé par le banditisme urbain et les vols à main armée. Kinshasa craque sous les bouchons, les inondations et la saleté. L’Est saigne. Dire que l’opposition est «ya pete», c’est oublier que la colère, elle, ne l’est jamais et reste imprévisible.

«Le référendum ne se gagnera pas dans les salons. Il se jouera dans la rue. Et la rue congolaise sait compter jusqu’à trois. Puis dire stop», réfléchit un ancien cadre de l’UDPS, affirmant que «le parti de feu Étienne Tshisekedi a entrepris de recycler le logiciel Kabila alors que ce dernier s’y est brûlé».

KISUNGU KAS

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