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Chérubin Okende: sa famille ne lâche pas Mvonde

La famille Okende s’impatiente et pousse pour la réouverture des enquêtes sur les circonstances de la mort tragique de Chérubin Okende, ancien ministre des Transports, afin d’établir les responsabilités. Par le biais de l’un de ses conseils, Me Raphaël Odumbe Mulamba, elle a saisi, dans un courrier datant du 21 janvier dernier, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, pour déplorer son mutisme au sujet de sa requête du 15 avril dernier. En effet, il y a 9 mois, la famille Okende a chargé le Cabinet d’avocats Onyemba et associés de transmettre au PG Mvonde une plainte sollicitant des enquêtes tendant à établir les responsabilités dans l’assassinat de l’ancien ministre des Transports, retrouvé mort le 13 juillet 2023 à Kinshasa, son corps criblé de balles.

«Depuis le 15 avril 2024, mes clients demeurent dans l’attente d’une imminente ouverture des enquêtes pour établir les responsabilités dans l’assassinat de l’honorable Chérubin Okende Senga. Cependant, mes clients continuent à compter sur les compétences qui vous sont dévolues afin de procéder comme de droit et ce sera justice», lit-on dans cette missive, signée par Me Raphaël Odumbe Mulamba.

La famille Okende fonde sa plainte contre inconnus sur «des éléments nouveaux issus de la déclaration de Monsieur Modero Nsimba contenue dans un élément sonore -audio- devenu viral depuis le 19 mars 2024 sur les réseaux sociaux, qui relate non seulement les circonstances scandaleuses de l’enlèvement et assassinat de l’honorable Chérubin Okende Senga, mais surtout cite des personnes bien identifiables par leurs noms, prénoms et qualités», explique le Cabinet.

Dans cet élément sonore, l’ancien ministre du Tourisme, Modero Nsimba, cite nommément Christian Tshisekedi, frère du Président de la République, et Christian Ndaywel, alors chef des renseignements militaires -DEMIAP-, comme auteurs de l’assassinat de Chérubin Okende. Ils auraient monté un scénario pour dissuader l’ancien ministre des Transports, impliqué dans un conflit parcellaire avec Christian, le frère du Président Tshisekedi, de lâcher prise alors que l’élu de Kinshasa serait en règle.

Le scénario aurait mal tourné au point de coûter la vie au porte-parole d’Ensemble pour la République, parti cher à Moïse Katumbi. Le récit de Modero Nsimba est à quelques millimètres près identique à celui de «Jeune Afrique», publié dans un article rédigé à partir d’un rapport de l’Agence nationale des renseignements -ANR. Cependant, le PG Mvonde, après enquête, avait conclu sur un «suicide» d’Okende qui s’est donné la mort «d’une seule balle tirée par lui-même».

Cette conclusion a fait l’objet de plusieurs critiques acerbes, malgré les menaces du PG Mvonde d’arrêter quiconque allait contredire la version du Parquet. «La version sidérante du Parquet ne repose sur aucun élément procédural. Seul le rapport d’autopsie relate les causes et les circonstances probables de la mort», avait réagi Hervé Diakiese, porte-parole d’Ensemble. A ce jour, les résultats de l’autopsie n’ont jamais été rendus publics en dépit de la pression exercée par la famille Okende.

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