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RDC : Biden brandit la menace des sanctions, Kamuleta averti

A moins de deux mois des élections générales, la RD-Congo préoccupe au plus haut point les États-Unis qui l’ont fait savoir dans une déclaration signée par Joe Biden en personne. Alors Biden et personne d’autre. Dans ce dernier virage vers le scrutin du 20 décembre, c’est clairement un signal fort qu’a lancé Washington par sa plus haute autorité en prolongeant «l’état d’urgence nationale à l’égard de la RD-Congo».

Dans son avis dont il ordonne la publication au «Federal Register» -le journal officiel des USA- et la transmission au Congrès, Joe Biden justifie cette décision par «la situation en RD-Congo ou en relation avec celle-ci, qui a été marquée par une violence généralisée et des atrocités qui continuent de menacer la stabilité régionale». Ainsi, comme en 2006 et en 2014, la Maison Blanche va garder un œil sur Kinshasa pour une année de plus dans le cadre «des mesures supplémentaires pour faire face à cette urgence nationale», en vertu du décret 13413 du 27 octobre 2006, tel que modifié par le décret 13671 du 8 juillet 2014. «Par conséquent, conformément à l’article 202(d) de la Loi sur les urgences nationales -50 U.S.C. 1622(d)-, je maintiens pendant 1 an l’urgence nationale en ce qui concerne la situation dans ou en relation avec la RD-Congo déclarée dans le décret 13413, tel que modifié par le décret 13671», écrit le Président américain dans son avis.

Ombre de sanctions contre les acteurs du processus électoral

A travers cette mesure «exceptionnelle», Joe Biden dit vouloir «faire face à la menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des États-Unis». Plus qu’une simple mesure préventive, cette décision de la plus haute autorité américaine est un sérieux avertissement contre les acteurs du processus électoral, plus particulièrement les juges de la Cour constitutionnelle, leur président Dieudonné Kamuleta en tête. Ce vendredi, la Haute Cour va devoir traiter les requêtes en invalidation. Parmi les plus emblématiques, il y a celle initiée par le candidat Seth Kikuni visant le président sortant, Félix Tshisekedi. Puis, celles transmises à la Cour par un certain Tshivuadi Mansanga et le candidat Noël Tshiani contre l’opposant Moïse Katumbi dont ils contestent la nationalité. Alors que Katumbi fournit les preuves qu’il n’a jamais acquis une nationalité étrangère, les caméras du monde restent braquées sur l’attitude des juges de la Cour constitutionnelle. Toute décision éliminant l’ancien gouverneur de la course serait perçue comme un acte l’excluant du processus électoral à l’avantage du pouvoir politique en place et via l’instrumentalisation de la justice. Selon une opinion largement partagée, «la mesure du Potus concerne entre autres les juges de la Cour constitutionnelle et, plus particulièrement leur président, Dieudonné Kamuleta, désormais averti».

En 2018, la prolongation du décret aujourd’hui sorti par Biden avait conduit aux sanctions à l’encontre des 5 personnalités impliquées dans le processus, notamment le président, le 1er vice-président et le conseiller en charge des NTIC de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- ainsi que les présidents de la Cour constitutionnelle et de l’Assemblée nationale de l’époque.

Ce même décret avait conduit, en 2006, au blocage des biens de Laurent Nkunda du CNDP, Ignace Murwanashyaka des FDLR, Khawa Panga Mandro du PUSIC mais aussi de plusieurs ressortissants étrangers pour leur rôle dans l’escalade des violences en RD-Congo.

Dans le contexte actuel, des voix s’élèvent pour exiger la transparence du scrutin de décembre, notamment en permettant à «tous les candidats éligibles de concourir sans être écartés par l’instrumentalisation de la justice». Allusion faite notamment aux contentieux pendants à la Cour constitutionnelle qui, selon certaines indiscrétions, auraient pour objectif d’écarter Moïse Katumbi de la course.

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