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La situation en RD-Congo passée au peigne fin à Kigali

Le Rwanda a accueilli une réunion de l’ONU sur la réduction des armes illicites en Afrique centrale. Cette 45ème réunion du Comité consultatif permanent des Nations unies sur les questions de sécurité en Afrique -UNSAC- ouverte mardi à Kigali en appelant à un nouvel élan contre la prolifération des armes illicites a été suivie, vendredi dernier d’une rencontre des ministres des Affaires étrangères. La situation politique et l’examen de programme de désarmement et de limitation des armements dans la région ont été à l’ordre du jour. A l’ouverture des travaux, le secrétaire permanent du ministère rwandais des Affaires étrangères, Claude Nikobisanzwe, a épinglé la situation qui prévaut actuellement en Centrafrique et la menace terroriste du groupe nigérian Boko Haram parmi les défis sécuritaire. Il a appelé les Etats à poursuivre leurs efforts contre la prolifération des armes illicites afin d’instaurer la paix et la sécurité sans laquelle il sera impossible de réaliser les aspirations profondes des populations. Pour sa part, la présidente sortante de la 45ème réunion d’experts, Anne Chantal Nama, a évoqué la nécessité d’une approche holistique pour relever les défis sécuritaires de la région. Selon elle, la mise en œuvre efficace d’une stratégie régionale contre le terrorisme, la prolifération et l’utilisation abusive des armes légères et de petits calibres est une étape essentielle pour sécuriser la région.  
 
Les 11 pays d’Afrique centrale se réunissent deux fois par an pour faire le monitoring de la situation sécuritaire de la sous région sous l’égide des Nations unies. A la 45ème réunion de ce comité créé depuis 1992 par l’ONU, Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre de l’Intérieur, a représenté la RD Congo. Il conduisait une forte délégation composée de Aggée Matembo Toto, vice-ministre des Affaires étrangères, Kikaya Bin Karubi, conseiller spécial du Chef de l’Etat au collège diplomatique, Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu et plusieurs experts en matière sécuritaire. Après le huit clos présidé par la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, toutes les allocutions de représentants des organisations régionales et internationales ont souligné la nécessité pour les pays membres de mutualiser davantage des efforts pour relever les défis sécuritaires immenses et complexes auxquels l’Afrique centrale est confrontée aujourd’hui. C’est notamment le trafic des stupéfiants et son impact négatif sur la sécurité, la circulation incontrôlée des armes légères et petits calibres, la contrebande, sans oublier toutes les autres formes des trafics illicites liés à la porosité des frontières, l’exploitation illicite des ressources naturelles alimentant les conflits et le terrorisme.
La sécurité évaluée
Ici, la situation sécuritaire, politique et interinstitutionnelle de chaque pays a été analysée. La RD-Congo qui a, au cours de cette rencontre, brigué le poste de rapporteur du bureau consultatif, a amené les participants à reconnaitre les rebelles LRA et ADF comme des groupes terroristes. Les violences vécues au Kasaï, au centre de la RD-Congo, avec le phénomène Kamuina Nsapu ont été également condamnées. Les participants à cette réunion ont réaffirmé le soutien de la CEEAC aux efforts entrepris par le gouvernement RD-congolais avec l’appui de la MONUSCO au processus électoral en cours. Les moyens pacifiques ont été recommandés à la classe politique RD-congolaise en vue de résoudre toutes formes de crises qui frappent le pays. Après avoir attendu et adopté le rapport du président sortant de ce comité, le ministre camerounais des Affaires étrangères, Lejeune Bela Mbelelaa, les rapports sur la Centrafrique et le COPAX, une motion de soutien au président hôte a été lue par l’Angola avant de clôturer les travaux. La prochaine réunion est prévue à Brazzaville. Actuellement, le bureau du comité consultatif permanent des Nations unies en charge des questions sécuritaires est présidé par le Rwanda  et secondé par le Congo Brazzaville pendant que la RD-Congo assume les fonctions de rapporteur, une première depuis 20 ans.
L’UNSAC comprend la RD-Congo, le Congo Brazzaville, l’Angola, le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Rwanda ainsi que le Sao Tomé-et-Principe. Ces Etats membres se réunissent deux fois par an pour discuter du désarmement, du terrorisme, des conflits armés, de la piraterie et d’autres questions utiles.

Octave MUKENDI

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