
L’ancien Premier ministre Samy Badibanga Ntita se fait entendre et prend position avec force. Présent à l’occasion de la cérémonie d’entérinement des accords de paix de Washington, aux côtés du président de la République Félix Tshisekedi, il s’est accordé un petit moment d’observation avant de donner le coup d’envoi d’une mobilisation nationale sans précédent pour ces accords qu’il considère comme historiques.
«La République Démocratique du Congo est à un tournant historique. Les accords de paix signés avec le Rwanda, le 27 juin et le 4 décembre 2025, sous l’égide des États-Unis, marquent la fin de 30 ans de conflits et ouvrent un horizon radieux pour le peuple congolais», déclare-t-il dans une tribune percutante, intitulée «La table renversée et la lumière au bout du tunnel».
Dans cette réflexion, Badibanga réfute les critiques hâtives qui se sont élevées contre les accords négociés sous la médiation de l’administration Trump. Sa conviction est claire: la République Démocratique du Congo est en route vers une ère nouvelle de paix et de développement, clôturant enfin une époque marquée par les guerres, les tragédies humaines et les bilans macabres.
Pour lui, un partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington est désormais en marche, promettant des investissements majeurs dans des secteurs clés comme la santé, l’énergie, les infrastructures et les ressources minières. À ses yeux, ce partenariat est essentiel pour établir une stabilité durable et faire prospérer la région. Certes, les défis ne manquent pas: la menace persistante des groupes armés et la nécessité d’une reconstruction massive des infrastructures sont au cœur de préoccupations.
Néanmoins, Badibanga souligne la nécessité pour Kinshasa de rassembler plus de 100 milliards de dollars d’investissements sur la prochaine décennie pour réaliser ses ambitions de développement. Convaincu qu’une opportunité historique se dresse devant le pays, l’ancien Premier ministre appelle à une mobilisation générale. Il appelle également à une vigilance accrue vis-à-vis du Rwanda, qu’il qualifie d’adversaire «fourbe et obsessionnel». Pour lui, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption seront les clés incontournables pour tirer pleinement parti de cette nouvelle ère prometteuse. Lisez sa pertinente tribune.
La table renversée et la lumière au bout du tunnel
La RDC vit des heures historiques. Celles de sa libération prochaine, après 30 ans de guerre. Enfin, la paix et la sécurité sont à l’horizon proche et à portée de main pour des dizaines de millions de compatriotes attaqués, meurtris, endeuillés, déplacés. La stratégie du Président Tshisekedi et l’initiative du Président des Etats-Unis, ont conduit aux accords du 27 juin et du 4 décembre 2025. Jamais aucun leader de la communauté internationale depuis trente ans n’avait pris une telle initiative, marqué du poids de la puissance politique et diplomatique de la première puissance économique mondiale.
S’il est vrai que le Rwanda et son groupe armé continue d’attaquer notre territoire, nos jeunes et nos familles, chacun sent bien la mobilisation américaine pour la RDC. En quelques semaines, les Etats-Unis ont déjà en projet d’investir dans la santé, l’énergie et les minerais. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, celle d’un partenariat privilégié d’intérêt réciproque entre la RDC et la première puissance mondiale. Libérée de cette guerre de trente ans, la RDC va pouvoir enfin faire le deuil de ses dix millions de morts, un véritable génocide motivé par la prédation territoriale et des minerais, et lancer enfin le développement pour tous. Nul ne peut revenir en arrière, mais tout le monde peut aller de l’avant.
La surpuissance américaine a bien compris quel devait être son partenaire, un pays immense de 110 millions d’habitants, doté des premières réserves mondiales des minerais critiques, le nouveau pétrole de l’ère numérique, de l’intelligence artificielle et des énergies renouvelables. Et la RDC devrait profiter de la dynamique crée par les Etats-Unis pour multiplier les investissements d’autres acteurs internationaux.
Tout cela n’est qu’un début. Les armes vont bientôt se taire et l’application stricte de la résolution 2773 des Nations Unies sera de mise. La RDC est à construire ou reconstruire. Trente ans de guerre ont ravagé tout l’Est du pays, des quantités immenses de minerais ont été pillés, les investisseurs congolais ou étrangers ont fui les zones de conflit, Mais c’est tout le pays qui a subi un impact négatif incalculable. Toute l’infrastructure du pays est à construire ou reconstruire : rails, routes, hydroélectricité, transports urbains, défense et sécurité…
Pour véritablement monter dans le train du développement mondial, la RDC devra probablement mobiliser au-delà de 100 milliards de dollars d’investissements sur la prochaine décennie. Il faudra se montrer à la hauteur de l’enjeu, chasser la corruption et renforcer la bonne gouvernance pour saisir pleinement l’opportunité historique qui s’offre à nous pour changer l’avenir de toute la République. L’impact et la dimension historique de la stratégie du Président Tshisekedi et de l’initiative du Président Trump ne nous apparaissent peut-être pas encore pleinement. Au moment même où l’accord était signé, les troupes rwandaises et son groupe armé attaquaient Uvira. Et pourtant, qui croyait que le Rwanda oserait défier les Etats-Unis et le Président Trump? Le congolais devra demeurer vigilant face à un adversaire fourbe et obsessionnel. L’opposition politique congolaise n’a peut-être pas encore tout à fait réalisé le moment historique en cours pour notre Nation. S’il est de la nature et de la fonction d’une opposition politique d’exiger (et proposer) toujours plus et mieux du pouvoir exécutif, rien ne l’empêche de jouer de son poids pour emmener la Nation vers la paix. Le débat politique, le combat des idées ne doivent pas s’arrêter car la démocratie c’est d’abord le dissensus et le désaccord avant le compromis, mais chacun dans son rôle peut aider à faire taire les armes et contribuer à la paix qui vient.
Si l’heure est encore à la résistance patriotique, celle de la reconnaissance et de la gratitude envers deux personnages qui auront changé l’histoire et le destin de la RDC est déjà là. Le Président Tshisekedi a choisi la bonne stratégie pour le salut de la Nation et s’y est tenu. Et si en 2025 le Président Trump a déjà reçu le prix d’«Architecte de la Paix» de la fondation Nixon et le prix FIFA de la paix, il aura amplement et incontestablement mérité le prix Nobel de la paix 2026 pour son engagement pour la paix dans le monde.
Samy Badibanga
