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Procès Chebeya :Les avocats de Mukalay rejettent l’hypothèse d’une mort par torture

Si l’organe de la loi a requis une peine de servitude pénale à perpétuité contre Daniel Mukalay, ses avocats pensent le contraire. Ils restent confiants quant à son acquittement car, selon eux, aucune pièce au dossier n’atteste que cet officier de la Police nationale congolaise est réellement impliqué dans l’affaire  
 
Siégeant en matière répressive au degré d’appel, la Haute cour militaire -HCM- a poursuivi, jeudi 20 août 2015, l’affaire opposant l’Auditeur général des Forces armées de la RD-Congo, le Ministère public et les Parties civiles Chebeya, Bazana… contre le prévenu colonel Daniel Mukalay et consorts. Occasion pour la défense de plaider à fond sur ce dossier dont l’opinion tant nationale qu’internationale attend le verdict pour connaitre les vrais auteurs de l’assassinat de Floribert Chebeya, l’activiste des droits de l’homme retrouvé mort le 1er juin 2010 à Mitendi, dans la périphérie Ouest de Kinshasa.   
 
Après la plaidoirie des Parties civiles et le réquisitoire du Ministère public prononcé le jeudi 13 août dernier, c’était le tour de la défense de procéder au même exercice. Organisée, elle l’a entamé jeudi devant les juges de la HCM au cours d’une audience publique tenue en chambre foraine à la Prison centrale de Makala -PCM. Présentant brièvement les faits ayant conduit Daniel Mukalay au banc des accusés, Me Kitambwa, son conseil, a fait savoir que c’est sur base du rapport établi par le P2 que son client a été informé, dans la matinée du 2 juin 2010, qu’un corps a été retrouvé sans vie sur la route de Matadi à Mitendi avant qu’une équipe de la Police technique scientifique -PTS- se rende sur le lieu pour s’enquérir de la situation, précédée par les éléments de la Police criminelle -P.CRIM.
Le 4 juin de la même année, le colonel Mukalay se voit interpelé au Conseil national de la sécurité -CNS- auprès du conseiller spécial du chef de l’Etat où il a été considéré comme suspect dans cette affaire. Son arrestation s’en est donc suivie. La procédure n’a pas enchanté plusieurs personnes qui estimaient qu’il revenait au pouvoir judiciaire de s’engager dans cette démarche et non aux autorités politiques.
A en croire la défense, il était question de l’image de la PNC touchée au sommet. «Les Parties civiles en ont simplement profité..», lâche Me Bokata, défendant les intérêts de Mukalay. Revenant sur les faits, le collectif de la défense a aussi  révélé à la Haute cour que c’était sur demande de Floribert Chebeya que Daniel Mukalay a pu planifier le rendez-vous entre l’activiste des droits de l’homme et l’ancien Inspecteur général de la PNC, John Numbi.
Un rendez-vous avorté étant donné que l’IG ne s’est pas présenté au bureau et que Chebeya, bloqué dans un embouteillage, ne pouvait pas y être à l’heure convenue -17h-, avance la défense. «Cette demande a été formulée par le secrétaire exécutif de la VSV -Chebeya- lors d’une rencontre par hasard avec le colonel Mukalay dans une agence de la Rawbank en mai 2010.
Floribert voulait avoir une suite à sa lettre du 10 février 2010, déposée à l’Inspection générale de la PNC. Et notre client n’a fait que planifier le rendez-vous sans aucune autre intention…», assène le collectif de la défense qui avance que le contact téléphonique entre Chebeya et Mukalay  n’a eu lieu qu’à 17h25’ lorsque le premier a fait part au second qu’il était dans un embouteillage. Ils se sont alors convenus de se relancer plus tard. «Ce jour-là -le 01 juin 2010- Kalaho Kalala n’était pas en compagnie de Mukalay, ni à l’Inspection générale comme il l’a fait croire», se défend un membre du collectif Daniel Mukalay.
Abordant l’infraction de l’association des malfaiteurs tel que relevé par le MP dans son réquisitoire, un des avocats a avisé à la Cour qu’elle constatera, dans l’examen du dossier, que l’organe de la loi semble confondre l’infraction. Pour la défense, il n’y a aucune pièce démontrant clairement qu’il y a une existence d’une association des malfaiteurs. Il en est de même pour l’organisation de la bande, poursuit la défense. Se basant sur les conclusions médicales, la défense, quant à elle, affirme que Chebeya est mort de suite d’un stress non causé par un quelconque acte de torture. Seule la Cour va éclairer l’opinion à ce sujet afin de déterminer les circonstances de sa mort ou soit d’en déterminer les auteurs.
Cependant, devant tous les éléments évoqués lors de cette audience, la défense a alors invité la Cour à déclarer les infractions mises à charge de Mukalay non établies en fait comme en droit. «Faisons l’application de la loi. Nous demandons que le droit soit rendu à notre client», dit Me Bokata qui reste confiant quant à l’acquittement de Daniel Mukalay. «Nous déplorons l’attitude des Parties civiles, qui souhaiteraient tirer en longueur ce procès», conclut le membre de la défense.
Pour sa part, le collectif des Parties civiles se réserve une réplique au moment opportun, a indiqué un de ses avocats, en la personne de Me Richard Bondo. Par ailleurs, c’est à la prochaine audience, prévue lundi 24 août prochain, que les conseils de quatre autres prévenus vont plaider.
PN                             
 

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