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UDPS: le pouvoir de Fatshi menacé de l’intérieur

La Police a dû investir le siège du parti présidentiel et ses alentours jeudi 12 mars pour disperser les combattants déterminés à troubler l’ordre public, barricadant le passage à tout passant et prétextant de revendiquer le départ du duo Kabund-Kabuya et l’organisation d’un Congrès

Le feu couve à l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS/Tshisekedi. Jeudi 12 mars, tôt le matin, un groupe de combattants a pris d’assaut le siège du parti présidentiel. Visiblement, ce groupe qui ne veut plus du duo Kabund-Kabuya à la tête du parti, réclame son départ et la convocation du Congrès pour élire un nouveau président. Si d’aucuns reconnaissent à ce groupe dissident interne son droit de réclamer, ils dénoncent cependant la brutalité avec laquelle ce groupe opère. Au lieu de revendiquer pacifiquement, ces combattants ont trempé dans le trouble à l’ordre public barricadant le passage et empêchant les Kinois de vaquer paisiblement à leurs occupations. Ce qui a poussé la Police nationale congolaise -PNC- à intervenir pour maintenir l’ordre public. Au-delà de réclamer le départ de Jean-Marc Kabund-a-Kabund et Augustin Kabuya, respectivement président ad intérim et secrétaire général de l’UDPS, c’est le pouvoir de Félix-Antoine Tshisekedi qui est menacé par le camp de ceux qui se sentiraient abandonner à leur triste sort pour n’avoir pas été embauchés quelque part après que l’UDPS ait remporté la dernière présidentielle. La guerre de positionnement au sein de l’UDPS risquerait de faire gâcher le premier mandat présidentiel de ce parti si l’on ne prend pas garde.

Rien ne va à l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS/Tshisekedi. Le parti est secoué par des vagues de protestation, contestation, revendication et reniement de tous ordres depuis la dernière présidentielle qu’elle a remportée en décembre 2018. jeudi 12 mars, la permanence de l’UDPS et ses environs ont été le théâtre des troubles à l’ordre public. A la base, un groupe de combattants opposés au règne de Jean-Marc Kabund-a-Kabund et Augustin Kabuya à la tête du parti ont investi le siège dans une marche non autorisée par les autorités compétentes. Ils ont brûlé des pneus, barricader les routes notamment le Boulevard Lumumba et ses deux petits boulevards dans leur tronçon compris entre les 10ème et 11ème Rues. Des véhicules en provenance du centre-ville pour le Mont-Amba et la Tshangu ainsi que ceux en provenance de Tshangu et Mont-Amba pour le centre-ville étaient bloqués. La tension était perceptible et le pire à craindre quand on connait la barbarie avec laquelle certains inciviques s’infiltrent dans de telles occasions pour piller et voler. La permanence a été attaquée et environ 5 agents commis à la sécurité blessés par des armes blanches, a affirmé un cadre de l’UDPS, dénonçant des personnes infiltrées pour saper les actions du parti. Pour maintenir l’ordre public, la Police nationale congolaise a déployé ses éléments sur place. Ces derniers ont accompli leur tâche avec professionnalisme en dispersant les combattants qui avaient bloqué le passage et incendié des pneus. Toute la journée de jeudi 12 mars, les véhicules de la PNC sont restés pour dissuader quiconque tenterait de trouble l’ordre public et empêcher les Kinois de vaquer paisiblement à leurs occupations quotidiennes au niveau de Limete, quartier général de l’UDPS. Selon un combattant, la marche avait pour but de revendiquer le départ de JM Kabund et d’Augustin Kabuya et l’organisation d’un Congrès pour élire un nouveau président du parti. Le président ad intérim et son secrétaire général sont accusés de mal gérer le parti au motif que leur mandat se fonde sur le tripatouillage des statuts de l’UDPS.  Autre grief est que les deux dirigeants du parti auraient engagé leurs proches dans les cabinets ministériels au détriment des vrais combattants. Vrai ou faux, c’est la guerre de positionnement dans un pays où le chômage bat de l’aile.  En face, il y a de pro-Kabund. Pour eux, il y a une main noire derrière toutes les démarches de nature à salir l’image du parti que certains fils et filles de l’UDPS, instrumentalisés organisent. «Ce n’est Kabund et Kabuya qu’ils visent, c’est le Chef de l’Etat. Nous n’allons pas les laisser faire. Nous devons défendre notre parti et notre mandat. Celui qui s’oppose à Kabund s’oppose à Félix-Antoine Tshisekedi qui lui a cédé son intérim. Le Président élu par le Congrès de mars 2018 a été élu Président de la République. C’est normal qu’il soit remplacé par un intérimaire. Malheureusement, le camp de ceux qui n’aiment pas Kabund a décidé de déstabiliser le parti», a confié ce cadre à «AfricaNews». Les dissensions au sein de l’UDPS/Tshisekedi ont éclaté au lendemain de l’élection de Félix-Antoine Tshisekedi à la magistrature suprême quand ce dernier a cédé l’intérim de la présidence de l’UDPS à Jean-Marc Kabund. Elles se sont amplifiées avec la confirmation d’Augustin Kabuya au poste de secrétaire général. A cette époque, un groupe de cadres bien connus s’y est opposé. La débâcle du parti aux élections sénatoriales et des gouverneurs de province a provoqué un tollé au point que des soupçons de corruption ont pesé sur les députés provinciaux de l’UDPS. La commission qui a été annoncée pour faire la lumière sur ces soupçons et rétablir les responsabilités en vue de retirer la confiance aux élus provinciaux qui auraient trahi le parti en monnayant leurs voies est restée cachée jusqu’à e jour. Entretemps, la méfiance ne fait que monter entre les cadres et la base, chaque cadre instrumentalisant sa base proche contre son vis-à-vis. A la base, le positionnement. L’on rapporte qu’à la Présidence de la République, le Chef de l’Etat a privilégié ses amis de la Diaspora, faisant main basse sur les combattants locaux ayant combattu aux côtés du lider maximo. Les autres accuseraient le Président Tshisekedi d’avoir octroyé trop de postes à son allié l’Union pour la nation congolaise -UNC- de Vital Kamerhe. «L’UDPS ne se retrouve pas alors que c’est elle qui est combattu pendant plus de 37 ans», se plaint un combattant. Pour certains analystes, certains cadres et combattants de l’UDPS affichent un comportement d’amateurisme politique du fait qu’ils se comporteraient en opposant oubliant qu’ils sont au pouvoir et c’est l’UDPS qui va répondre de sa gestion devant la nation en 2023. Selon ces analystes, à l’allure où vont les choses, l’UDPS préparait son hécatombe dans un avenir proche.

Commune de Ngaliema scellée et prise en otage

Ça fait plus d’un mois que les activités sont stoppées net dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Un groupe de combattants de l’UDPS a scellé les bureaux communaux au motif de s’opposer à l’ambition du gouverneur de la ville de Kinshasa qui a suspendu un bourgmestre issu des rangs de l’UDPS pour, semble-t-il, le remplacer par son petit-frère. Jusqu’ici, les habitants de cette commune où réside le Président de la République sont pénalisés et aucune action judiciaire n’est pas entreprise pour inquiéter de gens qui se substitueraient à l’Etat et prendre en otage toute une administration communale. Pourtant, dans le cadre de l’Opération Kinshasa-bopeto, l’autorité urbaine avait suspendu huit bourgmestres dont les actions ont été jugés inefficaces contre l’assainissement de la ville de Kinshasa. En observant la situation de près, on comprend facilement que le pouvoir de Tshisekedi est combattu de l’intérieur. Ce qui confirme la thèse de Machiavel selon laquelle tout régime et/ou système politique porte le germe de sa destruction en son sein. L’heure est grave à l’UDPS. C’est le temps de sauver les meubles si l’on tient à ce que le pays ne puisse connaitre un naufrage aux prochaines élections.

Tino MABADA

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