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Noël Tshiani réagit au discours du gouverneur de la BCC

Ce discours est très surprenant comme discours de gouverneur de Banque centrale qui frappe complètement à côté de la plaque. Ce que le gouverneur de la BCC vient de découvrir aujourd’hui, je l’ai dit il y a deux ans: le pays va très mal, l’économie va très mal, le social va très mal.
Dans son discours, le gouverneur a clairement justifié le manque d’indépendance et d’initiative de la Banque centrale, absence de politique monétaire et de vision. On dirait un discours d’un statisticien et non d’une autorité monétaire.
Lorsque le gouverneur évoque USD 1,6 milliards de recettes non rapatriées par les miniers, il oublie que l’exemple vient d’en haut car les politiciens cachent leur argent dans des comptes offshores au Panama et dans les Îles Vierges Britanniques. Le mal est très profond. Il faut creuser l’abcès pour le soigner réellement et de façon durable.
En évitant d’évoquer le vrai problème -situation politique qui a élevé le risque pays au delà du raisonnable-, le gouverneur de la BCC ne semble pas comprendre ce qui bloque le rapatriement des devises de la part d’un secteur privé averti et rationnel.
En évoquait la baisse des cours des matières premières comme la principale cause des malheurs économiques RD-congolais, le gouverneur semble ignorer la véritable cause qui est la mauvaise gouvernance du pays et de la Banque centrale. Lorsque 85% des revenus des ressources naturelles n’entrent pas dans les caisses de l’Etat, on devrait attribuer cela à la mauvaise gouvernance et non à la baisse des cours des matières premières. Le fonctionnement de la justice, le mauvais environnement des affaires, le climat politique délétère, l’insécurité généralisée dans le pays, le manque de lisibilité politique et de vision générale sont des facteurs qui pèsent plus que la simple baisse des matières premières. En restant silencieux sur la corruption endémique qui mine les finances et l’économie du pays, il y a lieu de se demander si les autorités pays et de la Banque centrale sont conscientes de la gravité de la situation et prêtes à prendre des mesures idoines pour la redresser.
Depuis la nomination d’un conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, il y a deux ans, tout se passe comme si la corruption a augmenté au lieu de baisser. De ce fait, on peut déduire que le vrai problème se trouve ailleurs. Le temps du changement n’a-t-il pas sonné pour faire table rase et amorcer des réformes politiques, économiques et structurelles dont le pays a réellement besoin pour se remettre sur la voie de la stabilité et du développement économique et social durable! Monsieur le gouverneur ne se trompe-t-il pas en pensant aux réformes économiques et monétaires dans un environnement politique incertain marqué par le manque de légitimité de toutes les institutions de la République, c’est-à-dire du Président de la République, de l’Assemblée nationale, du Sénat, des Gouvernorats des provinces et des Assemblées provinciales?
Dr. Noël K. Tshiani Muadiamvita

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