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Munga et Kalumba: plan de bradage du Boeing 737 de LAC

Kalumba et Munga
Depuis que des cadres de Congo Airways conduits par un super Conseiller ont fait le déplacement du hangar technique à N’Djili et contraint les mécaniciens de LAC à procéder au check A, agents et cadres de l’ancienne compagnie aérienne font part du plan de bradage de leur unique avion par la ministre du Portefeuille et son collègue des Transports. Tout en comptant sur l’intervention du Parlement, ils ont opposition de la vente illicite de tout bien de LAC par les voies judiciaires appropriées à travers leur avocat conseil, le Bâtonnier national Me Mbu ne Letang, ont annoncé plusieurs sources mardi à Kinshasa  
Après les débuts laborieux de l’exploitation commerciale de ses vols domestiques, Congo Airways convoiterait le Boeing 737-200 de Lignes Aériennes Congolaises, LAC-SARL. Le plan a fuité dans les milieux de la profession. A en croire ces sources, si jusque-là les démarches étaient menées en coulisses, ces derniers temps, les masques sont tombés et les principaux acteurs évoluent désormais à visage découvert. Leurs délégués ont été aperçus lundi à N’Djili dans le hangar technique de LAC.
L’opinion se souviendra des conditions opaques de l’acquisition et de l’importation des Airbus A320 par la nouvelle société d’Etat. Contrairement aux prescrits de la Loi sur l’aviation civile en RD-Congo exigeant l’application des inspections majeures sur les moteurs, les cellules et autres grands ensembles des aéronefs sur le lieu où ils se trouvent avant leur importation, les aéronefs de Congo Airways n’auraient pas subi ce «check C». Dans la foulée des inaugurations, les autorités du pays ont préféré prendre le raccourci en brûlant simplement ces formalités techniques pourtant essentielles.
Les révélations de la Radio Okapi
Sur le terrain, chaque jour qui passe apporte son lot de surprises de taille. Lors d’un débat radiodiffusé sur les antennes de la radio «Okapi» des Nations Unies, les RD-Congolais ont été sidérés d’apprendre que lors des vols inauguraux, l’Airbus A320 aligné sur la capitale cuprifère dont le moteur avait une forte consommation d’huile du fait qu’il serait fin potentiel, n’en disposait pas en réserve dans le lot de bord. Il a fallu recourir auprès des compagnies concurrentes pour combler ce vide.
Quant à l’avion programmé sur Goma-Kisangani-Kinshasa, certains passagers VIP qui y avaient pris place à bord, ont  curieusement abandonné cet Airbus A320 à l’escale «boyomaise» pour se réfugier dans le jet du Gouvernement et rentrer précipitamment à Kinshasa. Des interrogations subsistent quant à cette fuite en avant. Jeudi 05 novembre dernier, l’Airbus baptisé du nom prestigieux de l’ancien Premier ministre Patrice Emery Lumumba a été contraint de vomir tous ses passagers au sol à Lubumbashi suite à une panne de moteur.
Tous les passagers parmi lesquels se trouvaient des membres de famille des hautes autorités du pays, ont été transférés sur le vol régulier de la Compagnie Aérienne Africaine -CAA. Ce qui est de bonne guerre car en aviation civile, les considérations politiques ou partisanes n’ont pas de place.
Check A et point fixe moteurs du Boeing 737-200 de LAC
Dans le cadre de la coopération entre les transporteurs aériens, CAA ne s’est pas fait prier pour évacuer ces passagers. Quant à l’Airbus A320 de Congo Airways, il a regagné nuitamment Kinshasa par un vol ferry. Ce sont des réalités propres aux vols commerciaux partout dans le monde.
D’où la nécessité pour le pays de disposer de plusieurs compagnies aériennes exploitant dans les normes. Lundi 16 novembre, le hangar technique à l’aéroport de N’Djili est entré en forte ébullition avec la visite impromptue de l’administrateur délégué de LAC doublé de sa casquette de directeur commercial et marketing de Congo Airways -vive le conflit d’intérêts au nom de la bonne gouvernance- et accompagné d’un conseiller influent d’une très haute autorité du pays, d’un ancien copilote d’Air Zaïre et de deux techniciens aéronautiques.
Instruction a été donnée aux mécaniciens de LAC de procéder au check A -graissage et lubrification- et au point fixe moteurs du Boeing 737-200 de LAC. Monsieur le conseiller a généreusement financé tous les frais relatifs à ces opérations. Dans les milieux de la profession où tout se sait, des rumeurs indiquent que les démarches en cours sur la remise à flots de ce moyen courrier, viseraient la préparation de son bradage à vil prix.
Et cela, malgré que les Agents et Cadres de LAC aient accepté de se saigner aux quatre veines pour le paiement des factures des travaux de check C2 opérés sur le Boeing 737-200 à Perpignan à plus de USD 1,7 million et sans une quelconque intervention du Trésor public. Qui sont les prédateurs tapis dans l’ombre et suivant quelles procédures de passation des marchés publics voudraient-ils aliéner cet outil de production tant convoité?
Boeing 737-200 de LAC: conditions de navigabilité réunies 
L’opinion se souviendra également des péripéties de l’acquisition de ce moyen courrier ayant  nécessité plusieurs mois de privation de salaires aux travailleurs de LAC pour réunir les fonds requis sans un quelconque décaissement des fonds de l’Etat, unique propriétaire. Beaucoup d’argent avait circulé dans ces opérations au point d’attirer l’attention de la justice RD-congolaise où ce dossier est toujours pendant.
Pour revenir à la nouvelle société d’Etat Congo Airways, qui tient à fiabiliser ses vols domestiques, ses dirigeants sont en quête d’aéronefs performants répondant aux standards internationaux. Sur place à Kinshasa se trouve cloué au sol, par la seule volonté politique du ministre des Transports et Voies de communication, le Boeing 737-200 de LAC qui remplit pourtant toutes les conditions de navigabilité, comme en atteste le point fixe moteurs opéré lundi à N’Djili. La question suspendue sur toutes les lèvres est celle de savoir comment va s’opérer son exploitation.
Si l’on se montre sceptique, voire inquiet, c’est parce qu’au lieu de faire louer cet aéronef dans le respect des normes admises dans la profession -ce qui ouvrirait la voie à la relance effective des vols de LAC-, la voie empruntée serait plutôt aux antipodes.
Sonnette d’alarme des travailleurs de LAC
Les Agents et Cadres de Lignes Aériennes Congolaises  ont applaudi la venue de Congo Airways dans l’espace aérien national car ils savent, mieux que quiconque, que le pays avec ses dimensions continentales, a grandement besoin de centaines d’aéronefs et, partant, de plusieurs opérateurs aériens exploitant dans les normes optimales de sécurité et de sûreté pour assurer la mobilité des populations, des biens et de la poste à travers toutes les 26 provinces récemment créées. Ils élèvent ainsi la voix pour attirer l’attention des honorables députés et sénateurs sur le danger qui guette leur patrimoine.
Ils sont d’autant plus choqués qu’ils ont fait opposition de la vente illicite de tout bien de LAC par les voies judiciaires appropriées à travers leur avocat conseil, le Bâtonnier national Me Mbu ne Letang. En dépit de cela, les échos émanant du ministère du Portefeuille font état d’une veillée d’armes de certains prédateurs à l’affût de l’exploitation éhontée du rapport préliminaire d’expertise de l’imposant patrimoine de LAC-SARL pour en autoriser l’aliénation par le comité «illégal» de liquidation -le qualificatif est du Sénat.
De plus, LAC est protégée par les Lois nationales sur la transformation des Entreprises publiques en Sociétés commerciales bénéficiaires d’un moratoire de 36 mois courant jusqu’au 31 décembre 2015. Il en est de même de l’Acte uniforme de l’OHADA qui lui sert de bouclier. Sans omettre les recommandations pertinentes des Concertations nationales dont émane l’actuel Gouvernement de cohésion nationale ainsi que celles récentes du Sénat, toutes en faveur de la réhabilitation, de la modernisation et de la relance de LAC-SARL. La RDC est un Etat de droit. Il est temps que cela se concrétise en actes dans le dossier de LAC-SARL.
KISUNGU KAS

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