
Les nouvelles en provenance de Doha, au Qatar, où les délégations du gouvernement RD-congolais et de la coalition AFC-M23 étaient en pourparlers ne sont pas bonnes. Et pour cause: le gouvernement de Kinshasa a campé sur ses positions ne laissant aucune marque aux rebelles de l’AFC-M23 qu’il accuse d’être des pions du Rwanda. On apprend que l’accord final rédigé depuis une semaine n’a pas pu être signé. La coalition AFC-M23 a claqué la porte au motif qu’aucune de ses revendications n’a été prise en compte par le gouvernement RD-congolais. Cette claque intervient au moment où à Kinshasa, le gouvernement a ordonné des poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien Président Joseph Kabila pour son «activisme avec les agresseurs rwandaise», l’accusant de s’être rendu coupable de «haute trahison».
La justice RD-congolaise est instruite de le poursuivre et de confisquer tous ses biens mobiliers et immobiliers. Ce n’est pas tout. Toutes les activités politiques du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD- sont suspendues sur l’ensemble du territoire national et des restrictions de mouvement prises à l’encontre des responsables de ce parti politique. Le Président Tshisekedi a accusé par le passé, son prédécesseur Joseph Kabila d’être le vrai patron de l’Alliance Fleuve Congo -AFC-, mouvement politico-militaire affilié au M23 créé par l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa.
Divergences à Doha
Pendant que la délégation de la coalition RDF-AFC-M23 avait boycotté la rencontre de Luanda avec le gouvernement RD-congolais, on a vu le Président rwandais Paul Kagame et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, son homologue de la RD-Congo, réunis à Doha, à l’initiative de l’Emir du Qatar.
Un communiqué sanctionnant cette rencontre avait réaffirmé la volonté des parties de s’inscrire dans la logique des Accords de Luanda et de Nairobi pour résoudre la crise dans l’Est de la RD-Congo. Kinshasa ne cesse d’accuser le Rwanda d’agresser la RD-Congo et de soutenir les rebelles de l’AFC-M23.
En dépit de plusieurs rapports des experts des Nations unies attestant la présence de plus de 4000 soldats rwandais sur le sol RD-congolais au point que des sanctions internationales ont visé non seulement des proches de Paul Kagame au Rwanda, mais également quelques hauts cadres du mouvement terroriste M23, la coalition RDF-AFC-M23 poursuit des exactions en RD-Congo. Puisque le vœu de tous est de voir le gouvernement RD-congolais associer l’AFC-M23 aux discussions et ne pas seulement parler avec le régime de Kigali, les délégations de Kinshasa et de l’AFC-M23 s’étaient rendues à Doha, au Qatar, pour entamer des discussions directes. Mais jusqu’ici, rien de concret, car chaque camp pose des conditions et reste campé sur sa position.
Selon des informations en provenance de Doha, la coalition AFC-M23 avait posé plusieurs préalables avant toute entame de discussion avec le régime de Kinshasa qu’ils considèrent comme «mesures de confiance» pour entamer des négociations avec le gouvernement RD-congolais. «Ces conditions visaient à créer un environnement propice aux pourparlers de paix, facilités par Doha, dans le cadre de la médiation pour résoudre la crise sécuritaire dans la région», estiment les rebelles, cités par un média international.
Dans leurs mesures, l’AFC/M23 demandait une déclaration solennelle du Président Félix-Antoine Tshisekedi s’engageant publiquement pour le dialogue direct avec l’AFC/M23, l’abrogation de la résolution de l’Assemblée nationale du 8 novembre 2022 contre le brassage ou l’intégration des groupes armés au sein des forces de défense et de sécurité et aussi l’annulation des condamnations à mort, des poursuites et les mandats d’arrêt contre les dirigeants et les cadres de l’AFC/M23, ainsi que la libération des détenus civils et militaires arrêtés ou accusés de connivence avec l’AFC/M23.
Sans répondre à la demande des rebelles, Kinshasa exige, pour sa part, un cessez-le-feu sans condition et notamment le retrait AFC/M23 de Bukavu, Goma et autres territoires occupés. Jusqu’à la fin des discussions, Kinshasa est resté intransigeant et n’accède à aucune demande de rebelles pour ne pas ‘’trahir le pays’’». Comme quoi, Doha a accouché d’une souris.

