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Minaku, ultime dossier chaud

Aubin-Minaku
Alors qu’ils sont en passe d’être sacrifiés au profit de certains chefs des partis jugés tièdes et inactifs, des voix s’élèvent pour plaider en faveur des démineurs de la Majorité, notamment Ramazani Shadari, Boniface Balamage, Christophe Lutundula, Pius Mwabilu, Bolenge Tenge… et Mbuyu, à l’issue d’une réunion de la MP convoquée mardi autour du SG et speaker de la chambre basse    
A la Majorité présidentielle, c’est devenu un refrain un peu répétitif pendant toute cette période des consultations pour le gouvernement: le partage se fera proportionnellement à la force politique de chaque formation à l’Assemblée nationale. Occasion pour certains cadres de la MP de monter au créneau et exprimer leur soutien aux présidents des groupes parlementaires. Les arguments foisonnent: à part le PPRD qui s’est toujours battu ouvertement pour les intérêts de Kabila en usant de son poids politique à l’Assemblée nationale, le soutien et la force des autres… c’est à l’oral… Ou encore: à la veille des grandes batailles, chaque fois que la Majorité est bousculée, toute la charge repose sur les épaules des présidents des groupes parlementaires. Logiquement, ces démineurs ont voix au chapitre.
Mardi 20 mai à la réunion de la MP, Aubin Minaku a appelé les sociétaires à l’unité autour de l’action de Joseph Kabila, autorité morale de la Majorité au pouvoir. Occasion pour les reporters d’AfricaNews aux aguets d’entendre ce qui se chuchote et fâche. Loin de promouvoir l’homogénéité, les consultations récemment entamées par Minaku fissurent les troupes de la MP. A la base du remous: la primauté accordée aux partis politiques et à leurs chefs, perçue comme une mauvaise approche par certains cadres.
Les propos recueillis au sortir de ces entretiens entre Minaku et la base de la MP contiennent des arguments massues: chaque fois qu’il y a des enjeux ou la Majorité est bousculée, c’est une impression de fin de règne parce que le regroupement politique étale son déficit de cohésion… A chaque examen de la Loi des finances, la fronde gagne les positions. A l’origine: les mêmes frondeurs, les mêmes éternels insatisfaits. Mais, à en croire ces cadres, une catégorie a pris l’habitude de se détacher du lot. Elle est constituée des présidents des groupes parlementaires. «Ces personnalités passent pour des véritables démineurs.
Ce sont eux qui s’exposent au front au moment des grandes batailles. C’est comme si, pour certains, leur courage, leurs interventions, leur engagement politique viennent compenser le faible poids politique de leurs formations politiques», commente un invité de Minaku affirmant ne pas se souvenir d’une seule intervention d’Olivier Kamitatu, le président de l’ARC, depuis le début de la législature. «Il n’y a donc pas photo entre l’immobilisme de Kamitatu, comme celui de certains de ses pairs chefs des partis, et le rendement des députés Ramazani Shadari, Christophe Lutundula, Boniface Balamage, Pius Mwabilu, Mbuyu ou Bolengetenge», ajoute un autre.
Sans ambages, certains disent avoir l’impression qu’à l’Assemblée nationale, les présidents des groupes parlementaires gèrent mieux les enjeux que certains chefs des partis. Les arguments foisonnent. Comme celui du genre «à part le PPRD qui s’est toujours battu ouvertement pour les intérêts de Kabila en usant de son poids politique à l’Assemblée national, le soutien et la force des autres… c’est à l’oral…» Ou encore: «à la veille des grandes batailles, chaque fois que la Majorité est bousculée, toute la charge repose sur les épaules des présidents des groupes parlementaires». Logiquement, ces démineurs ont voix au chapitre. Prôner leur mise à l’écart c’est faire affront à la politique de Kabila. Le dossier des consultations est chaud, plus chaud qu’on ne le soupçonne. Il est extrême. A traiter avec minutie, avec tact.
Une donne que Minaku doit prendre au sérieux pour éviter de s’attirer la foudre, estime un vieux briscard, évoquant quelques cas où la Majorité et son gouvernement ont été tirés d’affaires grâce à l’action des présidents des groupes parlementaires: l’examen des lois des finances 2013 et 2014, tentative d’interpellation du Premier ministre Matata Ponyo, motion contre le Bureau Minaku, les Concertations nationales, l’affaire des refoulés de Brazzaville… Autant de dossiers que le speaker a su gérer avec l’appui des présidents des groupes parlementaires. On ne peut donc pas envisager des consultations pour la formation du gouvernement sans penser associer ces machines politiques.
Tino MABADA

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