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IXes Jeux de la Francophonie: l’OIF et le CIJF à Kin pour auditer Isidore Kwandja

Sale temps pour Isidore Kwandja, directeur du Comité national d’organisation des IXèmes Jeux de la Francophonie, qui doit affronter une mission d’audit de l’Organisation internationale de la Francophonie -OIF- et du Comité international des Jeux de la Francophonie -CIJ-, attendue cette semaine à Kinshasa, alors qu’il est éclaboussé par les récentes révélations du ministre des Finances, Nicolas Kazadi, affirmant que les Jeux de la Francophonie ont coûté USD 324 millions au Trésor public contre des prévisions de l’ordre d’USD 48 millions. Kazadi a chargé Kwandja pour sa «mauvaise gestion» et ses décisions unilatérales à la base de cette «délinquance financière aggravée», selon le député Claudel Lubaya. Pendant ce temps, des agents, qui ne décolèrent pas, entendent intensifier des manifestations pour réclamer leurs salaires et primes impayés.

Isidore Kwandja, directeur du Comité national d’organisation des IXèmes Jeux de la Francophonie, déroulés à Kinshasa du 28 juillet au 9 août dernier, a été renvoyé sur le banc des accusés par le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, pour sa «mauvaise gestion» des fonds dédiés à cet événement. L’argentier national a fait des révélations accablantes en affirmant que les Jeux de la Francophonie ont coûté plus d’USD 324 millions au Trésor public contre des prévisions de l’ordre d’USD 48 millions.

«Le budget des opérations est passé de 12 à 78 millions de dollars, tandis que les dépenses en investissement sont passées de 36 à 246 millions de dollars», a ajouté Nicolas Kazadi, arguant que «ces montants exorbitant sont dus à la mauvaise gestion du Comité national d’organisation de ces jeux mais aussi du retard pris dans la réhabilitation et la construction de quelques infrastructures qui a poussé le gouvernement à doubler voire tripler le coût».

Tout en reconnaissant des «erreurs de planification et de gestion», le ministre des Finances a accusé Isidore Kwandja d’avoir «décidé d’augmenter des rubriques et des budgets, sans l’aval même du comité de pilotage» ainsi que d’avoir «signé des ordres de paiement pour certains bénéficiaires que lui-même avait imaginé et décidé de recruter sans avoir la provision budgétaire nécessaire». En peu de mots, Kazadi a reproché Kwandja de «légèreté» dans sa gestion des fonds publics.

«Du bon côté de l’indécence»

Ces accusations, couplées aux graves révélations de Nicolas Kazadi, coïncident avec une mission d’audit de l’Organisation internationale de la Francophonie -OIF- et du Comité international des Jeux de la Francophonie -CIJF-, attendue cette semaine à Kinshasa, a appris AfricaNews. Une délégation de 4 personnes, dont deux de l’OIF et deux autres du CIJF, va passer au scanner les finances des IXèmes Jeux de la Francophonie alors que dans l’opinion l’on dénonce, après la sortie de l’argentier national, des actes de détournement d’importantes sommes d’argent, des rétro-commissions outre l’enrichissement illicite.

L’on dénonce également le mauvais traitement réservé aux agents du Comité national dont la plupart sont impayés depuis des mois. Ceux-ci, avec l’arrivée de la mission d’audit de l’OIF-CIJF, prévoient d’intensifier des manifestations pour réclamer leur dû.

Sale temps pour Kwandja qui, en dépit des justificatifs fournis via son compte Twitter pour réfuter les lourdes charges portées contre sa personne et faire mentir Nicolas Kazadi, va devoir s’expliquer devant les auditeurs du tandem OIF-CIJF.

Comment en est-on passé d’une prévision initiale d’USD 48 millions, ajustée par la suite à plus d’USD 65 millions, pour finir avec un coût exorbitant d’USD 324 millions? La question, sans doute, sera au centre de cette mission d’audit, tant les Jeux de la Francophonie, selon l’esprit de l’OIF, «ne doivent pas donner lieu à des dépenses faramineuses».

L’expérience RD-congolaise semble avoir nagé à contre-courant de cette directive de l’OIF et le gouvernement, lui, a su faire preuve, de l’avis du député Claudel Lubaya, de «délinquance financière aggravée». L’élu de Kananga a, dans un post sur Twitter, dénoncé le «détournement de 324 millions USD au prétexte de matérialiser la vision du Chef de l’État dans le cadre des Jeux de la Francophone».

«Présentés comme succès planétaire et référence historique, les Jeux de la Francophonie n’auront été, en réalité, à l’instar des autres projets initiés par le gouvernement RD-congolais, qu’un tombeau pour les finances publiques dont 423 millions de dollars américains ont été aspirés à des fins d’enrichissement illicite de différents intervenants», a-t-il déploré, non sans regretter le choix d’être «du bon côté de l’indécence» fait par le régime en lieu et place d’être du bon côté de l’histoire tel que le suggère la devise de l’Union sacrée de la nation, plateforme qui regroupe les acteurs politiques du régime Tshisekedi.

Kazadi aussi au banc des accusés

Isidore Kwandja est-il le seul coupable dans le saignement des caisses de l’Etat pour l’organisation des Jeux de la Francophonie? Non, a soutenu Claudel Lubaya qui, s’appuyant sur la Loi relative aux finances publiques, envoie également le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, au banc des accusés. Sa «responsabilité se trouve engagée» au regard notamment de la «légèreté avec laquelle sont gérées les finances publiques par les différentes autorités qui interviennent dans la chaine de dépense».

L’élu de Kananga n’a aucun doute qu’il s’agit, à la lumière de la même Loi, d’une «faute de gestion» ainsi que d’un «cas avéré de détournement de deniers publics» qui devraient donner lieu à des poursuites contre les «auteurs, co-auteurs et complices de ce scandale de trop».

YA KAKESA

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