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RDC : Mabunda déchue, elle symbolisait la frustration

La messe est dite à l’Assemblée nationale. Plus rien ne sera comme avant. Le Front commun pour le Congo -FCC- a perdu la majorité parlementaire avec la déchéance de Jeanine Mabunda de la présidence de la chambre basse du Parlement. Mabunda est emportée par une pétition initiée à son encontre.

Sur les 486 députés ayant pris part au vote, 281 ont voté pour la déchéance de la speakerine alors que 200 lui ont manifesté leur soutien. Par ce verdict de l’assemblée plénière, le FCC est décapité de cette femme qui symbolisait son pouvoir à la Représentation nationale.

Mabunda destituée, la force de la plateforme politique de Kabila s’est effectivement «effritée» pour paraphraser le Président Tshisekedi dans son discours à la nation le dimanche 6 décembredernier annonçant la fin de la coalition au pouvoir
FCC-CACH. En témoigne également la déchéance du deuxième vice-président
de l’Assemblée nationale, Boniface Balamage.

Ce vote sanction prouve aussi que la frustration avait gagné une grande place au sein de cette plate-forme composée de plusieurs regroupements politiques dont un bon nombre a traversé la grande rivière. Le bateau FCC prend l’eau.

La déchéance de Mabunda n’est pas innocente surtout que dans le camp de Félix
Tshisekedi, la présidente de l’Assemblée nationale a longtemps été perçue comme le poil à gratter du Président de la République. L’élue PPRD de Bumba a été la cause de la frustration de l’UDPS et ses alliés. Dans son propre clan politique, le FCC, elle passe pour un personnage qui aime jouer en solo.

«Mabunda s’est illustrée par son arrogance et sa gestion cavalière de l’Assemblée nationale», a estimé le député Delly Sessenga, proche de Lamuka. En réalité, le décor a déjà été planté pour la défénestration de Jeanine Mabunda mardi 8 décembre lors de la plénière d’installation du bureau d’âge devant examiner les pétitions contre elle et son équipe.

La guerre de nombre des députés qui apportaient leur soutien à la présidente de l’Assemblée nationale était pratiquement l’expression du dialogue d’un désaccord au sein de la famille politique de l’élue de Bumba. Sur les 305 ou 312 élus nationaux dont les déclarations appuyées par les listes étaient brandies urbi et orbi, 200 seulement ont voté contre la pétition. Où sont partis les 112 autres? Voilà la question qui mérite d’être posée. En réalité, les fidèles de l’autorité morale du FCC ne sont plus que 200. Conséquence: ils ne sont plus majoritaires dans l’Hémicycle.

Tino MABADA

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