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Me Dora Zaki (CAFCO) sur l’accord RDC-Ventora: «la RD-Congo a vraiment gagné dans cette affaire»

La Table ronde Présidence-Société civile a fait tomber tous les mauvais jugements qu’on avait sur signataires de cet accord, sur la ministre d’Etat en charge de la Justice et garde des sceaux, sur le président de la République et sur tous ses conseillers…

Des voix continuent à se lever pour saluer l’accord RDC-Ventora. Après sa participation à la Table ronde, Me Dora Zaki, coordonnatrice nationale de la Ligue des femmes juristes chrétiennes -LFJC- et membre du Cadre de concertation pour la femme congolaise -CAFCO, a aussi joint sa voix à celle d’autres acteurs de la Société civile pour témoigner en faveur de cet accord et en dire tout le bienfondé. Selon elle, cette rencontre a fait tomber tous les mauvais jugements qu’on avait sur les gens qui ont signé cet accord, sur la ministre d’Etat en charge de la Justice et garde des sceaux, Rose Mutombo Kiese, sur le président de la République et sur tous ses conseillers. «Vraiment tout a été clair et on nous a tout expliqué. Je crois que la population doit être confiante et faire aussi confiance au Chef de l’Etat parce qu’on sait tout ce qui se passe dans notre pays, ce qu’on a vécu. Néanmoins, rien n’empêche qu’on puisse lui faire confiance puisqu’on s’est rendu compte que cet accord est une bonne affaire pour la RD-Congo», dit-elle à la faveur d’un entretien avec la presse.

Me Dora Zaki est d’avis que «la RD-Congo a vraiment gagné dans cette affaire». Tout en reconnaissant le droit de ceux des leurs qui ont refusé de signer le communiqué conjoint de la Société civile, Me Zaki est convaincue qu’on ne peut pas faire les choses autrement quand il y a une clause de confidentialité. «Il y a des contrats ou protocole d’accord qui se signent entre le gouvernement et les particuliers même avec d’autres Etats qui ne sont pas sur la place publique jusqu’après 20, 50, 100 ans. Disons quand même quelque part qu’il y a de la bonne foi. Il y a le respect du citoyen RD-congolais», affirme l’avocate, jetant des fleurs à la Présidence de la République.

Pourriez-vous vous présenter s’il vous plait?

Je suis Me Dora Zaki, avocat au Barreau de Kinshasa/Matete. Je suis membre de la Société civile, coordonnatrice nationale de nationale de la Ligue des femmes juristes chrétiennes, membres de Cadre de concertation pour la femme congolaise -CAFCO.

Pour quelles raisons avez-vous participé à la Table ronde entre la Société civile et la Présidence de la République sur l’accord RDC-Ventora?

La Présidence a convoqué la Société civile pour lui présenter l’accord que la République a signé avec le Groupe Ventora de Dan Gertler étant donné qu’on en parlait trop à travers le pays. On voulait savoir la quintessence de cet accord et savoir ce qui y est retenu. C’est pourquoi la Présidence a appelé la Société civile pour lui donner cette information et partager avec elle autour de la question.

Quels sont les acteurs majeurs de la Société civile et ONG qui étaient présents?

Tous les acteurs qui étaient là, étaient majeurs. Il y avait la Présidence représentée par des hauts conseillers d’un côté et, de l’autre, la Société civile représentée par une trentaine d’ONG dont ODEP, RIGED et CAFCO. Il s’agissait des organisations de la Société civile qui œuvrent dans le secteur des mines, dans la gouvernance des ressources naturelles. 

Les discussions à cette table ronde étaient-elles ouvertes ou y avait-il des questions qu’il ne fallait pas aborder? Avez-vous vidé toutes vos préoccupations?

A vrai dire, au premier jour, puisqu’on ne savait pas ce qui adviendrait, chacun était venu avec son idée dans la tête et voulait entendre pour savoir réagir. Je parle particulièrement de moi et d’autres avec qui j’ai échangé. A notre grand étonnement, quand nous sommes arrivés, on a été surpris de voir la Présidence si ouverte et écouter toutes les reproches qu’on lui balançait.

On a échangé autour de l’accord en posant des questions. Comme nous sommes de la Société civile, nous représentons la base qui est la population, nous sommes la voix des sans voix. Tout ce que les autres ne peuvent pas dire, nous nous l’avons dit. On a pris leur place pour dire tout ce que l’on entend dans la rue, dans les bureaux. On a posé des questions, on a réagi. C’était vraiment à bâtons rompus.  Finalement, je dis qu’on a été satisfait.

L’accord vous a-t-il été présenté pendant la Table ronde?

Nous avons vu l’accord, c’était obligé pratiquement. Il fallait le faire pour que tout le monde comprenne car la Présidence s’est rendue compte que les gens ne comprennent pas. C’est pourquoi elle a fait appel à la Société civile. On a posé des questions, on a vu et on a réagi en demandant pourquoi pas avant et pourquoi pas après? On nous a répondu à toutes les questions posées.

Pourquoi avez-vous décidé de signer le communiqué final à la fin de la Table ronde? Qu’est-ce qui vous a convaincu dans cet accord? Avez-vous reçu des grosses enveloppes pour signer ce communiqué?

Personnellement je suis congolaise. CAFCO n’est pas une structure de moindre ici au Congo. CAFCO fait un travail des professionnels et ne baigne pas dans ses histoires là -NDLR: pot-de-vin. Quand CAFCO fait un travail, il le fait très bien. Il ne le fait pas pour de l’argent, on le fait parce qu’on veut que la femme congolaise puisse se retrouver.


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Que pensez-vous de l’attitude du CNPAV qui a refusé de signer le communiqué conjoint en demandant la publication pure et simple de l’accord comme l’exige la législation congolaise d’après eux?

C’est leur droit. On n’est pas obligé d’être tous d’accord. Avec ce qui se passe, c’est leur droit. Personnellement, je leur concède ce droit-là. Il y a dans ce protocole d’accord une clause de confidentialité où les deux parties se sont convenues de ne pas mettre cela à la portée du public. C’est de leur droit. Ils ont leurs bonnes raisons.

Ce n’est pas parce que quelqu’un vous a tendu la main que vous devez l’exposer. Un tel exercice ne se fait pas partout ailleurs. Ce n’est pas dans tous les Etats où les autorités ou la Présidence fait ce genre des choses. Il y a des contrats ou protocole d’accord qui se signent entre le gouvernement et les particuliers même avec d’autres Etats qui ne sont pas sur la place publique jusqu’après 20, 50, 100 ans.

Disons quand même quelque part qu’il y a de la bonne foi. Il y a le respect du citoyen congolais, qu’on se le dise. Si l’on peut faire appel à nous pour montrer l’accord alors qu’il y a une clause de confidentialité. On a pris un groupe restreint des gens qui sont dans ce secteur là pour leur présenter l’accord en disant que vous au moins vous allez expliquer aux autres. On a vu ça. Il ne s’agit pas d’un contrat mais d’un protocole d’accord. Vous voyez vous-mêmes, je ne peux pas juger des gens, je dis encore que c’est leur droit. Ils n’ont qu’à continuer dans leur combat, ils auront le résultat.

Que pouvez-vous dire à ceux qui refusent de soutenir cet accord qui a permis à la RD-Congo de récupérer des actifs miniers évalués à plus de 2 milliards de dollars?

Si je dois parler à la population congolaise et à ces gens-là qui sont contre, je vais commencer par dire que si autrefois on a fait confiance dans le combat qu’on a mené, qu’ils continuent à nous faire confiance parce que nous sommes la population. Seulement nous sommes là comme la voix des sans voix. Puisqu’eux ne peuvent pas aller là, nous les avons représentés. On ne peut pas brader les intérêts du Congo, notre pays. Donc, je vais leur dire qu’ils soient confiants. C’est la vérité, on a vu cela, la RD-Congo a vraiment gagné dans cette affaire. Ce n’est pas de la blague.


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Quelle suite pouvons-nous attendre après la signature de cet accord et le soutien apporté par plusieurs organisations de la société civile au gouvernement de la RD-Congo?

On a eu à émettre des recommandations. On a fait ces recommandations à la Présidence, au gouvernement dans notre déclaration et il y aura une suite. Je vous dis qu’on leur a fait remarquer qu’ils devaient commencer par ceci avant de signer ce protocole d’accord. Ce qui est fait est fait. L’essentiel est qu’on avance.

On leur a demandé qu’ils puissent respecter la procédure en la matière prochainement, qu’ils puissent impliquer la Société civile dans ce qu’ils feront pour que la population ait un regard dans le cadre du contrôle citoyen. Ils doivent toujours revenir auprès de la population pour rendre compte de tout ce qui se passe puisque ça concerne l’Etat congolais, donc le peuple congolais.

Il y aura une suite et je crois déjà que c’est bon comme ça. Ça fait tomber tous les mauvais jugements qu’on avait sur les gens qui ont signé cet accord, sur notre ministre d’Etat en charge de la Justice et garde des sceaux, Rose Mutombo Kiese, sur le Président de la République et sur tous ses conseillers. Bref, sur la commission qui a siégé pour faire ce travail là. Vraiment tout a été clair et on nous a expliqué. Je crois que la population doit être confiante et faire aussi confiance au Chef de l’Etat parce qu’on sait tout ce qui se passe dans notre pays, ce qu’on a vécu. Néanmoins, rien n’empêche qu’on puisse lui faire confiance puisqu’on s’est rendu compte que cet accord est une bonne affaire pour la RD-Congo.             

Avec Tino MABADA

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