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Matata vs députés: mort ou survie le 20 avril

Convoqué en vue de fournir ses réponses à la question orale avec débats de l’honorable député Crispin Mbindule après le rendez-vous manqué lors de la précédente session, le Premier ministre s’en va dresser le bilan de sa gestion et plonge dans les fourches caudines de l’Assemblée nationale dans un contexte de quasi explosif: relance de l’inflation, décélération du rythme de la croissance économique, crise de liquidité dans l’une de principales banques commerciales du pays, refus de baisser le prix du carburant à la pompe malgré la baisse sensible du prix du baril du pétrole sur le marché mondial, perspective de restriction du train de vie des institutions…
C’est une reddition des comptes. Rien d’autre. Une occasion propice pour le Premier ministre MatataPonyo de dresser le bilan de son action à la tête de l’Exécutif, où il est arrivé en main 2012, et de convaincre la Représentation nationale sinon se tirer une balle et compromettre ses chances de prétendre à un probable dauphinat ou de survivre au dialogue. Après avoir réussi à contourner le premier rendez-vous fixé le 12 décembre dernier par la Chambre basse où l’attendaient les honorables députés à la suite de la question orale avec débat de leur collègue Crispin MbinduleMitono sur le niveau d’exécution du programme d’action du gouvernement 2012-2016, le Premier ministre a vu le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku relancer le round dans une correspondance lui transmise le 2 avril. Ça s’annonce fatidique compte tenu du contexte socio-économique et des enjeux politiques.
Une épreuve en vue pour le chef du gouvernement: le 20 avril à 13h, la plénière de l’Assemblée nationale attend les réponses de MatataPonyo à la question orale du député MbinduleMitono sur le niveau d’exécution du programme d’action du gouvernement 2012-2016. C’est la première fois que le Premier ministre va se prêter à cet âpre exercice pendant près de 5 ans de gestion. Le rendez-vous lui a été annoncé dans une lettre du speaker, Aubin Minaku, le 2 avril, insistant sur le fait que cette question a été «versée comme matière prioritaire au cours de la Session ordinaire de mars en cours».
Le Premier ministre a réagi positivement et confirmé sa disponibilité à donner les éléments de réponse à la date ainsi arrêtée.La réponse de Matata à Minaku est contenue dans un courrier datant du 5 avril. Convaincra? Convaincra pas? La question est sur toutes les lèvres. Elle tire toute son importance de deux éléments.
D’une part, le contexte socioéconomique quasi explosif, caractérisé entre autres par la relance de l’inflation, la décélération du rythme de la croissance économique, la crise de liquidité dans l’une de principales banques commerciales du pays, le refus de baisser le prix du carburant à la pompe malgré la baisse sensible du prix du baril du pétrole sur le marché mondial… et la perspective de restriction du train de vie des institutions. A ces problèmes s’ajoute l’échec de la matérialisation de l’engagement du Premier ministre à élever la République Démocratique du Congo au rang de pays à revenu moyen en 2016.
D’autre part, la situation explosive sur le terrain politique, où s’affrontent les camps pro et anti-dialogue et où l’organisation des élections de 2016 parait de plus en plus hypothétique.Difficile d’établir et de dire qui est responsable ou coupable du déficit de financement du processus électoral et du retard pris dans la réalisation des questions techniques entre le gouvernement et la CENI, lesquelles nécessitent également d’importants moyens financiers.
Du coup, la plénière du 20 avril prend des allures cruciales. Matata se voit contraint à une reddition des comptes. Rien d’autre. De l’avis des analystes, le Premier ministre n’a pas de choix. Son face-à-face avec les députés pourrait être soit une occasion propice pour lui de dresser le bilan de son action à la tête de l’Exécutif, où il est arrivé en main 2012, et de convaincre la Représentation nationale. Soit un moment douloureux, pendant lequel il se tirerait une balle en plein cœur et compromettrait ses chances de prétendre à un probable dauphinat ou de survivre au dialogue qui se précise avec la nomination, le 6 avril, du Togolais EdemKodjocomme facilitateur.
AKM

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