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RDC : Matata Ponyo en résidence surveillée

L’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon vit son mandat de sénateur sous une énorme pression judiciaire. Après la première manche de la course-poursuite occasionnée par l’Affaire Bukanga-Lonzo à son avantage, la Justice a eu raison de l’homme à la cravate rouge à la faveur du deuxième acte suscité par le dossier des détournements présumés de fonds en rapport avec l’indemnisation des victimes de la Zaïrianisation. Mapon a été placé en résidence surveillée mardi 12 juillet 2021 après deux jours de son audition par le Procureur général près la Cour constitutionnelle.

Le sénateur Matata Ponyo s’est présenté lundi 12 juillet au Parquet près la Cour constitutionnelle à l’invitation du Procureur général de cette institution, Jean-Paul Mukolo Nkokesha. Après 5 heures d’audition, l’ancien chef du gouvernement était rentré à la maison, selon des sources bien renseignées. Revenu mardi pour la suite de l’audition, Matata n’a plus eu le bonheur de repartir libre comme la veille. Jean-Paul Mukolo Nkokesha a lancé les poursuites contre l’ancien Premier ministre pour des faits de détournements de fonds en rapport avec l’indemnisation des victimes de la «zaïrianisation», notamment les étrangers qui avaient été expropriés dans les années 1973 et 1974.

Selon le Procureur général ces faits remontent à l’époque où Matata étaient Premier ministre, entre 2012 et 2015. Dans le réquisitoire transmis au Bureau de la Chambre haute du Parlement le 24 juin, le Procureur général avait expliqué que Matata était soupçonné d’avoir conclu en 2011, lorsqu’il était ministre des Finances, un Protocole d’accord en vue de permettre au gouvernement de la République d’indemniser 300 anciens propriétaires de biens «zaïrianisés» au début des années 1970, sous le Président Mobutu. D’autres dossiers relatifs aux faits de détournements liés au dossier du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, figurent également sur la liste des préventions à charge du sénateur Matata. Le Procureur général près la Cour constitutionnelle a récemment obtenu du Bureau du Sénat la levée de ses immunités et l’autorisation de poursuites contre lui.

Compte tenu du secret d’instruction, aucune information n’a filtré sur le déroulement de l’audition débutée lundi ni sur le dossier traité. L’ancien Premier ministre a toujours rejeté toutes les accusations portées contre lui par le Procureur de la Cour constitutionnelle. Pour ses pourfendeurs, malgré le calme affiché depuis le début, Matata Ponyo a toujours évité de faire face à la Justice pour s’expliquer sur tous les soupçons qui pèsent sur lui. Ses partisans crient, pour leur part, à un acharnement politique en rapport avec les échéances de 2023, évoquant le sort subi par Vital Kamerhe, allié politique du Président Félix Tshisekedi condamné, lui, pour détournement des fonds destinés à la construction des logements sociaux des militaires, prêt à se pourvoir en cassation. 

Tino MABADA

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