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Léopards: Tshisekedi en passe d’écrire l’histoire

Aux portes d’un rêve planétaire, les Léopards entrent en scène. Ce mercredi 25 mars 2026, à 18h00, heure de Mexico-01h00 à Kinshasa, la République Démocratique du Congo affronte les Gombey des Bermudes au mythique stade Jalisco de Guadalajara.

Première confrontation de l’histoire entre les deux nations, ce match amical n’est pas un simple test: c’est la dernière répétition avant l’ultime rendez‑vous, six jours plus tard, pour un ticket direct vers la Coupe du monde 2026 face au vainqueur du barrage Jamaïque–Nouvelle‑Calédonie.

Enjeux sociaux et politiques 

«Ce match est bien plus qu’un thermomètre sportif», note un politologue congolais. «Il est devenu un enjeu d’image et de cohésion nationale. Pour Félix Tshisekedi, chaque but peut se lire en termes politiques». Le chef de l’État, qui a fait de la mobilisation populaire autour des Léopards une priorité, voit en effet dans le football un levier rare d’union dans un pays fracturé depuis des décennies.

La route des Léopards a été semée d’embûches. Après l’échec aux qualifications pour le Mondial 2018 où, sous Joseph Kabila, la République Démocratique du Congo avait buté sur la Tunisie, et la douloureuse élimination aux barrages face au Maroc en 2022, l’équipe semble aujourd’hui métamorphosée. Sébastien Desabre, arrivé à la tête du groupe, a remodelé l’effectif autour de cadres comme Chancel Mbemba, Cédric Bakambu, Arthur Masuaku et Meschak Elia, tout en injectant du sang neuf.

Le collectif a prouvé sa valeur lors des éliminatoires africains pour 2026: domination, opportunisme et parfois fragilité. Le 9 septembre 2025 à Kinshasa, les Léopards, pourtant leaders et dominateurs 2‑0 à la pause, ont concédé une défaite cruelle 2‑3 face au Sénégal. Mais la résilience a suivi: l’équipe a ensuite renversé tour à tour le Cameroun et le Nigeria dans les barrages africains, accomplissant deux exploits qui lui offrent aujourd’hui une deuxième chance, 52 ans après la participation au Mondial 1974 sous le nom de Zaïre.

«Sur le plan sportif, ce match contre les Bermudes doit permettre d’ajuster les automatismes et de libérer la pression», explique un observateur proche de la fédération. «Mais il faudra surtout mesurer la capacité des joueurs à gérer un contexte politique lourd et des attentes populaires écrasantes». Le ministre des Sports, Didier Budimbu, a orchestré une vaste campagne de mobilisation, touchant diaspora et communautés locales: la nation entière, toutes tendances confondues, se retrouve autour d’un espoir collectif.

Les enjeux dépassent le rectangle vert. Dans un pays où les divisions sont nombreuses, une qualification au Mondial servirait de caisse de résonance politique, un gain potentiellement exploitable par le pouvoir. «Le sport offre un récit fédérateur quand la politique échoue à le faire», observe un analyste politique. «Si les Léopards réussissent, la victoire sportive pourrait se transformer en dividende politique durable pour Tshisekedi». Reste l’essentiel: le jeu.

Pour tenir tête aux prétendants et franchir l’ultime marche au Mexique, Desabre devra résoudre les fragilités défensives visibles face au Sénégal puis à l’Algérie lors de la CAN au Maroc, tout en tirant le meilleur des individualités offensives. Les Bermudes, modestes sur le papier, joueront sans complexe et peuvent servir de miroir -ou de piège- pour une équipe en quête d’assurance. Quatre‑vingt‑dix minutes, puis six jours.

Les Léopards ont une dernière occasion de se préparer à écrire, peut‑être, la plus belle page sportive et politique de la République Démocratique du Congo depuis un demi‑siècle. «C’est une fenêtre d’opportunité historique», conclut un expert. «Pour le pays et pour ses dirigeants, le verdict tombera sur le terrain».

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