
Un moment de rassemblement. Vendredi 17 juillet, à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a reçu les représentants des confessions religieuses de la République Démocratique du Congo. Au terme des échanges, il a officialisé le lancement d’un dialogue national «apaisé, inclusif et résolument républicain». L’annonce a été faite par le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa et porte-parole des chefs religieux. «À l’issue de nos échanges et face aux enjeux, le Chef de l’État a levé l’option d’engager notre pays dans un dialogue entre les fils et les filles du Congo. Un dialogue inclusif, selon des modalités qui se préciseront chemin faisant», a-t-il déclaré.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des démarches déjà entreprises par le Chef de l’État auprès des présidents du Burundi et du Congo-Brazzaville, dans une volonté de renforcer la solidarité régionale.
L’unité nationale, fondement de la force du pays
Pour le Président Tshisekedi, l’heure est à la communion. «Notre pays a besoin de communion entre tous ses fils et toutes ses filles, d’unité pour être solide et fort face à l’agression rwandaise. Comment pouvons-nous faire face à une telle agression si nous sommes divisés entre nous, fils et filles du Congo?», a rappelé le cardinal Ambongo. Dans ce contexte, la préservation de l’unité nationale est présentée comme une priorité pour la défense des intérêts supérieurs du pays.
Le dialogue vise à «cimenter le front intérieur» et à mobiliser toutes les forces vives de la Nation: institutions, partis politiques, société civile, autorités coutumières, confessions religieuses et diaspora. Le Chef de l’État a réaffirmé son appel à l’adhésion de tous. «C’est à nous tous – ceux qui sont au pouvoir comme ceux qui sont dans l’opposition – de nous inscrire dans cette dynamique afin que cette initiative puisse aller de l’avant et produire des résultats pour le bien de tous les Congolais».
L’ambition du processus
Le gouvernement a immédiatement salué cette décision. Le même vendredi 17 juillet, à l’issue de la rencontre, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a tenu un briefing de presse pour exprimer le soutien de l’Exécutif à l’initiative présidentielle.Samedi 18 juillet, il a poursuivi sur X en saluant la position «sans ambiguïté» du cardinal Fridolin Ambongo sur l’agression rwandaise.
Pour le porte-parole du gouvernement, cette prise de parole «donne déjà le ton de la démarche du Président de la République, le rempart contre la balkanisation».
Patrick Muyaya a proposé que ces assises s’inspirent «un peu du modèle de la Conférence Nationale Souveraine», un moment historique de dialogue entre Congolais. Il a également annoncé qu’«un travail sera fait avec les confessions religieuses pour trouver les réponses et permettre à la diaspora de participer à ce grand rendez-vous national».
Le ministre a insisté sur la portée collective du processus: «L’enjeu ici, ce n’est pas le Président Tshisekedi, lui-même, héritier de cette situation. L’enjeu, c’est comment les Congolais de partout au monde arrivent à se mobiliser pour la paix et l’unité de notre pays».
En référence à l’homélie du cardinal, il a ajouté: «Le Cardinal a parlé au nom de nos pères de communion, d’unité entre filles et fils d’un même pays».
Les confessions religieuses, actrices d’un processus d’apostolat
La CENCO et l’ECC, qui appellent depuis plusieurs mois à des concertations nationales pour renforcer le consensus autour de la paix, ont salué l’initiative du Chef de l’État.
«Les chefs religieux ont salué la hauteur de vue du Président et accepté la mission qui leur est confiée. Ils se sont engagés à porter ce processus comme un apostolat, pour le grand bien du pays», a indiqué le cardinal Ambongo. Cette mission vise à accompagner les Congolais dans un esprit de dialogue, de pardon et de réconciliation. Les confessions religieuses mettront leur expérience et leur autorité morale au service de la réussite de ces assises. Le cardinal Ambongo a également remercié les chefs d’État du Burundi et du Congo-Brazzaville pour leur accompagnement et leur soutien à cette dynamique de paix et de solidarité régionale.
Un cadre républicain au service de la paix
Le Chef de l’État a levé l’option d’un dialogue entre Congolais. Le cadre sera «républicain» et «inclusif», avec des modalités qui seront précisées dans les prochains jours en concertation avec l’ensemble des acteurs. L’objectif est clair: offrir à tous les Congolais un espace d’expression pour renforcer la cohésion nationale, consolider la paix et définir ensemble les voies pour un avenir commun. Pour le gouvernement, ce dialogue doit également contribuer à «lever les motifs d’agression contre notre pays» et à permettre aux Congolais de «vivre enfin en paix et en sécurité».
Un appel au sursaut patriotique
En conclusion de leur déclaration, les chefs religieux ont lancé un message d’espoir: «Aux bons patriotes, aux forces vives et aux acteurs politiques de favoriser un sursaut patriotique face à cette épreuve que traverse la Nation». Avec cette initiative, le Président Félix Tshisekedi réaffirme sa volonté de rassembler. En s’appuyant sur les confessions religieuses et en associant l’ensemble des Congolais, y compris la diaspora, il ouvre la voie à un large moment de communion nationale. Les prochaines étapes consisteront à définir, avec les églises et toutes les composantes de la Nation, les modalités pratiques de ce dialogue afin qu’il reflète la diversité et l’unité du peuple congolais. Pour le Président de la République, le message est clair: unis, les Congolais sont plus forts. Le temps du rassemblement est venu.
YA KAKESA