
Task force, main de fer. Fatigué par l’insalubrité chronique, Félix Tshisekedi place Kinshasa sous régime spécial. Une task force paramilitaire pilotée par le Service national va désormais dicter la loi de la propreté. Kinshasa change de méthode. Le Président Félix Tshisekedi a tranché: fini les demi-mesures. À l’issue du 91ᵉ Conseil des ministres, il a annoncé la création d’une task force pluridisciplinaire dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la capitale, placée sous son autorité directe. Le commandement est confié au lieutenant général Kasongo Kabwik Jean-Pierre, patron du Service national. Un signal fort. On passe du civil au paramilitaire. L’objectif : injecter discipline, rapidité et autorité là où les mécanismes classiques ont échoué.
Tous les ministères rappelés à l’ordre
La task force ne sera pas un club fermé. Outre les experts de la Présidence et du Service national, elle intégrera des cadres désignés par l’Intérieur, la Défense, l’Urbanisme, la Santé, l’Environnement, les Infrastructures et l’Hôtel de ville de Kinshasa. Mission claire: élaborer et coordonner un plan spécial et permanent de salubrité. Plus de rafistolage. Une doctrine. «Cette situation préoccupante affecte gravement l’image de la capitale, la santé publique, l’environnement et le cadre de vie des Kinois. Elle ne peut être tolérée davantage», a martelé le Chef de l’État, selon le compte rendu lu samedi à la télévision nationale par le ministre de l’Économie numérique, Kibassa Maliba.
La méthode : allier discipline et résultats
Le Président a pointé les maux: manque d’anticipation, lenteurs opérationnelles, déficit de discipline. Sa réponse tient en 4 mots : discipline paramilitaire, responsabilité collective, culture du résultat, coordination renforcée. En clair, on gère Kinshasa comme un front. Les ministres concernés seront saisis directement par le directeur de cabinet du Président pour exécution immédiate. Pas de détour. Dans les prochains jours, une réunion de cadrage lancera officiellement la machine.
Zando : le déclic qui fâche
Le déclic ? Une ronde du Chef de l’État le week-end dernier aux alentours de Zando, le Grand Marché de Kinshasa. Constat: les montagnes d’immondices sont toujours là. L’image de la capitale écornée, les Kinois en otages.
Avec cette task force, Tshisekedi joue gros. Soit Kinshasa redevient respirable, soit l’échec sera politique. Le Service national a désormais carte blanche pour remettre la ville au pas.
