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L'ancien gouv' de la BCC, Masangu chassé de la présidence de l’UDCO

«Il a fait montre de mépris à l’endroit de hauts cadres du parti et de beaucoup d’amateurisme, de tribalisme outré en voulant donner au parti dans ses faits et gestes la coloration d’une association culturelle tribale et familiale», reproche le collège des fondateurs et co-fondateurs de l’UDCO à l’ex-gouv’ de la BCC
 
Jean-Claude Masangu Mulongo ne présidera plus aux destinées de l’Union pour le développement du Congo -UDCO. Il a été démis de ses fonctions au terme d’un congrès extraordinaire du parti tenu le samedi 20 mai 2017. Tant de griefs sont retenus contre l’ex-gouverneur de la Banque centrale du Congo. Notamment le népotisme, le clientélisme, l’égocentrisme et la complaisance dans la direction de l’UDCO et dans le traitement des dossiers de haute portée politique. La bonne réputation engrangée durant son fructueux mandat à la tête de la Banque centrale du Congo n’a pas su faire de Masangu un bon politicien. «Depuis la mort du camarade Banza Mukalay, initiateur de l’UDCO, Masangu gère le parti en solitaire après avoir mis à l’écart le collège des fondateurs», rapporte un membre du bureau national du comité directeur de l’UDCO.
 
 
A la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo a passé 16 brillantes années à sa tête avec un bilan élogieux. Ce crack du chiffre, géniteur du Francs congolais, a contribué, avec l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito et l’ancien ministre des Finances Athanase Matenda, à amener le pays au point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Passé de l’économie à la politique, Masangu, balbutiant, a manqué à son test d’admission. Un cuisant échec.
Une année seulement après avoir été investi autorité morale et président national de l’Union pour le développement du Congo -UDCO-, parti politique initié par feu Baudouin Banza Mukalay, il vient d’être éjecté du sommet du parti tel un fruit vert arraché par le vent. Au terme d’un congrès extraordinaire du parti tenu le samedi 20 mai 2017, une déclaration a annoncé sa déchéance ainsi que les raisons à la base. «Il a fait montre de mépris à l’endroit de hauts cadres du parti et de beaucoup d’amateurisme, de tribalisme outré en voulant donner au parti dans ses faits et gestes la coloration d’une association culturelle tribale et familiale», reproche le collège des fondateurs et co-fondateurs de l’UDCO à l’ex-gouverneur de la Banque centrale du Congo.
Népotisme, clientélisme, égocentrisme et complaisance dans la direction de l’UDCO et dans le traitement des dossiers de haute portée politique, sont, en plus, les griefs retenus contre Masangu. Il lui est également reproché «la pratique du mercenariat politique en procédant au recrutement d’opposants et en débauchant des cadres des partis amis aux fins de les déstabiliser et en voulant faire de l’UDCO une blanchisserie d’opposants politiques déguisés avec mission d’anéantir la force du parti en tant que l’un des fers de lance de la Majorité présidentielle». Les griefs abondent: «le culte de la personnalité et l’abandon de l’esprit de camaraderie et de solidarité entre les membres, et de la ligne nationaliste légués au parti par son initiateur, feu Banza Mukalay».
Certaines indiscrétions au sein du bureau national du comité directeur de l’UDCO rapportent, en outre, que depuis la mort de Banza Mukalay, le géniteur du Francs congolais gère le parti en solitaire après avoir mis à l’écart le collège des fondateurs. Avec 6 Députés nationaux, 2 sénateurs et une dizaine de députés provinciaux, le parti, l’une des principales formations de la Majorité présidentielle, a essuyé un échec politique à l’issue de la formation du gouvernement Tshibala, où il n’a même pas réussi à placer un vice-ministre. Pendant ce temps, on apprend que pendant les consultations, Masangu a concocté une liste de trois noms sur laquelle il a figuré en première et pôle position pour intégrer l’Exécutif national. Maitre Aimé Kilolo, avocat de Jean-Pierre Bemba, qui a des démêlées judiciaires, et une fille de l’ancien banquier ont complété cette liste aussi tôt rejetée au niveau de la MP.
Masangu déchu, le député national Joseph Mudumbi prend les rênes du parti. «Pendant cette période -de transition, ndlr- le leadership du parti sera assuré collégialement par le Bureau national du Comité directeur sous la direction du Premier vice-président national, le camarade Joseph Mudumbi», a précisé la déclaration de l’UDCO, soulignant que toutes les résolutions du premier congrès ordinaire du parti, tenu à Lubumbashi le 13 mars 2016, seront de stricte application. Masangu a été investi président national de l’UDCO le 21 juin 2016.
 
Laurent OMBA

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