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L’affaire LAC rebondit à la Chambre basse: Kalumba interpelé, texte intégral

KALUMBA
Le ministre des Transports est la cible du député national et président du MR qui le soupçonne de vouloir faire main basse sur le patrimoine des Lignes aériennes congolaises. L’élu de Tshimbulu dit avoir choisi la voie de l’interpellation afin de forcer le bureau et la plénière à la diligence
Le ministre des Transports et voies de communication Justin Kalumba Mwana Ngongo avait déjà réussi à échapper à une motion de défiance initiée par plus de 80 députés nationaux en mai dernier. Cette fois-ci, il est la cible du député national élu et réélu de Tshimbulu, Clément Kanku, qui a juré de le ramener, de gré ou de force, devant la plénière.
Ça urge. Le président du MR, un parti membre de l’Opposition, a déposé son texte le 18 novembre au bureau de l’Assemblée nationale, l’accusé de réception faisant foi. Il veut entendre le ministre des Transports sur le dossier Lignes aériennes congolaises -LAC-, entreprise publique contrainte à la liquidation par le gouvernement contre l’avis du Sénat, donc du Parlement. 
Concrètement, Kanku espère pouvoir recevoir de Kalumba des réponses sans équivoque sur la dissolution des LAC en violation de la procédure, des droits des travailleurs et des recommandations du Sénat. Il charge aussi le ministre du refus d’accorder une licence d’exploitation aux Lignes aériennes congolaises dans le but de faire obstruction à toute tentative tendant à relancer ses activités. L’élu trouve suspect que le ministre ait confié le processus de dissolution «à l’ancien Administrateur délégué devenu, comme par enchantement, directeur commercial et de marketing de Congo Airways…».
Plus incisif, Kanku estime, par ailleurs, que la responsabilité du ministre Kalumba est «fortement engagée» dans «les récentes tentatives du bradage du patrimoine de cette compagnie dont l’aéronef Boeing 737-200 9Q-CLG, déplacé de son hangar vers une destination bien connue par le ministre».   
Les charges du député Kanku corroborent celles du personnel des LAC relayées dans ces mêmes colonnes.  Ces derniers jours, cadres et agents de cette entreprise ont fait état de la vente manquée de l’immeuble du siège ainsi que quatre autres villas des LACS et des mouvements suspects autour du Boeing 737-200 lui appartenant, désormais déplacé du hangar technique vers le pavillon présidentiel.
Kanku dit disposer de plusieurs informations sur les manœuvres entreprises par le gouvernement pour aliéner l’important patrimoine des LAC. En état d’alerte pour ce dossier, le représentant du peuple dit avoir choisi cette forme de contrôle parlementaire pour amener le bureau et la plénière à faire diligence. Texte intégral de l’interpellation.
AKM
Interpellation au ministre des Transports et voies de communication
Monsieur le ministre,
A la date du 13 mai 2015, je vous ai adressé une Question écrite sur la création d’une compagnie aérienne nationale et sur la situation des Lignes aériennes congolaises -LAC-, ainsi que le sort réservé à ses agents après sa dissolution. Autant votre réponse a retenu mon attention, autant son contenu ne m’a pas du tout satisfait. C’est pourquoi, en vertu des Articles 100 et 138 de la Constitution, 165 et 184 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, je vous adresse cette interpellation afin d’éclairer la Représentation nationale sur cette situation.
En effet, le gouvernement avait pris la décision de dissoudre les Lignes aériennes congolaises afin de créer une nouvelle compagnie aérienne «Congo Airways». Mais cette dissolution n’a pas respecté la procédure en la matière, aussi bien les lois de la République que les Traités et Accords internationaux ratifiés par la RD-Congo. Même les recommandations faites à travers les Concertations nationales et dernièrement par le Sénat de la République, ont été superbement ignorées par le ministre des Transports et voies de communication.
Cette dissolution qui intervient de façon cavalière n’a tenu compte ni des droits de travailleurs et leurs familles, ni des efforts fournis par eux pour sortir leur compagnie de cette léthargie, le cas de l’acquisition par cette compagnie d’un aéronef prêt à être exploité n’eût été le refus du ministre à leur accorder une licence d’exploitation ainsi que tous les autres mécanismes mis en place par le ministère pour faire obstruction à toute tentative tendant à relancer les activités de cette compagnie. Cet acte est donc antisocial pour avoir plongé dans la précarité des nombreuses familles. Le fait de confier cette dissolution à l’ancien Administrateur délégué, devenu comme par enchantement Directeur commercial et marketing de Congo Airways, laisse perplexe plus d’une personne.
Les récentes tentatives du bradage du patrimoine de cette compagnie dont l’aéronef «Boing 737-200 9Q-CLG» déplacé récemment de son hangar vers une destination bien connue par le ministre, participe à cette volonté de faire main basse sur ce patrimoine; ici la responsabilité du ministre est fortement engagée.
En espérant recevoir cette fois-ci des réponses claires aux préoccupations de tous ces agents des Lignes aériennes congolaises, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations patriotiques.

Kinshasa, le 18 novembre 2015

Honorable KANKU BUKASA Clément

 

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