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LAC : Kalumba et Munga coincés en justice

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Regroupés au sein du Collectif dénommé Défense des droits des agents et cadres de Lignes aériennes congolaises -DAC-ONG-, ces travailleurs qui ont une grande confiance en la justice du pays, ont assigné la République Démocratique du Congo et LAC-Sarl devant le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Gombe avec le concours de leur conseil le Bâtonnier national Mbu ne Letang, avocat à la Cour suprême de justice, empêchant, du coup, la procédure de liquidation du patrimoine de leur entreprise.
 
Existe-il une entreprise publique dissoute ou liquidée dont les travailleurs ont déjà été désintéressés correctement par l’Etat congolais? La réponse n’est pas aussi aisée à donner. Dans la mémoire collective des anciens sociétaires des unités de production de l’Etat, rarissimes sont les cas où ces dossiers ont été menés à bon port. A ce jour, nombreuses sont les personnes qui continuent d’user leurs talons pour recouvrer des créances hypothétiques de leur mise en retraite ou de la fin brutale de leurs contrats de travail dans les entreprises dissoutes.
Dans la plupart des cas, toutes ces créances sont versées dans la chemise des oubliettes des dossiers de la dette publique dont le paiement a toujours constitué le dernier des soucis des argentiers du gouvernement.
Assignation en justice de l’Etat congolais et de LAC-Sarl
«Chat échaudé craint l’eau froide», stipule un adage. Les agents et cadres de LAC-Sarl en ont vu de toutes les couleurs dans leur longue carrière en aviation civile. Ces derniers détiennent le savoir, le savoir-faire et une expertise exceptionnelle en aéronautique civile. Ils tiennent ainsi mordicus à s’entourer de toutes les précautions d’usage en vue d’éviter de se laisser emporter par les eaux tumultueuses des illégalités entourant la décision de dissolution et liquidation de leur Société.
Cette décision du gouvernement a, en effet, été  prise en violation de l’article 14 de la Loi n° 12/009 du 30/12/2012 modifiant la Loi n° 08/007 du 07/07/2008 portant dispositions générales relatives à la transformation des Entreprises publiques et l’article 201 al 2 de l’Acte Uniforme relatif au droit de société et groupement d’intérêt économique.
Regroupés au sein du Collectif dénommé Défense des droits des agents et cadres de Lignes aériennes congolaises -DAC-ONG-, les agents et cadres qui ont une grande confiance en la justice du pays, ont assigné la République Démocratique du Congo et LAC-Sarl devant le Tribunal de Commerce de Kinshasa./Gombe avec le concours de leur conseil le Bâtonnier national Mbu ne Letang, Avocat à la Cour suprême de justice -CSJ.
 
Opposition à toute vente ou liquidation des biens immobiliers et mobiliers de LAC-Sarl
Consécutivement à cette action en justice, les agents et cadres de LAC-Sarl s’opposent une fois de plus à toute vente ou liquidation des biens immobiliers et mobiliers de LAC-Sarl. Coinçant du coup la ministre du Portefeuille Louise Munga et son collègue des Transports Justin Kalumba, ces travailleurs blasés mais vigilants attirent l’attention particulière des membres du Comité de liquidation illégalement mis en place qui s’organiseraient pour la vente de certains biens de LAC-Sarl à vil prix à leur profit.
Attendu que ces travailleurs constituent la catégorie des créanciers privilégiés, la requérante «DAC-ONG» indique dans le même sens que toute vente à intervenir sur l’aéronef Boeing 737-200 9Q-CLG «Amani» ne pourrait lui être opposable. Ainsi tout acte d’aliénation présent et à venir est nul et donc non opposable au Collectif des travailleurs de LAC-Sarl.
Pourquoi les agents et cadres de la Compagnie aérienne nationale s’accrochent-ils tant à ce patrimoine? La consistance des biens mobiliers et immobiliers dont dispose le «Léopard volant» original, lui attire beaucoup de convoitises de la part des opérateurs aériens, économiques,  politiques de tout bord qui ne s’en cachent pas. Voilà la vraie cause à peine voilée et non perceptible aux profanes de tant d’acharnement des tireurs de ficelles dans l’ombre pour rayer à tout prix LAC-Sarl de la liste des exploitants aériens.
En plus des infrastructures techniques de base, équipements et matériels du transporteur aérien national, au fil des décennies, certains gestionnaires avisés ont beaucoup investi dans l’immobilier autant dans la capitale que dans la plupart des chefs-lieux des anciennes provinces de la République. Les structures des ventes et d’exploitation y sont logées. Ceci fait que tout exploitant aérien tant privé qu’étranger est tenu de recourir à l’expertise des travailleurs de LAC-Sarl et à l’utilisation de ses équipements disséminés à travers les différents aéroports sur toute l’étendue du pays pour espérer recevoir un service de qualité et ainsi exploiter dans les normes.
 
Tout peut repartir à tout moment!
Les travailleurs de LAC-Sarl continuent de veiller au grain. Ils demeurent convaincus que tout peut repartir à tout moment pour autant que leur Entreprise soit dotée d’un management crédible, responsable et avisé. Le patrimoine immobilier et mobilier de LAC-Sarl constitue aussi à cet effet un gage de sécurité nécessaire en plus d’autres atouts majeurs.
Toutefois, il y a un mais… La présence du Boeing 737-200 9Q-CLG «Amani» sur la bretelle du tarmac de l’aéroport international de N’Djili continue d’alimenter les conversations dans les milieux de la profession. Lorsque cet avion est sorti du hangar technique sur injonction d’un super conseiller ayant l’aviation civile dans ses attributions, beaucoup de travailleurs de LAC-Sarl se sont arrachés les cheveux dans la crainte de l’inconnu sur l’affectation, l’utilisation ou l’aliénation éventuelle du Boeing 737-200.
Cet outil de production représente beaucoup aux yeux des aviateurs. Car au moment où l’Etat unique propriétaire avait d’autres priorités au point d’abandonner le «Léopard volant» à son triste sort, beaucoup de dirigeants, voire des ministres ayant la tutelle technique dans leurs attributions, ont embouché la trompette de la fatalité. «Laissez LAC mourir de sa belle mort!», entendait-on souvent de la bouche de certains locataires de l’immeuble du boulevard du 30-Juin.
Renonciation des travailleurs à 85% d’arriérés
Pour tordre le cou à ce défaitisme outrageant, les travailleurs de LAC-Sarl ont accepté de se priver de plusieurs mois de salaires pour constituer les fonds nécessaires à l’acquisition de cet aéronef ainsi qu’au financement des travaux de révision technique générale à Perpignan, en France.  Et cela, sans un quelconque décaissement des fonds de la part de l’Etat unique propriétaire.
Bien avant cela, ces mêmes sociétaires du transport aérien national se sont résolu à renoncer à 85%de leurs arriérés de salaires et autres avantages divers (plus de 120 millions de dollars américains) pour rendre leur compagnie attrayante aux investisseurs potentiels et crédibles qui pullulent dans la profession et disposés à cheminer ensemble avec le «Léopard volant» pour assurer sa remise progressive à flots. Ceci constitue un geste patriotique à nul autre pareil.
Le Comité de pilotage de la réforme des Entreprises publiques, Copirep, se proposait même de faire appliquer cette «cure de cheval» aux nombreuses Entreprises publiques précipitées dans l’abîme par l’Etat propriétaire. Les anciens mandataires de LAC-Sarl géniteurs de cette ingénieuse idée ont reçu des encouragements de la part des responsables du Copirep. Il en est de même de certaines grandes structures internationales basées aux Etats-Unis d’Amérique qui n’ont pas hésité à décerner des diplômes à LAC-Sarl pour cette merveilleuse trouvaille visant à sortir la Compagnie aérienne nationale du gouffre et faire renaître l’espoir dans les rangs des membres de son personnel.
 
Une volonté politique à peine voilée d’envoyer plus de 1.600 travailleurs au chômage forcé
Curieusement, en lieu et place des remerciements attendus de la hiérarchie, c’est la guillotine qui a été proposée aux mandataires et aux agents et cadres coupables d’initiatives aussi téméraires. De quoi se demander pourquoi cet acharnement contre les intérêts de l’instrument désigné de l’Etat congolais dans les différents accords aériens conclus par la RD-Congo.
Certains analystes politiques ne vont pas par quatre chemins lorsqu’ils affirment avec fermeté que LAC-Sarl est victime d’une décision politique arrêtée dans les hautes sphères. L’examen approfondi de ce dossier projette à l’écran une réelle volonté politique d’envoyer à tout prix plus de 1.600 travailleurs au chômage forcé et le «Léopard volant» à la trappe.
Aucune disposition légale ni économico-financière ne peut justifier une telle mesure. Au moment où tous les pays membres des Nations Unies sont invités à protéger et promouvoir l’emploi pour combattre la pauvreté sous toutes ses formes, l’on ne peut que s’étonner devant les injonctions irrationnelles de certains membres du Gouvernement foulant aux pieds les lois tant nationales qu’internationales ainsi que les recommandations pertinentes des Concertations nationales et celles récentes du Sénat en faveur de la réhabilitation, modernisation et relance de Lignes Aériennes Congolaises.
KISUNGU KAS

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