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Kokonyangi suggère le référendum à l’Opposition

Kokonyangi, Secrétaire général adjoint de la Majorité présidentielle -MP-, reste égal à lui-même. Esprit toujours alerte, visionnaire et rigoureux, le président du groupe parlementaire AFDC et alliés s’est montré très ouvert et solidaire envers sa famille politique dans un entretien avec la presse. S’il y a ceux qui pensent que la politique se gère avec des sentiments et des émotions, Kokonyangi voit la chose autrement. Il fonde sa conviction sur le fait qu’on doit toujours faire tout sur la scène politique en usant de la connaissance et en se référant aux faits et au droit. La date du 26 mai 2016 est pour ce député national le temps de prendre un nouveau départ à l’approche des échéances électorales. Pour ce professeur de Géologie à Tokyo, la problématique de l’arrêt de la cour constitutionnelle est déjà réglée par l’article 168 de la Constitution. Il ne sert à rien d’en débattre longuement. L’élu de Pangi, dans la province du Maniema, estime que si l’Opposition n’est pas d’accord sur cette Constitution, que l’on procède au référendum.
L’Opposition était dans la rue ce jeudi 26 mai 2016 avec le slogan «Ne touchez pas à la Constitution». Avez-vous envie de changer cette Constitution?
En ce qui concerne la Constitution, je dis qu’on ne gère pas les affaires de l’Etat avec des émotions, des sentiments ou des supputations. J’ai un cœur très touché par le comportement de l’Opposition en RD-Congo. Il y a un temps, elle a lancé le slogan «Touche pas à ma Constitution». Vous vous souviendrez qu’en janvier 2015, des personnes sont mortes parce que l’Opposition a tenté d’être protectrice de la Constitution. Aujourd’hui, à cause de l’arrêt de la Cour constitutionnelle, la même Opposition politique a marché contre celui-ci. Cela veut dire que l’Opposition a marché contre l’article 168 de la Constitution de la République. L’Opposition a donc violé la Constitution, qu’elle se doit de respecter. Pourtant, elle ne se fatigue pas de crier à cor et à cri la protection et le respect de la Constitution. L’Opposition s’est contredite en moins de deux secondes. Nous demandons à l’Opposition de nous dire clairement si la Constitution en vigueur ne répond plus aux aspirations du peuple. Devant l’opinion nationale et internationale, l’Opposition a montré que la Constitution n’est plus utilisable. Si tel est le cas, nous allons la changer en proposant de procéder au référendum.
Quelle est votre réaction par rapport à l’arrêt de la Cour constitutionnelle?
Je dois vous avouer que l’arrêt de la Cour constitutionnelle a fait couler beaucoup d’encre et de salive. D’abord, je dois clairement informer la population RD-congolaise que la requête en interprétation des députés nationaux n’est pas une démarche des seuls députés de la Majorité. Sur les 286 signatures l’ayant accompagnée, 53 sont venues des députés de l’Opposition politique. Or, 50 signatures suffiraient pour introduire cette requête à la Cour constitutionnelle. Cela veut dire que les signatures des députés de l’Opposition suffisaient pour initier cette démarche. La requête a été introduite en républicain, cette démarche étant prévu par la Constitution. En tant que députés nationaux, élus direct du peuple, nous sommes allés consulter la chambre habilitée à interpréter la Constitution pour commenter les articles qui prêtaient à confusion entre acteurs politiques. Il s’agit notamment des articles 70, 103,105 et 197 de la Constitution. Ce, pour mettre fin à cette interprétation erronée sur les mandats des institutions de la République. Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, aux autorités civiles et militaires ainsi qu’aux particuliers.
La machine dialogue semble être bloquée. Est-ce que le dialogue aura-t-il lieu?
Aussitôt, le facilitateur a demandé aux partis politiques de lui transmettre des listes pour la composition du Comité préparatoire, la MP a transmis la sienne auprès d’Edem Kodjo. Ce, sans contestation ni retard. Comme toujours, l’Opposition traine les pas jusqu’à ce jour. Nous n’avons pas une Opposition responsable. Sinon, les travaux allaient déjà démarrer au niveau du Comité préparatoire. C’est le préalable avant le début de ce forum. Nous espérons que les compatriotes vont amener leur liste pour qu’enfin les RD-congolais se réunissent en comité préparatoire en prévision de cet important forum.
Pensez-vous que les élections auront lieu en 2016? Si oui, où en sommes nous?
Les préparatifs vont bon train. Je salue le gouvernement pour la mobilisation des moyens à la disposition de la CENI pour la préparation des élections. Vous êtes d’accord que la CENI est en train de se déployer. Elle a fait un test pour l’enrôlement des électeurs dans le Kongo Central. La CENI met en place tous les moyens pour commencer le processus d’enrôlement des électeurs à travers le pays. Tout ceci parce que le gouvernement de la RD-Congo s’est assigné comme objectif d’aller aux élections. Et la MP est prête pour les élections. Nous sommes en train de nous préparer pour l’enrôlement massif de tous les membres. Nous attendons le coup de sifflet de la CENI pour nous jeter dans la bataille. Nous allons encore infliger une gifle à l’Opposition politique comme ce fut le cas aux élections des gouverneurs. Ils vont mordre la poussière. Le peuple est fatigué des élections qui commencent par le sommet, car au lendemain des scrutins, tous les élus logent à Kinshasa et la population à l’intérieur reste orpheline. Nous en avons marre. En tant que responsable, nous avons décidé de commencer les élections à la base puis le sommet. Exactement comme l’on construit une maison. On part de la fondation à la toiture et non l’inverse. En conclusion, la MP attend à bras le corps les élections et elle attend les gagner à tous les niveaux. Seulement, nous voulons que les élections se passent dans l’ordre pour respecter la population RD-Congolaise.
Un message à la population et à la classe politique.
Au peuple RD-congolais, je demande de ne pas se laisser distraire. La MP comme l’Opposition républicaine, nous nous préparons pour le dialogue inclusif. Cela pour avoir des élections apaisées et crédibles. Je lui dis aussi que la démocratie a des exigences en termes de rigueur, de responsabilité, de vision politique et surtout de quête permanente des équilibres qui conduisent à la paix des cœurs. Un pays à gouvernance démocratique à trois parties qui couvrent une seule et même réalité anthropologique et sociopolitique. Je cite le gouvernement, l’Opposition et la Société civile. Ces trois parties ont chacune un rôle classique leur reconnu à travers les âges et les espaces. C’est aussi la vision claire et ferme du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange qui veut que tous les RD-Congolais se fassent une conviction tout aussi ferme. Je souhaite que chaque partie puisse parfaitement cerner son rôle et l’exécuter correctement dans un lien de confiance, d’estime mutuelle et de cohésion et enfin de respect strict des règles du jeu. C’est le prix à payer pour notre crédit vis-à-vis de l’extérieur qui nous regarde.
Une interview réalisée par Bijou KULOSO

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