
Dans un contexte de trafic urbain difficile, Jésus-Noël Sheke, fraîchement nommé ministre provincial des Transports et de la Mobilité urbaine suite à un réaménagement technique du gouvernement provincial de Kinshasa le 15 octobre, a pris des mesures dès le lendemain de sa prise de fonction. En plus de gérer les questions de Plan, budget, emploi et tourisme, Sheke s’emploie à apporter sa touche, comme un ministre actif, avec une volonté manifeste d’assainir un secteur des transports où le désordre et la multiplication des acteurs peu scrupuleux ont la peau dure.
Dès le 17 octobre, il a ordonné un audit général pour examiner tous les contrats et partenariats liés aux transports dans la ville. Cette démarche vise à contrôler les entreprises et les partenaires impliqués dans la collecte des recettes et les projets d’infrastructure, tout en garantissant la transparence et le respect des réglementations. Sheke a souligné l’importance de protéger l’intérêt public et d’assurer une gestion rigoureuse des ressources provinciales.
Alors que son initiative de transparence a été largement saluée, il a promis de faire disparaître les pratiques douteuses entourant la gestion des taxes de stationnement et de circulation. Le 29 octobre, il a annoncé deux décisions marquantes: la résiliation de tous les contrats avec les entreprises chargées de la perception de ces taxes et l’interdiction aux sociétés de les percevoir pour la ville. Une nouvelle procédure de collecte sera mise en place à partir du 15 novembre 2025, avec une période transitoire en attendant. Sheke a insisté sur le fait que, depuis ce jour, aucun prestataire n’est autorisé à recouvrement ces taxes dans la capitale.
Mettre fin au phénomène du «demi-terrain»
Dans un second communiqué le même jour, Sheke a élaboré son plan de redressement en rappelant l’importance de respecter la grille tarifaire des transports en commun, conformément à un arrêté en vigueur, en attendant de nouvelles tarifications imminentes suite à la récente appréciation du franc congolais. Démontrant sa fermeté, il a déclaré la guerre aux transporteurs qui ne respectent pas les tarifs établis et s’attaquent au phénomène du «demi-terrain».
Des amendes dépassant 2 millions de francs seront appliquées pour ces infractions, accompagnées de la mise en fourrières des véhicules concernés. Il a également confirmé l’interdiction d’accès des motocyclistes dans la commune de Gombe, une mesure visant à garantir l’ordre public et la sécurité dans cette zone d’affaires, bien que certaines exceptions soient accordées aux livreurs professionnels sous autorisation.
Une vision de modernisation et d’assainissement
Pour élargir sa vision de modernisation des transports urbains, Sheke prévoit d’introduire des cartes professionnelles pour les conducteurs de taxis-motos et autres. Ce permis de transport public, basé sur un système de points, visera à responsabiliser les conducteurs tout en concrétisant un cadre réglementaire. De plus, ces cartes pourraient impliquer une souscription à la Caisse nationale de sécurité sociale -CNSS- pour garantir des retraites. Les actions de Jésus-Noël Sheke ressemblent ainsi à un premier pas significatif vers une réforme profonde du transport public à Kinshasa, mêlant audits, régulations, sanctions et mesures de sécurité sociale pour les conducteurs en vue de garantir une gestion plus efficace.
WIDAL
