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Kinshasa au cœur d’un lynchage médiatique

Kinshasa et ses autorités ont, ces derniers jours, été la cible des sanctions et rapports les incriminant et les plaçant au cœur d’une mauvaise gestion dont seuls les auteurs en connaissent le fond. Aux yeux des analystes, toutes ces opérations, soupçonnées d’être motivées par un pot-de-vin, ne visent qu’à déstabiliser Kinshasa dont l’action diplomatique s’est soldée par des victoires historiques tant à Genève, Addis-Abeba, Luanda qu’à Dar-es-Salam. Après des sanctions infligées aux autorités tant politiques que militaires, c’est une campagne médiatique houleuse orchestrée par des ONG comme Global Witness et Groupe d’étude du Congo -GEC-, sœurs de Transparency international, Human rights watch, Amnesty international, International crisis group, Reporters sans frontières, etc.
Les rapports et analyses de ces ONG sont remis en cause par des fins limiers présentant Georges Soros, milliardaire américain d’origine hongroise, comme l’homme-orchestre de toutes ces opérations. A la suite de «Jeune Afrique», ils font savoir que Global Witness est l’une des principales organisations financées par la Fondation de Soros et signifient: «quand on consulte son site Internet, la première information à laquelle on accède est celle-ci: cela fait vingt ans que Global witness mène des campagnes pionnières contre les conflits et la corruption liés aux ressources naturelles ainsi que contre les violations des droits environnementaux et des Droits de l’homme qui y sont associées… Nos travaux ont ainsi révélé qu’au lieu de bénéficier aux citoyens d’un pays, l’abondance de ressources naturelles -bois, diamants, minerais et pétrole, entre autres- peut encourager la corruption, déstabiliser les gouvernements et causer des guerres. À travers nos enquêtes, nos travaux de plaidoyer et nos campagnes, nous cherchons à identifier des solutions à la malédiction des ressources pour permettre aux citoyens de pays dotés de ressources abondantes de profiter d’une manière équitable de la richesse de leur pays».
La RD-Congo, élément essentiel des intérêts américains en Afrique
Pour ces analystes, Global witness tait l’intérêt porté par George Soros sur les mines en Afrique. Bien avant eux, «Jeune Afrique», dans l’une de ses récents numéros, note: «les mines africaines ont également fourni à Soros l’occasion de réaliser un autre de ses plus beaux coups financier. Au début de 2016, il achète 19,41 millions d’actions du minier Barrick Gold -notamment au Mali, au Burkina, au Kenya et en Tanzanie à travers sa filiale Acacia Mining- puis en revend 94% alors que l’action a grimpé de 191,46%. Il effectue une plus-value nette de 127 millions de dollars en 90». Selon une certaine langue, cette révélation de «Jeune Afrique» fait éclater la vérité selon laquelle Soros n’a d’emprise directe et réelle ni sur la RD-Congo ni sur le pré-carré présidentiel.
«Il n’a pas mis Joseph Kabila dans sa poche», argumente-t-on. Puis: «cela rend Soros frustré tant il sait que l’analyse de Bill Richardson est avéré». Cette analyse avance que la RD-Congo est un élément essentiel des intérêts américains en Afrique, car elle renferme des opportunités économiques énormes. Chiffre à l’appui, son analyse estime que la RD-Congo renferme 13% du potentiel hydro-électrique mondial, 28% des réserves mondiales de cobalt, 18% des diamants industriels, 6% des réserves de cuivre, de riches terres agricoles, une talentueuse et industrieuse force de travail, la moitié de la forêt équatoriale africaine. De cette manière, Richardson présente le pays de Kabila comme un moteur de croissance de l’Afrique. «Il -le Congo, ndlr- est un pont entre les économies en voie de développement dans le sud et l’est de l’Afrique, et les nations pauvres de l’Afrique centrale. La stabilité du Congo signifie la stabilité pour la plus grande partie de l’Afrique». Et les observateurs de déceler: «quoi de plus normal pour un trader de la trempe de George Soros, à la tête d’une fortune évaluée à USD 25 milliards, de jeter son dévolu sur la RD-Congo en attaquant ses institutions comme il le fait via ses réseaux et sa Fondation, Open society institute».
Une campagne médiatique sous le couvert du GEC et de Global Witness
ONG internationale financée par Soros, l’ICG, dans son rapport Afrique n°2255 du 5 mai 2015 intitulé «Congo: l’alternance démocratique est-elle possible?», préconise la révision de l’aide publique et du mandat de la MONUSCO si le président et le gouvernement continuent de tergiverser sur le respect de la limite de deux mandats. Deux ans après ce rapport, Jason Stearns, ancien analyste senior de l’ICG et responsable du GEC, a réalisé un sondage évaluant les force des acteurs politiques RD-congolais au moment où la situation politique reste tendue et la crise persistante. Le résultat de ce sondage, réalisé avec le concours de l’université de New York et Berci d’Olivier Kamitatu, expose la chute de la popularité du Président Joseph Kabila et la montée spectaculaire de celle de Moïse Katumbi, faisant passer ce dernier pour la personne idéale en vue de remplacer Etienne Tshisekedi à la tête du CNSA, le favori à la prochaine présidentielle au cas où les élections se tenaient en ce moment-là. «Dans un environnement politique où tout est désormais calcul, le choix des dates est significatif.
La campagne médiatique exécutée sous le couvert du GEC et de Global Witness s’est focalisée sur les dates comprises entre le 19 et le 22 juillet 2017 retenues respectivement pour la réouverture du dossier Moïse Katumbi à Lubumbashi et pour le conclave de la frange Katumbiste du Rassemblement. Résultat, au terme du conclave, les participants ont exigé l’abandon des poursuites judiciaires contre l’ex-gouverneur du Katanga», dénotent ces observateurs. Puis: «la campagne orchestrée avec des révélations pour lesquelles aucune occasion n’est donnée aux personnes incriminées de s’exprimer -c’est le cas d’ailleurs avec les sanctions occidentales à l’encontre des officiels RD-congolais en charge des questions politiques et sécuritaires- a tout d’une opération conçue pour une double pression en externe et en interne».
Soros, le corrupteur?
En premier, Soros est, selon les mêmes analystes, soupçonné d’utiliser tous les moyens dont il dispose pour provoquer des alternances à son profit. Parmi ces moyens, poursuivent-elles, des ONGDH, des Think tanks, des fondations, des médias, des mouvements pro-démocratie, des universités, des instituts de sondage, des églises, etc. financés moins pour les principes nobles d’Etat de droit, de démocratie et de Droits de l’homme que pour la perpétuation de la domination étrangère sur le pays. Ils croient dur comme fer que Global Witness, GEC et Bloomberg pratiquent la corruption en surfant sur les difficultés économiques et sociales que traverse le pays. «Ils se savent pourtant au service des maîtres du marché international des matières premières des pays sous-développés, premiers et principaux responsables de la dégradation des termes de change et d’échange», estiment-ils. Et d’appeler: «à l’opinion avisée de chercher à savoir pourquoi cette corruption, si ce n’est pour préserver les intérêts de leurs propres sponsors».
Ya KAKESA

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