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Kindu, la destination favorite de notre premier ministre : un triste record de Matata Ponyo

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Les anciennes provinces de l’Equateur et du Kasaï Oriental ont été rayées de la carte sans avoir reçu une seule visite du Chef du gouvernement. Si le Sud-Kivu peut encore retenir son souffle, le Maniema, précisément son chef-lieu, a eu le rare privilège de l’avoir déjà accueilli pas moins de 5 fois entre 2012 et 2015… Une prouesse que seule Lubumbashi peut lui disputer
 
Kindu, le chef-lieu du Maniema, passe pour la destination favorite du Premier ministre à l’intérieur de la République Démocratique du Congo. Depuis son entrée en fonction en mai 2012 jusqu’en décembre 2015, Matata Ponyo y a déjà séjourné pas moins de 5 fois contre une seule à Kananga et Kisangani -escale-, et rien à Mbuji-Mayi, Bukavu et Mbandaka. Déséquilibre.   
 
Matata Ponyo aime le Maniema. Comme Aubin Ngongo Luwowo, Athanase Matenda, Alexis Thambwe Mwamba ou Barnabé Kikaya Bin Karubi. C’est la province commune. C’est plutôt une qualité. Mais un détail: il est le Premier ministre de la République Démocratique du Congo et non un gouverneur de province. Ses visites régulières au Maniema, aux frais du contribuable congolais, ont fini par intriguer. Et pour cause: outre les missions à l’étranger et dans l’ex-Bandundu, précisément dans le Kwango où il inspecte le projet Bukangalonzo, Kindu dans le Maniema est l’une des destinations favorites du Premier ministre, chef du gouvernement, depuis son investiture en main 2012. Il s’y est déjà rendu pas moins de 5 fois contre une fois à Kananga, dans l’ex-Kasaï Occidental, et rien pour l’ex-Kasaï Oriental, l’ex Équateur, l’ex-Province Orientale et le Sud-Kivu.
La dernière visite de Matata Ponyo dans le chef-lieu du Maniema date d’il y a plus de dix jours quand il a pris part à l’inauguration de la Faculté de médecine de l’université de Kindu. «Le Premier ministre vient régulièrement le vendredi pour rentrer à Kinshasa lundi très tôt», témoigne une source locale. Un triste record à comparer au nombre des déplacements ou missions de notre Premier ministre dans le reste des provinces ou villes du pays.
Seule la ville de Lubumbashi, dans l’ex Katanga, a vu Matata Ponyo s’y rendre presqu’autant de fois que dans la capitale du Maniema. Lubum’ a eu le privilège d’accueillir notre Premier ministre à la faveur de la conférence sur les mines puis d’une mission d’inspection à Kasumbalesa et le tour cycliste, puis encore pour la réception des locomotives de la SNCC.
Le Kongo Central peut aussi revendiquer d’avoir accordé son hospitalité au moins trois fois à Matata Ponyo. En juillet 2012, à l’occasion de la visite de quelques unités de production; en 2013 au lancement officiel du premier Tour cycliste international de la RD-Congo et en 2015 lors de la visite d’inspection au poste frontalier de Lufu.
Le Nord Kivu, en proie aux problèmes récurrents de sécurité, a reçu au moins deux visites du Premier ministre. Notamment en juin 2012 à Goma pour évaluer la situation sécuritaire, en 2014 à la deuxième conférence minière et en 2015 à l’inauguration des vols de Congo Airways. Ce même vol a été l’occasion pour notre Premier ministre de faire une escale à Kisangani, chef-lieu de l’ex-Province Orientale. Mbandaka, dans l’ex-Équateur n’a pu offrir son hospitalité qu’une seule fois au Premier ministre, grâce congres du PPRD organisé dans cette ville en 2013. La même année, Kananga, dans l’ancienne province du Kasaï Occidental, a reçu l’unique visite de Matata Ponyo, venu prendre part à la 3ème Conférence des gouverneurs.
L’ex Kasaï-Oriental et l’ex-Equateur ont été rayées de la carte sans avoir vu passer le Premier ministre tandis que le Sud-Kivu, où il a connu un crash début 2012, retient encore son souffle. Pourtant, dans l’ex-Kasaï Oriental, précisément à Mbuji-Mayi, à une 1h20’ de vol de Kinshasa -contre près de 2h45’ pour Kindu- des milliers de personnes ont perdu l’emploi à cause de la faillite de la MIBA. S’il s’y était rendu même une fois, notre Premier ministre aurait palpé les pénibles réalités du terrain et aurait su que la société cherche ne serait ce qu’un petit montant d’USD 6,5 millions pour tenter de relancer sa production, juste 5 mois de ce que la Primature, selon ses propres informations, dépense pour balayer 5 communes et un boulevard dans la capitale. Les installations aéroportuaires de Mbuji Mayi, troisièmes génératrices des recettes des taxes IDF sont presqu’à l’abandon. Congo Airways, la compagnie nationale d’aviation, y a suspendu ses vols pour mauvais état de la piste. Pendant ce temps, le Maniema a vu son principal aéroport à Kindu bénéficier d’une attention soutenue du gouvernement et de la Régie des voies aériennes -RVA.
A Mbuji-Mayi, les compatriotes se contentent de regarder le Premier ministre à la télé sinon entendre parler de lui à la radio, faute de le voir fouler le sol de Bakwanga lors du premier vol de Congo Airways. Faut-il à ce point avoir perdu le sens des réalités? Notre Premier ministre se rappelle-t-il au moins que cette MIBA a, un moment de notre Histoire, porté l’économie de notre pays? On en est encore à chercher ce que valent les dépenses pour un Tour cycliste international -trois déplacements du PM en provinces- par rapport à la relance d’une entreprise minière.
 
AKM

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