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Kin Kiey: les ennuis viennent du clan Mboso

À peine revenu politiquement à la vie avec deux sièges remportés à la députation nationale et provinciale, le compagnon du meneur Tony Kanku Shiku doit se disputer le premier notamment avec Antoinette Kipulu, une rivale estampillée AACRD, le regroupement de Christophe, le vétéran qui a échoué d’offrir comme il l’ambitionnait le Grand Bandundu à Félix Tshisekedi…

Ça y est. L’heure des contentieux électoraux a sonné dans les circonscriptions électorales de Yakoma dans la province du Nord-Ubangi et de Masi-Manimba dans le Kwilu. La Cour constitutionnelle, siégeant en matière des contentieux des résultats aux élections législatives nationales, a programmé à son audience de ce mercredi 15 janvier 2025, huit affaires, comme l’indique l’extrait de rôle de cette Haute juridiction signé par François Aundja, le greffier en chef de la Cour constitutionnelle. A Masimanimba, c’est la guerre fratricide Mbala! En effet, trois affaires sont à l’ordre du jour. Il s’agit du contentieux Kawata Lemba contre l’AAAP Triphon Kin-Kiey, du litige entre l’UDPS Nana Manwanina et la CENI et du conflit AACRD Antoinette Kipulu vs Kin-Kiey Mulumba et le 4AC Sindani Kandambu.

Une guerre de fauves pour reprendre le siège provisoirement attribué à Kin-Kiey, classé 3ème derrière l’AAC/Palu Didier Mazenga et l’AAAD Jean Kamisendu, en vue de représenter le territoire à l’Assemblée nationale. Dans les trois affaires concernant la circonscription électorale de Masimanimba, deux concernent le patron de l’hebdomadaire «Le Soft International » et PCA de la Régie des voies aériennes -RVA- dont le siège est convoité à la fois par Antoinette Kipulu et Kawata Lemba. Pèsent-ils vraiment en termes de représentativité ou de voix face au président national du Parti d’action -PA-? Seule la Cour constitutionnelle pourra le démontrer. Nana Manwanina, qui a attaqué la CENI, camoufle, selon des sources bien renseignées, sa rage contre Paul Luwansangu, cadre de l’UDPS comme elle, proclamé cinquième élu. 

Pourtant, lors de la publication de résultats provisoires, la Commission électorale nationale indépendante -CENI- avait annoncé clairement que «l’attribution des sièges dans les circonscriptions électorales de Masi-Manimba et Yakoma s’est fait suivant le mode proportionnel des listes ouvertes à une seule voix référentielle avec indication le plus fort reste». Selon ce principe, Didier Mazenga du PALU, Jean Kamisendu d’AAAD et Tryphon Kin-Kiey d’AAAP, formant le trio de tête avec respectivement 13.833, 13.324 et 10.600 voix ont été proclamés élus dans cette circonscription à 5 sièges. Malgré ses 9.065 voix et sa 4ème place, Antoinette Kipulu n’a pas fait le poids devant Donald Sindani -8808 voix- et Paul Luwansangu -7657 voix. Les candidats 4AC et UDPS ont surtout profité de l’apport de leurs compairs sur leurs listes respectives. A l’UDPS/Tshisekedi, Nana Manwanina a réuni plus de 5.000 voix, offrant au parti présidentiel une place dans le Top 5 mais faisant plutôt les affaires de Paul Luwansangu, crédité de 7657 voix.

Démonstration des biceps

Cette bataille devant la Haute juridiction ne se livre pas seulement entre les candidats. Elle est aussi celle des mentors politiques de ces derniers. Dans les rues de Masi-Manimba, comme dans les salons huppés de cette cité hautement politique de la province du Kwilu, les plus avertis en parlent ouvertement disant qu’il s’agit bel et bien de la guerre de leadership.

«Derrière Antoinette Kipulu de l’AACRD, Christophe Mboso est celui qui tire les ficelles. Fort de ces trois députés provinciaux AACRD, l’ancien président de l’Assemblée nationale tient coûte que coûte à avoir un siège à l’Assemblée nationale pour le compte de sa plateforme», a affirmé un vertébré de Masi-Manimba. Et d’ajouter: «pour le même combat du leadership, Triphon Kin-Kiey est soutenu par Tony Kanku Shiku, l’autorité morale et le haut représentant de la plateforme AAAP, qui pèse déjà 32 sièges à l’Assemblée nationale, la deuxième force politique du pays. Face à cette lutte de positionnement politique, nous attendons voir celui qui va l’emporter. À ce stade, nul besoin d’un dessin pour comprendre que les ennuis actuels de Kin-kiey devant la Cour constitutionnelle viennent du clan politique de Mboso».

Si Mboso a été speaker de l’Assemblée nationale à un moment clé de l’existence de l’Union sacrée, il n’a pas su s’imposer à l’issue de la bataille électorale aux législatives nationales, se contentant d’une douzaine de sièges. Pas suffisant pour prétendre rivaliser avec les 32 sièges à l’Assemblée nationale raflés par la révélation politique de ces scrutins, Tony Kanku Shiku, apparu en public seulement six mois avant les élections de décembre 2023. Si Mboso occupe aujourd’hui le strapontin de 2ème vice président de la Chambre basse du Parlement, Kanku demeure, lui, le haut représentant du président de la République Félix Tshisekedi, ci-devant autorité morale de l’Union sacrée. Chacun voudrait bien agir dans l’ombre en faveur de ses troupes. Sans préjuger de l’issue de l’autre opposition entre le même Kin-kiey et le candidat malheureux Kawata du parti Nouvel Élan de l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, l’autre figure du Kwilu, tout est donc réuni pour une intéressante et âpre explication politicojudiciaire entre Mboso et Kanku via Kin-kiey et Kipulu. Suspense.

Natine K.

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