Dossier à la Une

Kimbuta instaure un rituel d'inhumation des corps abandonnés à Kinshasa

Le gouverneur et président de l’inter-fédéral PPRD Kinshasa, André Kimbuta
Le gouverneur et président de l’inter-fédéral PPRD Kinshasa, André Kimbuta
Alors que les mort-nés abandonnés ou jetés dans la rue constituent la grande partie des corps devant être enterrés ce lundi matin, le gouverneur de la ville de Kinshasa a invité les femmes et parents à l’humanisme et une attitude responsable
Les inhumations des indigents, des personnes abandonnées non identifiées, des mort-nés et des fœtus dont les restes seront gardés à la Morgue centrale de Kinshasa se feront désormais au su et au vu de tout le monde. Ainsi en a décidé le gouv’ André Kimbuta, qui organise, ce lundi 20 avril 2015, l’enterrement de 188 corps au cimetière Fula-Fula, dans la commune de Maluku. Désormais, ça sera un rituel!
Alors que le gouvernement RD-congolais a mis en branle tous les services pour éclairer l’opinion sur l’affaire des tombes communes du cimetière Fula-fula, commune de Maluku, le gouv’ André Kimbuta, lui, s’est résolu d’instaurer un rituel concernant l’inhumation des corps abandonnés dans des différentes morgues de Kinshasa.
Le gouverneur de la ville de Kinshasa a supervisé, dimanche 19 avril 2015 à la Morgue centrale de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, la préparation de l’inhumation collective des indigents, des personnes abandonnées non identifiées, mort-nés et des fœtus.
Au total, a renseigné Anaclet Ngemba, directeur de la morgue de l’ex-Mama Yemo, 103 mort-nés et 85 adultes indigents abandonnés et non identifiés seront enterrés, de très bonne heure le lundi 20 avril 2015 au cimetière de Fula-fula. «Depuis les dernières inhumations qui suscitent diverses réactions, je me suis décidé dorénavant de superviser les enterrements des pauvres abandonnés dans des morgues. Aucune de ces personnes n’a été tuée. Toutes ont été abandonnées. Nous allons associer également la presse dans ces opérations pour éviter tout malentendu», a déclaré Kimbuta, affirmant qu’il en sera désormais ainsi. Vivement la transparence.
Des obsèques onéreuses!
Kimbuta a rappelé que la Morgue centrale de Kinshasa comprend cinq chambres frigorifiques avec une capacité des 310 morts. Selon les rapports des experts, plus de 600 personnes meurent dans la ville de Kinshasa par jour. Et la morgue de l’ex-Mama Yemo, à elle seule, reçoit près de 21 corps par jour. «Nous n’avons rien à cacher. Dépassé ce seuil, la morgue est dans l’obligation de procéder aux inhumations afin de libérer les places. Il n’y a ici rien d’illégale!», a précisé le gouv’.
Ces inhumations collectives, a déclaré Kimbuta, sont organisées conformément à la réglementation datant 1959, pendant l’époque coloniale belge.
Pour le gouverneur de la ville de Kinshasa, ces Kinois méritent d’être enterrés dans la dignité. De ce fait, la capitale RD-congolaise a acheté des cercueils, réservé un carré pour ce type d’inhumation et des fosses appropriées. «Nous avons tout fait pour que chaque individu soit enterré dans une fosse et avec dignité».
Alors que les mort-nés abandonnés ou jetés dans la rue fournissent le plus grand lot des restes humains devant être enterrés ce lundi matin, Kimbuta a invité les femmes et parents à l’humanisme et à une attitude responsable. «103 enfants abandonnés, c’est trop! Il y a encore eu un enfant abandonné cette semaine à Masina. Si vous n’avez pas de moyens pour nourrir vos enfants, s’il vous plait, ne les jeter pas. Rendez-vous plutôt aux différents services des affaires sociales pour assistance», a-t-il invité, en reconnaissant néanmoins que le coût des obsèques à Kinshasa reste assez onéreux.
La semaine passée, le gouvernement central avait organisé une visite de vérité à la morgue de l’ex-Mama Yemo afin de dissiper tout malentendu sur l’affaire des tombes communes de Maluku. Le gouvernement de Kinshasa avait prévu d’organiser un deuxième enterrement collectif. Ce qui devrait être fait ce lundi 20 avril 2015.
Mymye MANDA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer