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RDC : Katumbi revigore les zones martyres du Nord-Kivu

L’offensive de Moïse Katumbi dans la partie orientale de la RD-Congo s’est poursuivie le week-end au Nord et Sud-Kivu où le candidat n°3 a de nouveau fait carton plein. Après son meeting à Goma jeudi dernier, Moïse Katumbi a fait escale au Sud-Kivu samedi pour une rencontre populaire avec la population de Kamituga, en territoire de Mwenga. Dans cette région à vocation minière, le candidat n°3 a déballé son offre politique bien calibrée aux problèmes de cette partie du Sud-Kivu.

«J’ai vu d’autres personnes exploiter votre or», a déploré le #3, faisant allusion au monopole tacite accordé à une firme étrangère. Katumbi a une solution: «nous allons remettre cet or à la population. C’est à la population de faire cette exploitation». Une manière pour le chairman d’Ensemble de faire bénéficier les autochtones des dividendes de leurs ressources naturelles. Kamituga, véritable forteresse aurifère du pays, vit dans une précarité extrême, sans routes ni électricité. Une donne que le prétendant à la magistrature suprême promet de changer dès qu’élu Président de la République.

Kamituga, sous le charme du #3, a promis de lui offrir ce fauteuil disputé. Cette population, exaspérée par la gestion de ces 5 dernières années, a réclamé, malgré la météo orageuse, un message particulier de Matata Ponyo. L’homme, qui a passé 5 ans à la Primature, s’est bâti une réputation de «rigoureux», réussissant à maintenir le taux du dollar autour de 920 francs congolais. Aujourd’hui, l’économie se retrouve aux années-lumière de cette réalité. Aligné aujourd’hui derrière Katumbi, l’ancien Premier ministre a promis que leur ticket va ré-stabiliser la monnaie nationale, fort de son expérience. «Le taux de change va baisser», a promis Matata Ponyo.

Un «hat-trick» samedi dans les zones martyres du Nord-Kivu

Après l’escale de Kamituga, la caravane du #3 a remis le cap sur le Nord-Kivu, réalisant un marathon samedi à Oicha, Beni et Butembo, le triangle de la mort, en proie aux tueries par des ADF et autres groupes rebelles. Alors que les responsables au pouvoir redoutent le coin prétextant l’insécurité, Katumbi y a passé deux jours, comme pour prouver aux populations visitées qu’il reste l’homme de la situation.

Dans la cité meurtrie d’Oicha où sévissent encore les ADF, le candidat du mouvement «Heure ekoki» a fait le serment d’en finir avec ce cycle de violences. Il a donné aux populations un message qui les a revigorés. «Celui qui provoque les enfants d’Oicha me trouvera sur son chemin. Je viendrai rester au Nord-Kivu. Je sais que vous souffrez suite aux tueries et l’insécurité croissante. Sous mon règne, personne ne blaguera avec la RD-Congo, tu nous attaques, je te frappe», a juré Moïse Katumbi.

Ironie du sort, le meeting du candidat n°3 a eu lieu quelques heures après le massacre d’au moins 9 paysans. En leur mémoire, le #3 a fait observer une minute de silence. «Ici nous vivons la peur au ventre. On ne sait pas à quelle heure et quel jour surviendra la prochaine incursion rebelle et qui vont être les prochaines victimes. Lorsque nous avons appris l’arrivée de Moïse Katumbi Chapwe et tenant compte de ce qu’on a toujours appris de sa générosité pour la population, nous avons décidé de venir l’écouter. Nous croyons vraiment qu’il va être le président de la solution. Nous, nous ne demandons pas autre chose que la sécurité et la paix», a signifié une enseignante d’Oïcha.

Une fois de plus, Katumbi s’est engagé à mettre en place un fonds spécial de 5 milliards de dollars pour le Nord-Kivu et l’Ituri, notamment pour relancer l’agriculture et l’élevage mais aussi accorder des bourses aux étudiants.

«Les parents n’ont pas les moyens, comment vont-ils payer les frais académiques? Les sénateurs sont payés 23.000 dollars, les députés 21.000. Est-ce de cette manière qu’on va développer ce pays?», s’est-il interrogé devant une foule captivée.

Le #3 a promis de revenir après sa victoire pour initier de vrais travaux de reconstruction, notamment l’asphaltage de la RN4 jusqu’à Kisangani et Bunia. Katumbi entend également créer de l’emploi pour les populations d’Oicha. «Si pendant cinq ans, quelqu’un n’a rien fait, il fera quoi encore?», a taclé Katumbi.

Pour Oicha et toute la contrée, ce fut une «journée spéciale» pour un peuple qui semble avoir choisi son «champion».

Quelques heures après, ses alliés et lui ont rallié l’autre ville meurtrie du pays, Beni. C’est sous la pluie que l’avion du #3 a atterri à Mavivi. Une foule immense est venue le saluer à la sortie de l’aéroport, non sans apporter un chapelet de doléances.

«Nous venons accueillir notre candidat Moïse Katumbi en qui nous avons l’espoir. Nous allons voter Moïse Katumbi pour qu’il nous aide», a confié une quadragénaire. Une autre jeune femme rencontrée sur place voit en Katumbi «la solution aux problèmes des générations futures».

Beni souffre, elle a désigné son «moïse», Katumbi de son nom, pour le libérer. Prenant la mesure des attentes qui reposent sur lui, Katumbi s’est engagé à «libérer» Beni et, avec elle, toute la nation. «J’y crois fermement, nous n’avons pas besoin de promesses pour avancer. Le régime a endormi le peuple par des promesses qui du reste n’ont pas été exécutées», a-t-il lancé.

Le #3 a dénoncé le régime actuel qui veut une chose et son contraire: abandonnant les militaires et policiers et attendre d’eux des solutions à la guerre. «Pour finir la guerre, nous devons songer au traitement humain de nos militaires et policiers», croit savoir Katumbi.

Le chômage, c’est l’autre sujet de campagne de Katumbi. L’homme estime avoir les capacités de créer des emplois. Il refuse d’être un «président pleurnichard». En cas de victoire, il entend bâtir une nation respectée.

C’est à Butembo que le chairman a clôturé son marathon. Il y a passé la nuit et a communié dimanche avec les Chrétiens de la paroisse Saint Cyrille d’Alexandrie. «Le plus important pour nous est de prier en faveur de la paix dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Il y a eu tant de promesses mais Dieu ne peut pas abandonner la RD-Congo, un autre Congo est possible», s’est-il exprimé devant les chrétiens de Butembo.

La veille, le #3 a peint un tableau sombre de la situation de la RD-Congo devant des milliers de Bubolais venus à sa rencontre. «Des gens sont tués et les commerçants ont perdu beaucoup de marchandises dans cette guerre. Leurs marchandises sont incendiées. Nous allons vous remettre cet argent une fois au pouvoir. Le travail de l’Etat, c’est d’indemniser les victimes», a-t-il juré, non sans évoquer les émoluments exagérés des députés et la minable solde des militaires. Une fois au pouvoir, il entend initier la réduction du train de vie des institutions pour réduire le fossé.

Derrière le succès du grand Nord, un travail de fourmis

Après Butembo, Katumbi est revenu à Beni où il a rendu visite dimanche à la famille de l’artiste musicien Delcat Idengo, arrêté pour avoir chanté contre le Régime Tshisekedi et condamné à 10 ans de prison ferme en 2021 pour outrage au Chef de l’Etat.

«Je condamne l’emprisonnement injuste de ce musicien, incarcéré pour avoir exercé sa liberté en s’exprimant à travers la chanson pour dénoncer les souffrances de la population de l’Est», a-t-il tonné, exigeant au passage la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion dont Salomon Kalonda et Mike Mukebayi.

Avec son passage dans le triangle de la mort, Katumbi est devenu le premier candidat Président à franchir la barre de 10 villes visitées durant cette campagne, le tout en une semaine.

Partout où il est passé dans le grand Nord, Katumbi a laissé forte impression. Il faut dire que la réputation de l’homme a précédé son arrivée dans la région.

A Beni, Bunia, Lubero et ailleurs, les œuvres sociales de Katumbi resplendissent et suscitent l’admiration d’un peuple qui se sent abandonné par les autorités.

Centres de santé ici, écoles là-bas, Université plus loin, le cœur sur la main, Katumbi n’a pas attendu de briguer la magistrature pour servir cette région meurtrie du pays.

Dimanche, des dons de Katumbi pour les déplacés de Goma, remis à Caritas pour distribution, ont été recalés par les autorités. Une tâche d’huile qui n’entame pas la détermination du #3 de continuer à redonner sourire aux populations de la RD-Congo, commente-t-on dans son entourage, confiant de ramener la victoire à l’issue du scrutin du 20 décembre.

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