Dossier à la UneJustice

RDC : La Libération de Wenga et Makabuza provoque indignation

Nombre de RD-Congolais ont exprimé leur indignation à la suite de la libération, vendredi 8 janvier 2021, soit 6 mois après leur condamnation pour détournement d’USD 12 millions destinés à la construction des routes dans les villes de Goma et Bukavu, de Benjamin Wenga et Modeste Makabuza, respectivement directeurs généraux de l’Office des voiries et drainage -OVD- et Société congolaise de construction -SOCOC. Ces deux mandataires publics ont été condamnés à 5 et 2 ans de prison en cassation dans le cadre du procès dit «100 jours».

Selon leurs avocats, ils ont été bénéficiaires de la grâce présidentielle alors que des sources judiciaires évoquent qu’il s’est agi d’une libération conditionnelle. Qu’importe le motif, Wenga et Makabuza ont quitté la prison de Makala vendredi dans la soirée, de quoi attiser l’indignation des RD-Congolais qui ont vu en leur condamnation l’avènement d’un Etat de droit consacrant la fin de l’impunité.

«Je condamne avec la dernière énergie la libération de deux condamnés pour détournement des deniers publics : Benjamin Wenga et Modeste Makabuza! Que reste encore de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics en RDC?», s’interroge Georges Kapiamba qui qualifie cette libération de scandale.

« C’est inacceptable », vocifère le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice -ACAJ. Il explique que l’ordonnance portant mesure de grâce collective exclue les personnes condamnées pour détournement des deniers publics.

«La décision judiciaire condamnant les concernés, confirmée par la Cour de Cassation, leur prive du droit notamment à la remise de peine et à la libération conditionnelle.», fait en plus remarquer Kapiamba, non sans appeler à des poursuites judiciaires à l’encontre du vice-ministre de la Justice. «Ils doivent être retournés en prison», tranche Kapiamba, remonté.

Comme Kapiamba, Florimond Muteba de l’Observatoire de la dépense publique -ODEP- ne décolère pas après la sortie de la prison de ces deux mandataires publics. «Quel message envoie-t-on à ceux qui continuent à piller le pays», s’interroge-t-il, estimant qu’il s’agit d’un mauvais signe pour la lutte contre la corruption. Ces libérations, de son avis, plongent le pays dans la culture de l’impunité.

Pendant ce temps, le vice-ministre de la Justice Bernard Ngumbi ne sait pas expliquer la libération de Wenga et Makabuza. Il promet tout de même d’apporter des explications y relatives incessamment.

Le même vendredi 8 janvier, une valse de prisonniers a quitté Makala, grâcié par le Président de la République Dans ce lot, l’on retrouve entre autres les 23 condamnés du procès d’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, ancien Chef d’Etat.

LOI

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer