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Katumbi dit faire peur : le candidat n’3 prend la défense de la CENCO et l’ECC, il s’accorde six mois pour pacifier l’Est du pays

C’est dans sa résidence privée de Lofoi, à Lubumbashi, que Moïse Katumbi Chapwe, candidat à la présidentielle de 20 décembre prochain, a accordé une entrevue au journaliste Hervé Kalonji de la chaine locale Malaika TV. Il a évoqué sa nationalité congolaise incontestable, ses voyages, à travers le monde à bord de son jet privé en compagnie, entre autres, de Félix-Antoine Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba. Pour Katumbi, c’est maladroitement que les partisans du pouvoir s’attaquent à la CENCO et à l’ECC. «La CENCO et ECC restent à côté du peuple, elles fustigent la souffrance du peuple. Elles ne me soutiennent pas. Elles ne sont derrière aucun candidat», a-t-il dit. L’homme de Kashobwe croit dur comme fer que le régime Tshisekedi a lamentablement échoué, et se présente comme une alternative crédible à la tête du pays en 2023. Décryptage!

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C’est un Katumbi de saison, très offensif, avec un discours ardent lors d’un entretien d’environ 40 minutes accordé à Malaika Tv. Le candidat à la présidentielle a lâché ses coups, dénonçant la méchante campagne de diabolisation et d’intoxication autour de sa nationalité, menée par le même groupe des «Talibans» qui avait traité le maréchal Mobutu de Centrafricain et Joseph Kabila de Rwandais. Il est parti de cette histoire de nationalité définitivement close par la CENI et la Cour constitutionnelle, brandissant son passeport semi-biométrique valable de 2015 à 2020, avec les visas américain, Schengen, canadien, japonais et zambien obtenus et valides au cours de la même période, et dont il s’est servi pour sillonner certaines puissances, à bord de son jet privé, au contact des dirigeants qui comptent, parfois accompagné d’un…certain Félix Tshisekedi. «C’est grâce à ma crédibilité, au travail que j’ai abattu pendant mon règne de gouverneur que la Communauté internationale m’a accordé cette faveur de voyager avec mon passeport demi-biométrique», a-t-il affirmé, laissant entendre que «c’est par peur de sa candidature» que tout cela a été monté.

Se refusant de tomber dans les polémiques intitules, Katumbi a lâché cette phrase enthousiasmée: «J’étais sûr que ma candidature allait être validée parce que je suis Congolais. J’ai été élu à la députation nationale et provinciale avec un meilleur score, un score jamais égalé à ce jour, en tant que Congolais en 2006. Je fus le meilleur gouverneur félicité par tout le monde, j’étais Congolais».

Katumbi a également parlé de l’énorme soutien financier qu’il a accordé à l’Opposition entre 2016 et 2018 à l’époque du Rassemblement, marqué par les titres de voyage, les frais de séjour et les visas obtenus en faveur de plus ou moins 100 personnes. Pas pour se vanter. Pas pour ridiculiser ses anciens amis. Mais pour souligner son apport au combat au profit du changement et l’alternance. Pour dire sa disponibilité à servir les autres, à servir l’intérêt général. «À l’époque, j’étais Congolais. Je suis devenu un étranger et un homme à abattre parce que j’ai décidé de me ranger du côté de mon peuple qui souffre», a-t-il martelé, disant faire peur à ses adversaires politiques. «On m’a accusé d’avoir voyagé avec de faux passeports et de faux visas, de manipuler certains pays, de les influencer. Si tel est le cas, je suis donc puissant, je suis fort, je mérite donc de diriger mon pays, la République Démocratique du Congo». 

L’homme a encore une fois attesté sa «congolité», précisant avoir voyagé plusieurs fois avec le président actuel Félix Tshisekedi. notamment aux Etats Unis d’Amérique, et l’actuel vice-premier ministre de la Défense nationale, Jean-Pierre Bemba Gombo. Il a annoncé son livre en cours de rédaction, où il entreprend d’expliquer à l’opinion ce qu’il a fait pour sauver l’opposition dans ce pays.

«Moi Président, la guerre terminée six mois après»

Contexte politique oblige, l’autre partie de l’entretien, Katumbi l’a consacrée aux attaques contre les Églises catholique et protestante, à travers la CENCO et l’ECC, accusées de rouler pour lui. «C’est un faux procès. La CENCO et l’ECC ont haussé le ton pour dénoncer la dictature de Mobutu. Lorsque nous étions essoufflés, à l’époque du Rassemblement, nous avons fait recours à la CENCO et l’ECC. Nous nous sommes servis des paroisses. Là elles étaient du quel côté? Hier comme aujourd’hui, CENCO et ECC restent à côté du peuple, elles fustigent la souffrance du peuple. Elles ne me soutiennent pas. Elles ne sont derrière aucun candidat. La CENCO et l’ECC n’ont pas empêché le gouvernement de donner de l’eau potable et le courant électrique à la population. Elles n’ont pas empêché le gouvernement de maîtriser le taux du dollar, passé de 1300 francs congolais en 2019 à 2500 francs congolais à 2023. Elles n’ont pas empêché le gouvernement de pacifier le pays», a-t-il réagi, prenant la défense de ces deux principales confessions religieuses.

Puis: «Que l’UDPS me donne le montant que feu Etienne Tshisekedi, fidèle catholique, ayant fait plus de 30 ans dans l’opposition avait donné à l’Eglise catholique parce qu’il défendait le peuple. Quand la population souffre, l’Eglise ne peut pas tolérer».

Croyant dur comme fer que le pouvoir de Félix Tshisekedi a échoué, Katumbi a dit s’accorder six mois pour pacifier le pays s’il a les suffrages des électeurs. «Moi, Président de la République, je ne vais condamner personne, mais je vais remettre de l’ordre, 6 mois. Il n’y aura pas de guerre chez nous, on va respecter les militaires. Je ne serai pas un président populiste. Bientôt je serai un Président qui va trouver des solutions pour la population congolaise, je vais donner l’honneur à mon pays», a-t-il juré, prenant date avec son peuple. Puis: «Je vais dire au revoir à la guerre dans mon pays et ce sera la paix partout». 

Moise Katumbi digère mal qu’un député national puisse toucher 21 000 dollars et qu’un ministre en mission à l’étranger 30000 dollars pendant qu’un militaire au front touche seulement 150 dollars. Il a avoué marcher avec Dieu qui l’a béni dans ses affaires économiques, affirmant «n’être jamais tombé en faillite». Pour lui, son bilan à la tête de TP Mazembe et comme gouverneur du Katanga est un atout majeur pour développer le Congo une fois élu. Et de conclure: «J’avais écrit au péri Félix Tshisekedi. Je lui avait donné un cahier de charges en disant que si nous voulons terminer la guerre, payons bien nos militaires». 

Partout où il en a l’opportunité, Katumbi, millionnaire à moins de 20 ans, n’a jamais cessé d’exhiber l’étoffe d’un self-made-man qui a réussi dans le business, acquis respect et popularité dans le football, grâce à son approche pragmatique axée sur les résultats, le tout couronné par un mandat à succès et un bilan flatteur aux commandes de l’ancienne province du Katanga.

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