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Kamerhe au dialogue: résolution 2277 ou rien

Il l’a fait. Il s’est dit prêt à rejoindre le dialogue.
Vital Kamerhe ne pouvait en faire autrement depuis que Washington a miroité les sanctions contre quiconque entraverait le processus. Le président national de l’Union pour la nation congolaise -UNC- a capté le message.
Il a fait une grande concession mais a posé un préalable: le schéma 2277 ou rien
Il était pourtant parmi les premiers à appeler au dialogue avant de se rétracter et se radicaliser en réclamant le respect de la Constitution et la tenue des élections dans les délais constitutionnels.
Le tout premier à prévenir à évoquer le terme «glissement» en soupçonnant Kabila de se vouloir se maintenir au-delà de son mandat constitutionnel, il a été de tous les rendez-vous destinés à créer un front de lutte avec un discours virulent contre son ancien mentor.
Alors que la Communauté internationale appelle les parties au dialogue et que les Etats-Unis d’Amérique viennent de voter une loi envisageant des sanctions contre les acteurs politiques de l’Opposition et de la Majorité au pouvoir qui mènent des actions tendant à obstruer la tenue de ce forum, Vital Kamerhe, président national de l’UNC, qui tergiversait encore, a décidé de mettre un peu d’eau dans son vin… non sans poser un préalable majeur.
Tous au dialogue. Les avis changent peu à peu. C’est le cas de Vital Kamerhe, président national de l’UNC. Cet homme, qui ne jure que par l’organisation des élections et le départ de Kabila en décembre 2016 sans passer par un quelconque arrangement politique y compris la tenue du dialogue, vient d’accepter l’idée de dialoguer.
L’ex-président PPRD de l’Assemblée nationale passé à l’Opposition a confirmé, mardi 19 juillet sur les ondes de la «RFI», tôt le matin, qu’il participera au dialogue. Préalable: un dialogue organisé selon la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Un «oui mais non» d’un Kamerhe plus diplomate! Quelques jours ou quelques mois plus tôt, le président de l’UNC affirmait que l’organisation de ce forum planifierait un glissement en douceur pour permettre à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat ou alors de rester au pouvoir pour un 3ème mandat sans qu’il y ait élection au préalable. Aussi, Kamerhe et son groupe s’opposaient à la révision constitutionnelle.
Lors d’un meeting politique organisé sur le terrain Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili à Kinshasa, il y a plusieurs mois passés, l’Opposition pro-Kamerhe radicalisait sa position anti-dialogue. On pouvait lire sur les calicots: «Non à la révision constitutionnelle, non au glissement, non au troisième mandat pour Kabila».
A l’étape actuelle, Vital Kamerhe ne pouvait en faire autrement depuis que Washington a miroité les sanctions contre quiconque entraverait le processus. Le président national de l’Union pour la nation congolaise -UNC- a capté le message, fait une grande concession mais a posé un préalable: le schéma 2277.
Dans ce climat, lorsque Etienne Tshisekedi, président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, désigné président du Rassemblement de l’Opposition à l’issue du conclave de Genval en Belgique, insistait sur le fait que le dialogue est inscrit dans l’ADN des RD-Congolais, d’aucuns le prenaient pour un rêveur. Et voici que son rêve est en voie de devenir une réalité.
Aussi, le Président Kabila avait initié des consultations en vue de dégager un mécanisme d’aller au dialogue et le camp de refus se faisait toujours entendre, l’accusant de vouloir s’accrocher au pouvoir.
Les avis étant partagés, les camps de pro-dialogue et anti-dialogue s’étaient créés. Il y a eu notamment les pro-dialogue Wumela -camp de la Majorité présidentielle- et les pro-dialogue Yebela -camp de l’Opposition politique.
Au vu du climat préoccupant, le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas empêché de voter pour une Résolution 2277 renforçant l’idée de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba pour la tenue, en RD-Congo, du dialogue politique national et inclusif dans les délais constitutionnels.
Entretemps, Edem Kodjo, facilitateur nommé par l’Union africaine -UA- et soutenu par l’Organisation des Nations unies -ONU-, l’Union européenne -UE- et l’Organisation internationale de la Francophonie -OIF- se dit prêt à démarrer les travaux. Dans sa dernière sortie médiatique à Kinshasa, Maman Sidikou, chef de la MONUSCO en RD-Congo, a laissé entendre que le dialogue devient incontournable en RD-Congo.
C’est la seule voie, a-t-il poursuivi, pour sauver le processus électoral en cours et la crise politique qui sévit dans l’ex-Zaïre. C’est en ce moment que l’ex-président de l’Assemblée nationale, passé dans l’Opposition et hissé à la tête de l’UNC, se rétracte et adhère à l’idée de la tenue du dialogue.
Octave MUKENDI

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