
Sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a inauguré lundi la centrale hydroélectrique de Kakobola, dans le territoire de Gungu, dans le Kwilu. Un jour plus tard, Bandundu, le chef-lieu de la province, a réservé un accueil chaleureux et solennel à Félix Tshisekedi, arrivé mardi 24 mars pour ouvrir la 13e Conférence des gouverneurs de province, consacrée à la «transformation du secteur agricole, pastoral et halieutique: développement rural et connexion aux marchés urbains».
Pour la cité et la province dans son ensemble, accueillir ce rassemblement dépasse le cadre d’un simple forum politique: c’est une opportunité stratégique qui consolide son statut de pôle régional et donne un nouvel élan au suivi des travaux de modernisation des infrastructures et des voies de desserte agricole intégrées au PDL‑145 Territoires, explique la Présidence. La veille, le rêve Kakobola est devenu une réalité. D’une capacité installée de 10,5 MW et basée sur une technologie au fil de l’eau, l’installation promet d’alimenter Kikwit, Gungu, Idiofa et plusieurs villages environnants grâce à un réseau complet de production, transport et distribution, avec sous‑stations et lignes neuves.
Sur le parvis, la cérémonie a mêlé solennité et liesse populaire: chefs coutumiers en tenues traditionnelles, banderoles, bénédictions rituelles et une foule compacte venue applaudir l’arrivée de la délégation ministérielle. «C’est une lumière pour nos enfants», souffle, les yeux brillants, une commerçante de Gungu qui attend la fin des générateurs bruyants et coûteux. Des adolescents, smartphones en main, photographiaient les pylônes fraîchement plantés: autant de preuves tangibles d’une promesse enfin réalisée. «Le Président Félix Tshisekedi vient d’écrire l’histoire. Je lui rends hommage. Je remercie aussi la Première ministre Judith Suminwa pour son pragmatisme», a déclaré Sakombi Molendo à AfricaNews.
Entre promesse sociale et levier économique
Le gouvernement avance le chiffre de 400 000 bénéficiaires potentiels et envisage des retombées rapides: relance des petites et moyennes entreprises, amélioration des services de santé et d’éducation, et réduction du coût de l’énergie pour les ménages. «L’électricité, ce n’est pas seulement un confort: c’est un facteur de transformation sociale», souligne un enseignant de Gungu. «Pour l’État, Kakobola est aussi un symbole: affirmer sa présence et promouvoir un récit de développement tangible»
Mais des voix d’experts appellent à la prudence. «Une centrale de 10,5 MW est précieuse, mais son impact dépendra de la gouvernance des flux et de l’entretien des infrastructures», alerte une ingénieure en énergie hydraulique. Sans plans clairs de maintenance et sans finances dédiées au renouvellement, les bénéfices risquent d’être saisonniers. Les autorités elles‑mêmes insistent sur la nécessité d’un suivi rigoureux pour transformer l’effet d’annonce en progrès durable.
Un enjeu politique assumé
La mise en service de Kakobola intervient dans un contexte où les projets d’infrastructures servent aussi de leviers politiques. «Dans les régions longtemps marginalisées, l’accès à l’électricité devient un argument de légitimité politique», observe un analyste. Sous l’égide de Félix Tshisekedi, le chantier s’inscrit dans une stratégie plus large visant à consolider l’État dans les provinces par des réalisations visibles.
Reste l’épreuve du quotidien: raccorder les foyers, stabiliser l’approvisionnement, et faire baisser la facture des entreprises. Si ces défis sont relevés, Kakobola pourra tenir sa promesse: transformer l’énergie en développement réel et durable pour des centaines de milliers d’habitants du Kwilu.
