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Prise de parole de Kabila: Muyaya lance la contre-offensive contre l’homme du passé, prompt à perpétuer le chaos

Dans son camp, il a été le premier à dégainer. Vendredi soir, alors que la majorité observait encore un silence relatif après la dernière prise de parole de l’ancien président depuis son exil, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a ouvert le feu sur X. Sans le nommer, il s’en est pris vertement à un acteur qu’il qualifie d’«homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques». La confrontation est directe.Dans un message au vitriol, le ministre de la Communication et Médias décrit sa cible comme le «fils-aîné du père -Le Rwanda-, complice du frère -M23/AFC- et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions américaines». Avant de conclure d’une formule lapidaire: «Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos». Une manière de donner le ton.

En frappant le premier, Muyaya a lancé la contre-offensive que reprendront ensuite, samedi, Jean-Pierre Lihau, Augustin Kabuya ou encore Jean-Pierre Bemba. Sur le fond, sa thèse est celle de la majorité: l’ancien pouvoir serait lié à l’actuelle déstabilisation de l’Est. Des accusations graves. L’intéressé a toujours démenti tout lien avec le M23/AFC, rébellion qui contrôle une partie du Nord-Kivu et dont Kinshasa accuse Kigali d’être le parrain, ce que le Rwanda dément. Quant aux sanctions américaines évoquées, elles visent à ce stade des proches et des anciens officiers de l’entourage de l’ancien régime, pas l’ancien président lui-même, qui n’a fait l’objet d’aucune condamnation judiciaire en République Démocratique du Congo rendue publique.

Le ministre réaffirme surtout «l’engagement du gouvernement à travers le processus de dialogue amorcé par le Président de la République pour restaurer la paix et l’intégrité territoriale». Quatre jours plus tôt, il était l’invité de TV5Monde. Il y a détaillé la doctrine du gouvernement sur plusieurs fronts. Sur la diplomatie: «Notre objectif principal dans les processus de Washington et de Doha est de libérer nos populations de la gouvernance par crimes et répondre aux urgences humanitaires», a-t-il déclaré.

Plaidant pour plus de fermeté, il a estimé que pour «la crédibilité et le prestige des institutions internationales, notamment l’ONU, il faut prendre des sanctions plus robustes qui contraignent le Président Kagame, ses troupes et ses fils à quitter la République Démocratique du Congo». Sur le dialogue national: pas de boycott, selon lui. «L’opposition n’a pas de raison d’aller dans la rue». Il a révélé que des contacts préalables avaient commencé, dont une visite d’Anthony Nkinzo, directeur de cabinet du chef de l’État, auprès de Mgr Muteba, président de la CENCO, pour «baliser la voie» à ce rendez-vous censé partir «de la base au sommet». Sur la riposte Ebola enfin, deux principes: «la transparence et le lead par le Gouvernement». Optimisme affiché en Ituri, vigilance maintenue au Nord-Kivu, et salut pour les 2,9 milliards de dollars mobilisés à New York, tout en exigeant de ses partenaires «transparence et redevabilité».

YA KAKESA

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