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Horreur à Bukavu: une dizaine de morts et 70 blessés

«Il a y a eu sûrement des explosions d’une part. Mais il y a eu des tirs à bout portant d’autre part. Qui a tiré?», a interrogé le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, lors du briefing organisé jeudi soir…

Le meeting organisé par le staff du M23 dans la ville de Bukavu a viré au drame. Deux grenades ont explosé jeudi 27 février à l’issue du rassemblement organisé par la coalition RDF-AFC-M23, chapeautée par Corneille Nangaa, à la Place de l’indépendance, dans la ville de Bukavu, dans l’est de la RD-Congo.

Le bilan provisoire fait état d’une dizaine de morts et près de 70 blessés, ont rapporté des sources hospitalières. Craignant de subir les représailles de leurs compatriotes de Goma, des milliers de personnes avaient pris d’assaut la Place de l’Indépendance pour suivre le meeting de Corneille Nangaa, l’un des chefs de la coalition RDF-AFC-M23.

Cette coalition s’est emparée de Bukavu le 16 février, après avoir été conquis le 27 janvier dernier, Goma, chef-lieu de la province voisine du Nord-Kivu.
Malgré les multiples appels au cessez-le-feu immédiat et au retrait des troupes rwandaises du sol RD-congolais, le président rwandais Paul Kagame et ses supplétifs de l’AFC-M23 poursuivent leur agression, ravageant tout sur leur passage.

Selon les témoins, la première explosion a provoqué la panique et la fuite des spectateurs, avant que la deuxième explosion ne retentisse.
Sur les images devenues virales dans les réseaux sociaux, on aperçoit des victimes couvertes de sang pendant que la foule, prise de panique, court dans tous les sens pour sa sauver. Des images d’une horreur absolue.

Corneille Nangaa qui tenait ce meeting a quitté le lieu peu avant ces explosions. Lors du briefing organisé jeudi soir, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a donné un nouveau détail, expliquant qu’il y a sûrement des explosions mais il y a aussi des tirs à bout portant, se demandant qui a tiré, évoquant «un acte prémédité par les terroristes AFC/M23», présumés avoir la charge de la sécurité de leur meeting, ajoutant que tous ces actes devraient intéresser la justice de la République Démocratique du Congo, le Procureur de la CPI et la Commission d’enquête initiée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Les agresseurs pointés du doigt par le Président Tshisekedi

Consterné, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a exprimé, jeudi 27 février dans la journée, sa profonde douleur après cette double explosion meurtrière qu’il a qualifiée «d’attentat».

Dans son message posté sur le compte X de la Présidence, le Chef de l’État a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité avec les victimes. Il a fermement condamné un «acte terroriste odieux», qu’il attribue à une armée étrangère présente illégalement sur le sol de la République Démocratique du Congo.

«Le Chef de l’État exprime sa solidarité avec les victimes, il présente ses sincères condoléances aux familles éplorées et leur exprime toute sa compassion», a réagi la Présidence sur son X. Et d’ajouter: «Le Président Tshisekedi condamne fermement cet acte terroriste odieux qui a été perpétré par une armée étrangère présente illégalement sur le sol congolais».

Le message de fermeté de Katumbi

Le président d’Ensemble pour la République a lui aussi réagi en condamnant fermement cet attentat.
«Je tiens à dénoncer avec la plus grande fermeté l’attentat aveugle perpétré ce matin contre la population réunie à Bukavu à l’invitation de l’AFC», a écrit Moïse Katumbi sur son compte X, précisant que «l’utilisation d’engins explosifs en plein cœur de dizaines de milliers de personnes constitue un crime de guerre imprescriptible dont les responsables devront rendre des comptes devant la justice».

Selon le leader d’Ensemble pour la République, «recourir au terrorisme ne pourra jamais conduire à la paix. Les poseurs de bombes ainsi que leurs commanditaires doivent être neutralisés».

«J’invite le procureur de la CPI à se saisir de ce dossier afin que les responsables, quelle que soit leur origine – du pouvoir ou non -, soient poursuivis et sanctionnés», a-t-il exige.

Et de conclure: «Je m’incline respectueusement devant la mémoire des victimes et adresse mes plus sincères condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’à la population de Bukavu».
Depuis la prise de Bukavu par les forces d’occupation, il ne se passe pas un jour sans que des actes de violations massives des droits humains soient dénoncés.

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