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Guerre dans l’Est: Kambinga rejette l’idée d’un dialogue politique, il s’explique

Le président du mouvement politique «Le Centre», Germain Kambinga, ne partage pas l’idée d’organiser un dialogue national tel que souhaité par les confessions religieuses. Dans une lettre ouverte adressée aux pères spirituels de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- et de l’Eglise du Christ au Congo -ECC-, Germain Kambinga fait savoir que face à la situation sécuritaire alarmante qui prévaut actuellement dans l’Est de la RD-Congo, l’urgence réside en la définition d’une approche diplomatique gagnante et honorable pour le pays, et l’élaboration d’une stratégie militaire efficace.

Pour lui, le format proposé par la CENCO et l’ECC, bien que d’une esthétique morale louable, n’est pas une solution crédible face à la guerre que le Rwanda et son bras séculier M23-AFC imposent à la RD-Congo. «Nous considérons pour notre part, que le premier pas dans la recherche de la paix et la résolution de la crise sécuritaire qui nous frappe est la défaite des insurgés et le retrait du Rwanda, pays agresseur”, souligne-t-il, en évoquant l’expérience de 2012 où, avec le même mouvement rebelle, les efforts avaient été concentrés premièrement sur le retrait de l’armée rwandaise et la victoire de l’armée RD-congolaise sur les insurgés, et c’est seulement après cela qu’ont été envisagées des concertations nationales pour consolider la cohésion nationale et faire front face à l’ennemi dans une harmonie politique interne retrouvée.

De l’avis du boss de «Le Centre», il faut plutôt consolider l’efficacité du front militaire et améliorer la gouvernance pour offrir aux Forces armées les moyens de la victoire et de l’honneur national. Et ce, dans une discipline patriotique affirmée.

“Ce ne sont pas les Hommes de valeurs qui manquent dans nos services de sécurité civils et militaires, c’est eux la solution et c’est de là que viendra le salut de notre patrie”, Kambinga, avant de rappeller aux pères spirituels: “la nature de la crise à laquelle nous faisons face est une action armée, orchestrée par un pays étranger qui a pour objectifs de coloniser nos terres et en piller les ressources pour le compte des commanditaires qui sont des nations puissantes sur l’échiquier mondial et des multinationales tentaculaires. Pour ce faire, ils instrumentalisent certains compatriotes qui ont choisi de céder à l’appât du gain avec des revendications aussi floues qu’inacceptables pour notre jeune démocratie. Nous considérons donc, que vouloir dialoguer avec eux, alors qu’ils viennent au prix de milliers de morts RD-congolais, de faire des conquêtes territoriales importantes, est moralement inadmissible. Un tel dialogue n’aura pour effet que le rétropédalage de notre pays 30 ans en arrière, alors qu’il est engagé sur la voie de l’enracinement de sa démocratie constitutionnelle; Ce serait une violation de notre constitution, dont l’évolution vous était par ailleurs que peu souhaitable. Notre Constitution non seulement qualifie leurs actes de haute trahison, mais elle définit la non-violence et les élections comme seuls modes d’accession aux responsabilités publiques”.

Par ailleurs, pour l’ancien ministre de l’Industrie, les brassages et mixages tant réclamés par les insurgés qui ont provoqué successivement des crises sécuritaires en RD-Congo constituent une stratégie du Rwanda, pour infiltrer le pays et perpétuer le cycle de pillages de ses ressources et la fragilisation continue de son appareil sécuritaire.

La seule alternative crédible

En clair, un dialogue national en ce moment de guerre dans l’Est paraît aux yeux de Germain Kambinga comme un chef-d’œuvre d’hypocrisie politique. Il dit s’interroger sur la pertinence d’un dialogue entre politiciens RD-congolais dans le contexte de guerre d’agression que le pays traverse. “Réunir des politiciens dont la plupart n’a aucune expérience militaire ni véritable capacité d’apporter des solutions sur la problématique militaire qui se pose, mais dont pour la majorité, le dialogue constitue une tribune d’expression d’ambitions personnelles et de quête subtile de positionnement politique, nous semble être une démarche biaisée en amont et dont l’impact sur le cours de la guerre est nul, si pas négatif”, fait-il savoir. Et de s’interroger: “nos troupes seront-elles mieux motivées, mieux équipées ou plus enclin à vaincre si des politiciens à Kinshasa se mettaient autour d’une table et formaient un nouveau gouvernement d’union nationale? Se répartissaient des postes au sein des entreprises du portefeuille de l’État? Car nous savons très bien qu’aucun dialogue entre congolais ne se fait de façon totalement désintéressé sinon quel en serait l’intérêt si aucun commerce n’y était attendu? Nous savons de quoi nous parlons”. Puis encore :”quand est-ce qu’il y a eu un dialogue inter ukrainiens après l’attaque de la Russie, ou de dialogue inter Koweïtiens pendant l’attaque iraquienne?un dialogue inter palestiniens entre le Fatah et le Hamas après la riposte israélienne…? La cohésion des cœurs et le sens patriotique ne s’accommodent pas de tous ces simagrées”. Ainsi, Le Centre de Germain Kambinga recommande la convocation des états généraux des services de sécurité pour réfléchir sur les réformes profondes visant à éradiquer les actes de trahison, renforcer les capacités de stabilisation et de protection de l’intégrité territoriale. Aussi,
La libération de prisonniers incarcérés pour des violations à caractère politique de l’ordre public; la mise en place d’un mécanisme pour solliciter le retour et garantir la sécurité des opposants qui se sont exilés. Le Centre recommande également la résolution définitive de la question des tutsis congolais à travers un dialogue inclusif de toutes les communautés du grand Kivu et d’ailleurs, ainsi que des actions de sensibilisation contre toute stigmatisation, et répression des discours et actes de discrimination.

Quant au plan diplomatique, Germain Kambinga et Le Centre préconisent que la RD-Congo ait une approche diplomatique claire et décisive qui mette à la fois tous les acteurs impliqués devant leurs responsabilités, mais qui offre également au Rwanda et à la RD-Congo des sorties honorables à l’issue de cette crise. Dans cette optique, Kambinga fait part d’une série de propositions, notamment le retrait sans délai et sans condition de l’armée rwandaise et du M23 du territoire RD-congolais; la création d’une zone tampon des Nations Unies, étendue sur au moins 2 km de part et d’autre de la frontière commune de deux pays, et occupée par la Force opérationnelle de l’Union européenne -EUFOR- et de la Force africaine en attente -FAA-, ou encore par l’armée américaine avec mandats offensifs, pour empêcher les groupes armés de deux pays d’attaquer. Cette zone tampon permettra par ailleurs de lutter contre le pillage des minerais de la RD-Congo. Pour «Le Centre», c’est la seule alternative crédible et respectueuse pour les deux États. Le Centre encourage également le refus catégorique de la négociation avec les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda, sauf dans le cadre du processus de Nairobi. Il propose la création d’un Tribunal international spécial pour la RD-Congo afin d’ouvrir des enquêtes, établir les responsabilités et obtenir des réparations de la part des responsables de crimes commis dans le cadre des conflits armés qui ont sévi en RD-Congo depuis 2006, date de la fin du processus transitionnel issu du dialogue inter congolais incluant le récent carnage perpétré à Goma lors de l’attaque de l’armée rwandaise et de leurs supplétifs du M23.

Dans le souci de marquer la conscience de l’humanité et construire une mémoire nationale, Le Centre recommande au gouvernement de décréter un deuil national pour rendre hommage aux milliers des compatriotes lâchement assassinés par l’armée rwandaise et leurs supplétifs du M23 à GOMA.

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